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Les acteurs politiques et sociaux entrent dans le nouveau cycle
22/10/2011
Les acteurs politiques et sociaux du Pays Basque Nord interrogés ont accueilli positivement, voire avec satisfaction, l’annonce d’ETA de cesser toute activité armée. Dans les lignes qui suivent, ils développent leurs analyses sur la portée du geste.
A. Sainte-Marie (AB) : “C’était un pas nécessaire vers la pacification, la réconciliation et la normalisation. Cette nouvelle était attendue par toute la société civile. Maintenant, les Etats doivent donner des signes forts. L’Etat espagnol doit en premier lieu légaliser Sortu. Ensuite, l’Etat français, comme l’espagnol, doivent proposer des solutions quant à la situation des prisonniers politiques. Ensuite, il doit y avoir reconnaissance officielle des victimes d’un côté comme de l’autre. Puis, ce qui reste, le chantier le plus long, engager un processus de résolution par des voies strictement politiques. Au Pays Basque Nord comme au Sud. Toutes ces réflexions doivent être avalisées par consensus populaire.”
M. Brisson (UMP) : “Cette décision correspond au premier point de la déclaration finale de la conférence de Donostia. Il faut que les points suivants soient mis en œuvre. Il faut que Etat espagnol, pour l’essentiel, mais aussi que l’Etat français avancent. Nous avons partagé les épreuves difficiles et j’espère que la France saura partager le chemin vers la paix. On peut espérer que ce processus soit irréversible. Je n’ai pas à compléter les propos du président. Nous étions solidaires dans la répression ; nous devons être solidaires dans le processus de paix qui se construira pas à pas.”
MoDem : “C’est un nouvel horizon qui s’ouvre pour le Pays Basque et son développement. C’est bien sûr une victoire pour la démocratie, que tous les acteurs concernés doivent à présent s’employer à consolider. Désormais, c’est la responsabilité commune des Etats, des mouvements politiques, des forces vives de la société civile de bâtir une nouvelle ère de paix”.
J.-J. Lasserre (Forces 64) : “La conférence internationale aura marqué à l’évidence un avant et un après dans la résolution du conflit armé. J’en appelle alors plus que jamais à la sagesse des hommes et de nos pays respectifs pour que le Pays Basque avance sur le chemin de la réconciliation. Je demande, enfin, à la fois aux Etats français et espagnol d’entendre et de valoriser à sa juste valeur cet engagement irréversible de l’ETA, et à l’ETA de remettre les armes aux médiateurs internationaux et d’annoncer sa dissolution définitive.”
Barthélemy Aguerre (Forces 64) : “Le terrorisme portait tort au Pays Basque. Le fait que le terrorisme se soit sabordé permettra d’approfondir les discussions. L’Etat doit accompagner le Pays Basque français et des forces réelles doivent se créer entre les agglomérations françaises et espagnoles. Je suis prêt à discuter avec les Espagnols et les Navarrais pour une collaboration plus profonde entre nous. Le territoire du Pays Basque Nord est largement reconnu ; il faut juste mûrir d’avantage de projets communs entre Basques espagnols et Basques français.”
J. Grenet (droite) : “Je ne suis pas le ministre des Affaires étrangère ; je ne suis que le député de la 5e circonscription. Mais je crois que la France devra être disponible pour ouvrir le dialogue avec les éléments qui, en France, ont soutenu politiquement l’ETA. Cette décision permet de le renouer. Aujourd’hui, à partir du moment où l’on est dans un processus démocratique, tout devient possible.”
J.-P. Mirande (Forces 64) : “Nous sommes à un tournant de notre histoire. La balle a changé de camp. Les Etats doivent saisir la balle au bond. Il faut que le gouvernement prenne en compte cette décision et procède au rapprochement des prisonniers et à la libération de certains. L’Etat doit également reconnaître le Pays Basque. Concernant les espaces de discussion sur l’avenir du Pays Basque, je suis prêt à abonder en leur sens, dans le cadre légitime et légal.”
Arnaud Villeneuve (PS) : “Nous allons enfin pouvoir construire des projets en Pays Basque dans un climat apaisé, en prenant en compte les différents acteurs. Il ne faut certes pas oublier les morts, mais il faut avancer dans le sens de l’histoire. L’Etat français a une position ambiguë sur le sujet, notamment avec le MAE. Ceci dit, il ne faut pas rester sur cette annonce. J’aimerais beaucoup représenter la Soule dans d’éventuelles discussions. Quant au rôle des Etats français et espagnol, ils ont maintenant l’occasion de voir fonctionner une Europe des peuples. Car l’Europe économique que l’on a construite a abouti à une impasse.”
Jean Espilondo (PS) : “ETA a signifié qu’elle déposait les armes, mais que veut-elle dire ? Va-t-elle vraiment remettre les armes ? Avec ETA, il faut peser chaque mot. S’il s’agit d’un dépôt des armes, c’est décisif et définitif pour l’arrêt des actes de terrorisme. ETA a été vaincue militairement et surtout idéologiquement. La démocratie a triomphé en Espagne, et la lutte de l’ETA a été vaine. Ce conflit est un problème interne au gouvernement espagnol. La France n’a fait qu’aider l’Etat espagnol.”
Autonomia Eraiki : “Comme le dit l’organisation ETA, le chemin sera encore rude. Il est aujourd’hui indispensable que tous les acteurs politiques et sociaux saisissent cette opportunité. Concernant Ipar Euskal Herria, le gouvernement français est partie prenante de ce conflit et il doit, sous peine d’erreur historique, s’engager avec tous les acteurs politiques d’Ipar Euskal Herria à une sortie politique. Pour nous, cela passe par la reconnaissance institutionnelle d’Ipar Euskal Herria, l’officialisation de l’euskara et l’amnistie totale de nos prisonniers politiques. La reconnaissance du droit des citoyens basques de choisir librement leur avenir par voie référendaire.”
LAB : “[…] Les gouvernements espagnol et français doivent apporter des réponses aux citoyennes et citoyens du Pays Basque. Les stratégies de blocage du conflit ont échoué ainsi qu’ont échoué toutes et tous ceux qui prônaient l’étouffement du conflit en faisant perdurer la situation actuelle. Une ère nouvelle s’ouvre, elle n’est pas le fruit d’une seule décision mais le résultat d’une démarche majoritaire en Pays Basque. Ce sont les actes posés par la gauche abertzale, les positions prises par la communauté internationale, les pas franchis par les différents acteurs du Pays Basque et la société tout entière qui ont permis cette nouvelle étape. A l’avenir, ce sont tous ces protagonistes qui auront la responsabilité historique de mener à bien le processus. […]”
ELB : “Les observateurs internationaux et le peuple basque sont témoins qu’il s’agit là d’une décision unilatérale. ETA a fait un pas vers la paix. Les Etats français et espagnol n’ont aujourd’hui plus d’excuse. Toutes les forces politiques doivent faire des efforts pour installer cette paix. Les deux Etats doivent reconnaître que le Pays Basque existe et créer les conditions pour que le peuple basque décide de son avenir. Il nous revient aussi à chacun d’accompagner ce processus. […]”







