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Sujet à la une

"Je me représente car je veux finir e travail que j’ai commencé au Sénat"

30/08/2011

Pierre MAILHARIN

Entretien avec Annie JARRAUD-VERGNOLLE / Candidate socialiste

Didier Borotra et Auguste Cazalet ayant décidé de raccrocher, la socialiste Annie Jarraud-Vergnolle sera la seule sénatrice du département à briguer un nouveau mandat fin septembre. En tandem avec le maire d’Orthez, Bernard Molères, elle mise sur son expérience au sein de la Haute Assemblée pour convaincre les 1 762 grands électeurs.

Pourquoi avez-vous décidé de vous représenter ?

J’ai commencé un travail qui n’est pas terminé. Parmi les fonctions du Sénat figure le contrôle de l’action gouvernementale. Dans ce cadre, j’ai produit sept rapports en cinq ans et demi. Le dernier en date concerne les liens entre les collectivités locales et leurs services, notamment par rapport à la directive européenne “services”. A l’issue de ces travaux, des propositions de loi sont effectuées. Je veux aller au bout de ces démarches. Je suis également vice-présidente de la commission des Affaires sociales : mon objectif est de continuer à œuvrer pour davantage de justice sociale et l’accès de tous aux services de santé, bref, en faveur de tous les services publics qui disparaissent de nos campagnes.

Vous achevez votre premier mandat de sénatrice, un mandat que vous avez pris en cours de route. Racontez-nous votre parcours.

Au décès d’André Labarrère, j’ai pris le poste de sénatrice (en 2006). Il me disait toujours : “Tu sais, mon petit, en politique, il faut avoir de la chance et beaucoup travailler”. J’ai essayé de suivre ce conseil, à la fois au Sénat et localement. Par ailleurs, il y a des années de cela, j’ai fait l’Ecole nationale des hautes études en santé publique de Rennes et j’ai ouvert trois entreprises de l’économie sociale. Du fait de ce parcours, les sénateurs m’ont nommée vice-présidente des Affaires sociales.

Vous êtes élue à Anglet depuis 2001 (adjointe depuis 2008). Il s’agit de votre première campagne personnelle. Comment cela se déroule-t-il ?

Je me suis rendue dans un certain nombre de communes. Je vais bientôt arriver à 400 sur les 547 du département. J’ai commencé début juillet. Cela fait une moyenne de huit à dix par jour.

Sur quelle(s) thématique(s) faites-vous campagne ?

Actuellement, il est assez facile de faire campagne. Notamment depuis 2009, et la réforme des collectivités territoriales. Les socialistes ont voté contre cette loi de recentralisation. Elle prévoit que le pays Pays Basque soit supprimé en 2013. J’ai posé une question orale au gouvernement sur cette question. On m’a répondu que les communes pouvaient toujours monter une association. J’ai alors demandé s’il y aura toujours des financements et si le conseil de développement serait pérennisé. On n’a pas pu me répondre.

Quels sont les autres axes de la réforme que vous dénoncez ?

La fin de la clause de compétence générale pour les conseils généraux et régionaux. Celle-ci leur permettait d’intervenir dans des champs non obligatoires. En 2010, 73 % des investissements publics ont été effectués par des collectivités locales. Avec cette suppression, les conseils généraux et régionaux ne pourront plus intervenir comme actuellement pour des financements croisés auprès de communes.

Autre chose ?

Oui. Je m’oppose au conseiller territorial qui sera un élu hybride à deux têtes. Quelqu’un qui siégera à la fois au département et à la région et qui ne sera donc plus proche des maires comme l’est actuellement le conseiller général. L’argument du coût, avancé pour justifier ce conseiller territorial, n’est même pas valable, puisqu’il y aura en réalité en plus des délégués départementaux. Le coût sera le même. Cela dit, c’est un sujet sur lequel nous reviendrons. Nous souhaitons que les cantons soient davantage représentatifs du territoire. Le canton de Montaner a 2 000 et quelques habitants, celui de Lescar 37 000…

Cette contre-réforme socialiste ne risque-t-elle pas d’affaiblir le poids des cantons ruraux ? Garantissez-vous qu’il y aura toujours autant d’élus à la campagne ?

Non, cela n’affaiblira pas le monde rural. Simplement, la répartition ne sera pas la même.

Quel est votre regard sur la refonte intercommunale en cours ?

C’est une réforme brutale, faite dans l’urgence. On demande aux communes de se prononcer sans qu’elles aient tous les éléments. Le préfet aurait pu dire aux élus : “Je vous donne jusqu’en 2013 pour vous organiser, pour décider quel territoire vous paraît cohérent, pour demander des études auprès des services des impôts afin de voir quelle fiscalité vous pouvez lever…”. Si à cette date les élus n’avaient pas décidé, alors le préfet, en dernier ressort, aurait tranché. Mais c’est tout l’inverse qui a été fait.

En conseil municipal, vous avez voté une délibération ouvrant la voie à un élargissement de l’Agglomération côte basque-Adour…

J’y suis favorable mais il ne faut surtout pas que cela se fasse dans un esprit hégémonique. Il ne faut pas y aller à marche forcée, mais selon la volonté de la population et des élus des intercommunalités concernées.

Vous défendez le pays Pays Basque, mais acceptez l’ouverture de l’Agglomération au Seignanx. Est-ce vraiment compatible ?

Beaucoup de gens qui habitent sur le Seignanx viennent travailler dans l’Agglo, en voiture. Il y a des problèmes de transport en commun. L’élargissement peut permettre de les résoudre. Par ailleurs, je ne pense pas que l’ouverture au Seignanx aille à l’encontre du pays Pays Basque. Celui-ci a un rôle de développement économique et culturel du territoire. Mais surtout au niveau rural, à l’intérieur.

N’y a-t-il pas des différences culturelles entre le Pays Basque et le Seignanx ?

La différence que je vois, elle est surtout politique… Culturellement, sur la côte basque, ce n’est pas comme à l’intérieur. Il n’y a pas beaucoup de gens du Pays Basque qui sont là depuis des années et des années…

Vous engagez-vous à défendre une loi pour les langues régionales si vous êtes réélue ?

Oui. J’ai signé la proposition de loi de M. Navarro.

Quelle est votre position concernant Aurore Martin ?

Nous avons fait une conférence avec le PS départemental pour dire que dans la mesure où Aurore Martin n’avait commis aucun crime de sang, elle n’était pas condamnable comme quelqu’un de tel.

Vous êtes en désaccord avec votre maire, Jean Espilondo, sur cette question…

Chacun fait ce qu’il veut. Je suis en accord avec le Parti socialiste départemental.

Un mot sur l’imbroglio concernant l’annonce par le PS, à tort, de l’abertzale Jean-Michel Galant comme suppléant de la candidate Frédérique Espagnac, mi-juillet. Vous êtes à l’origine du courriel de convocation de la presse, où le nom de M. Galant figure…

Au mois de mai, nous avons eu une réunion à Pau, qui rassemblait les trois candidats, la fédération départementale PS et le délégué national aux élections. Lors de la discussion, chaque candidat a donné le nom de son suppléant. Mme Espagnac a donné le nom de Jean-Michel Galant. Lorsqu’on a fait le modèle de lettre pour la convocation, nous l’avons transmis aux candidats, M. Labazée, Mme Espagnac, pour qu’ils donnent leur accord. On ne nous a rien dit. C’est pour ça que cette lettre de convocation a été envoyée à la presse.

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