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Culture

L’incontournable festival de photographie de Getxo et son éloge de la vieillesse

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31/08/2011

Carole SUHAS

C’est LE rendez-vous photo du Pays Basque, le GetxoPhoto démarre demain. Installé depuis cinq ans en Biscaye, ce festival réunit tous les grands noms de la photographie autour d’un thème propre à chaque édition. Cette année, la vingtaine d’artistes invitée a axé son travail sur l’“éloge de la vieillesse”. Pendant tout le mois de septembre, et ce dès demain, donc, une centaine d’œuvres sera exposée dans la zone principale qui va de la plage d’Ereaga au vieux port. La partie haute de la ville accueillera quant à elle les expositions en salle.

Ils sont seulement 17 à présenter leurs travaux. Il s’agit de Sacha Goldberger, Michael Ackerman, Andrew Zuckerman, Peter Granser, Stephanie Diani, Annet Van Der Voort, Luis Cobelo, Ricky Dávila, Maja Daniels, Sander Marsman, KayLynn Deveney, Nelly Rodriguez, Vicente Paredes, Ana Galán, Josep Echaburu, Patrick Duncan et Walter Schels.

La vieillesse illustrée

Si chacun d’entre eux a une façon bien à lui d’aborder le thème de la vieillesse, on peut tout de même distinguer deux sensibilités : celle de la vieillesse, solitude et dernière étape avant la mort, ou celle de la vieillesse, souffle de vie et énergie jusqu’à la fin. D’où émanent aussi deux visions du corps lorsqu’il vieillit.

A une époque où la jeunesse éternelle devient une valeur suprême de la société, à une époque où bien souvent on ne sait plus quoi faire de nos anciens, à une époque où leur solitude et leur marginalisation sont bien réelles, le GetxoPhoto entend interroger notre rapport à la vieillesse et à l’inévitable détérioration physique qui va avec. La vieillesse fait peur, pas uniquement parce qu’elle est l’ultime étape avant la mort, mais parce qu’elle ne correspond pas aux codes esthétiques qui contrôlent notre regard. Par la photographie, les artistes questionnent aussi l’absence des seniors des médias de communication, comme l’est l’art lui-même.

Frank Kalero, commissaire de cette exposition d’ampleur, s’est fixé comme objectif avec le GetxoPhoto “de donner une visibilité aux différentes expériences qui peuvent prendre formes lors de cette étape de maturité”. Mais il ne s’agit en aucun cas “d’idéaliser ou d’offrir une version édulcorée de cette réalité, mais pas non plus d’en occulter les aspects les plus incommodants”.

Sensibilisation

Au GetxoPhoto, il y a le thème imposé et les grands photographes qui le respectent, mais il y a aussi tout le reste. Ce reste, toujours en lien avec la photographie bien sûr, est étalé sur quatre jours, du 1er au 4 septembre, soit dès demain. Ce sont des ateliers, des rencontres, des visites guidées, formation pour les étudiants en photographie ou encore moments musicaux. Au programme non exhaustif de ces différentes activités, on recense notamment un atelier dirigé par Arianna Rinaldo, une éditrice graphique, sur les différents aspects de l’édition photographique, du travail de rédaction au “problème” de la publicité.

Un espace dédié aux livres et aux revues photographiques est également mis en place pour la seconde année : Papel (l’espace) réunit une trentaine de revues et les livres édités par les photographes participants à cette édition.

Quelques noms

Parmi les photographes les plus reconnus dans leur domaine, Michael Ackerman présentera des œuvres issues de son dernier travail, Half Life. Davantage que l’idée même de vieillesse, c’est celle de la fatigue vitale, de la façon dont vieillit une âme qui transparaît dans ses photographies.

“Ses images ne dépendent pas d’un contexte social, politique ou d’un pays exotique. Elles sont le reflet d’un univers intérieur, un univers que seules la littérature, la poésie ou bien la musique sont en capacité d’évoquer”. Telle est la description de l’art d’Ackerman.

Radicalement différent, le regard de Josep Echaburu sur la vieillesse. Si Ackerman ne jure que par le noir et blanc, et l’aspect trouble, les vieux de Josep Echaburu respirent la joie colorée, le tout dans un cadre géométrique fort.

Pour finir par le début

Comme tout festival qui se respecte, le GetxoPhoto a lui aussi sa soirée inaugurale. Demain soir, jeudi 1er septembre, à partir de 19h45 à l’école de musique Andrés Isasi de Getxo, retour sur les cinq éditions du GetxoPhoto, en images, bien sûr. Par ailleurs, quelques-uns des artistes invités en profiteront pour présenter leurs œuvres.

La soirée se terminera sur une projection spéciale du travail du grand photographe Michael Ackerman (déjà cité), projection mise en musique en direct par Mursego, alias Maite Arroitajauregi (vue très récemment au festival Usopop à Sare). Pour plus d’informations concernant le programme détaillé et les horaires d’ouverture au public, rendez-vous sur le site www.getxophoto.com.

 

Frank Kalero, commissaire d’exposition

Depuis l’édition de l’année dernière, le GetxoPhoto a accueilli un nouveau commissaire d’exposition. Prenant la suite d’Alejandro Castellote, Franck Kalero a pris ses fonctions lors de l’édition consacrée aux “pratiques contemporaines”. Licencié en communication audiovisuelle de l’université de Barcelone, puis ayant poursuivi ses études au centre international de photographie de New York, Franck Kalero a plusieurs créations de revues à son actif. Il fut fondateur et directeur de la revue photographique Ojodepez (qui a d’ailleurs édité quelques-uns des artistes présents sur cette édition 2011 du GetxoPhoto, tel que Josep Echaburu), il a ensuite participé de l’implantation de la revue Vice, l’une des plus importantes dans le domaine, au Brésil.

Il fut également le cofondateur de la galerie d’art Invaliden1 de Berlin, qui accueille en ce moment des œuvres de Sergio Belinchón, Rui Calçada Bastos, Paul Ekaitz, Antonio Mesones, Noé Sendas et Santiago Ydáñez. En 2009, il fonde la revue d’art The World puis en 2010, il dirige le Photo Meeting de Barcelone et fonde Punctum, une toute nouvelle revue consacrée aux pays du continent asiatique.

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