L'opinion - Tribune Libre
Les Nelson Mandela de la cause basque
17/09/2011
Editorial par Antton ETXEBERRI
La sentence rendue publique hier par l’Audience nationale dans le procès appelé “Bateragune” est une très mauvaise nouvelle pour le Pays Basque. La condamnation des responsables politiques de la gauche abertzale à de nombreuses années de prison révèle l’état d’esprit dans lequel se trouve le gouvernement espagnol pour répondre au défi de la paix en Pays Basque. Cette décision judiciaire, hautement politique, interroge profondément. Arnaldo Otegi et ses coïnculpés ont été condamnés à des années de prison pour avoir mis en place une réflexion et une dynamique en faveur de la résolution du conflit en Pays Basque, par des voies uniquement pacifiques. Dynamique qui a abouti dans les faits à un cessez-le-feu général et vérifiable de l’organisation ETA, mais aussi et surtout à un niveau de soutien jamais atteint au niveau de la population du Pays Basque. Preuve en est les résultats historiques atteints par l’ensemble des partis politiques abertzale lors des dernières élections municipales et forales. Au moment où la population basque gagne l’espoir d’arriver enfin à surmonter ce conflit qui n’a que trop duré, l’Etat espagnol ne répond que par la prison et la répression. La dureté de la sentence pour les condamnés et leurs familles n’arrivera pourtant pas à faire dévier les partisans de la paix de leur chemin. Elle risque même d’avoir l’effet contraire, car c’est une majorité de citoyens basques qui se sent opprimée par une telle décision. Les condamnés de “Bateragune” apparaissent aujourd’hui comme les victimes d’une machine répressive espagnole, machine qui ne tient absolument pas compte de l’environnement qui existe autour de cette décision. L’injustice est grande, mais une telle attitude ne révèle-t-elle pas de la part du gouvernement espagnol une incapacité à accepter ce que souhaite majoritairement la société du Pays Basque ? Ce sentiment d’injustice qui s’accroît au fur et à mesure que l’Etat espagnol abat ses cartes répressives, ne serait-il pas en train de construire, à moyen terme et malgré lui, les futurs Nelson Mandela de la cause basque ?







