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Culture

Ur Apalategi reçoit l’envié prix Euskadi

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25/10/2011

Carole SUHAS

Il est le deuxième écrivain du Pays Basque Nord à recevoir le tant convoité prix Euskadi de littérature, après Itxaro Borda. Ur Apalategi s’est vu récompensé jeudi dernier par la ministre de la Culture, Blanca Urgell, au même titre que ses camarades Miren Agur Meabe (section littérature pour enfants avec Errepidea) et Jon Bilbao (section œuvre en langue espagnole avec Bajo el Influjo del Cometa).

Echapper à la réalité

Avec Fikzioaren izterrak, recueil de nouvelles, Ur Apalategi avait reçu le prix des lecteurs Beterriko liburua en mai dernier. A la suite de ce succès, il s’est alors proposé au prix Euskadi. Et bien lui en a pris. “C’est à la fois une joie et une surprise. Joie car c’est le prix le plus important du Pays Basque, et surprise car j’ai écrit ce livre dans mon coin, sans prévenir personne, ni mon entourage, ni même ma compagne, pendant deux ans. C’était la soupape qui me permettait d’échapper à la réalité” explique Ur Apalategi. “Pendant cette longue et secrète cohabitation avec mes nouvelles, je ne songeais pas à la publication, je vivais avec mes obsessions”, confie celui qui avait dû éditer lui-même son dernier livre critique envers certaines maisons d’édition locales peu scrupuleuses.

Quant à savoir si un tel prix change son appréhension de l’écriture, Ur Apalategi ne se le souhaite pas. “Je me suis toujours fixé de rester fidèle à mes obsessions personnelles, je n’écrirai pas en fonction de ce que l’on attend de moi. De plus, j’ai toujours revendiqué être un écrivain non professionnel, je ne veux pas envisager l’écriture comme un travail, mais plutôt comme quelque chose qui vient déchirer le rideau du réel. Je ne serai pas productiviste”.

Pas question donc de l’interroger sur son prochain livre dont il ne sait pas encore s’il l’écrira, “ça viendra quand ça viendra”. Il n’est cependant pas catégorique sur l’éventuelle influence que pourrait avoir le prix Euskadi sur son écriture. “Il est vrai que c’est une question que je me suis posée. Est-ce que ce prix ne peut pas m’attendrir, me rendre plus consensuel ? Mon dernier livre n’avait pas trouvé de maison d’édition car trop critique de ce milieu. Celui-là l’est moins. J’espère que j’aurai toujours le courage de ne pas forcément écrire pour le grand public”, conclut le nouveau primé de littérature.

 

Aux côtés de Joseba Sarrionandia

Difficile de parler du prix Euskadi sans revenir sur “l’affaire Sarrionandia”. Au début du mois, Joseba Sarrionandia, écrivain emprisonné pour appartenance à ETA, évadé en 1985 et depuis en exil, se voyait remettre le prix Euskadi du meilleur essai en langue basque, mais pas la dotation financière qui l’accompagne. Ur Apalategi réagit : “Ça ne m’a pas étonné car figure dans le règlement du prix que tout postulant doit être en situation régulière avec la justice, ce qui est peut-être le cas. Mais dans l’absolu, ce n’est pas au ministère de la Culture de se substituer à la justice. Ça me met mal à l’aise car c’est à la justice de décider par la suite si elle s’empare ou pas de la question. Je pense tout de même que ce prix accordé à Sarrionandia est signe de la bonne santé du prix littéraire Euskadi. Il ne faut pas oublier qu’il n’existe que depuis 1997, et ce n’est pas de cette période que datent les meilleurs écrits de Joseba Sarrionandia”.

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