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Pays Basque

Vers une agglomération capitale du Pays Basque… et du sud des Landes

27/08/2011

Pierre MAILHARIN

“J’aurais au moins appris quelque chose aujourd’hui : nous avons des différences culturelles avec Tarnos”. Il est 20h15, jeudi soir, sur le perron de l’Agglomération côte basque-Adour (Acba). A l’invitation des maires de Bayonne et Anglet, désireux de réfléchir à un amendement, les délégués communautaires s’accordent une pause. Détente, après deux heures d’un débat complexe autour de l’éventuel élargissement de leur structure, d’ici 2018, aux intercommunalités Nive-Adour et du Seignanx, ainsi qu’à Arcangues, Bassussarry, Ustaritz, Jatxou, Arbonne, Ahetze et Briscous.

L’un des conseillers, particulièrement détendu, lâche alors cette phrase, sur un ton des plus condescendants. Comme pour signifier : “Ceux qui pensent ainsi n’ont rien compris”. Martine Bisauta et Michel Poueyts, intervenus quelques minutes plus tôt afin de défendre les limites du Pays Basque et d’alerter contre un potentiel déséquilibre côte-intérieur, apprécieront.

L’élue bayonnaise, pour étayer son propos, est revenue “aux fondamentaux”, à savoir le projet d’agglomération, consultable sur le site de l’Acba. Celui-ci promet que l’ex-Cabab est “déterminée à entraîner l’ensemble du Pays Basque dans le sillage de son développement”. Un message que diluerait, entre autres, l’adhésion future de l’entité landaise. M. Poueyts, en fin de séance, a prononcé un discours quasi-identique. Entre les deux, Frédéric Domege, représentant de l’UMP Max Brisson, s’est également opposé à cette ouverture au nord “pour des raisons de cultures, d’identités et de pratiques politiques différentes”.

Une triple mise en garde, qui a engendré cette prise de parole de l’Angloy Guy Mondorge, sarcastique : “Je ne suis pas partisan d’une agglo capitale du Pays Basque, mais d’une agglo de vie. Boucau a fait partie de la banlieue du Seignanx. St-Esprit n’a été rattaché à Bayonne qu’en 1857. Je propose donc de rattacher Boucau et St-Esprit à la CC du Seignanx”. Eclats de rire dans la salle. Suivi donc de l’interruption de séance.

Le reste de la discussion aura été marqué par la volonté du maire d’Anglet d’amender l’ultime phrase de la délibération, portant encore sur la CC du Seignanx. Jean Espilondo souhaitait inviter les communes landaises à intégrer, à terme, un pôle métropolitain comprenant l’Acba, les CC Errobi, Nive-Adour, Bidache, Sud Pays Basque et Hasparren. Un vœu qui allait demeurer pieu, puisque la seule modification au texte serait l’ajout d’un “si elle le souhaite”, après l’appel à la structure landaise de rejoindre l’Acba.

Le message de Borotra au préfet

Autre fait important : le refus du maire de Biarritz, Didier Borotra, de voter la délibération : “C’est un message à l’égard du préfet”, a-t-il expliqué. “Il veut que l’agglo, en absorbant les intercommunalités, prenne aussi en charge les compétences dont elles disposent. Or la loi est claire : une intercommunalité bénéficie des compétences déléguées par les communes. Il faut donc que celles-ci le veuillent. Je demande au préfet de se ‘positionner’ sur cette affaire”. La délibération a été largement adoptée (28 pour, 4 abstentions, 1 contre).

 

Pour Grenet, le futur périmètre ira du Sud-Landes au Gipuzkoa

Le président de l’Acba, Jean Grenet, s’est félicité hier lors d’une conférence de presse qu’“au-delà des sensibilités politiques, l’intérêt général ait prédominé” jeudi, avec l’adoption de l’avis pour l’élargissement de l’ex-Cabab à une large majorité. Respectant le refus de Nive-Adour et d’Errobi, il a cependant invité celles-ci à poursuivre leur réflexion : “Nous ne sommes pas dans une démarche d’annexion. Si toutes les communes d’Errobi et Nive-Adour rejoignaient l’Agglo, Anglet-Bayonne-Biarritz deviendraient minoritaires”. Jeudi, alors qu’il dressait le parallèle avec le secteur dont il avait la charge étant médecin - Pays Basque (moins la Soule) plus sud des Landes (en dessous d’une ligne Dax-Vieux-Boucau)- il avait sous-entendu que celui-ci constituerait le périmètre de travail adéquat à long terme. Interrogé à ce sujet hier, il a répondu : “Dans le futur périmètre, je place aussi l’eurocité. Ne pas vouloir regarder ce qui se passe à St-Sébastien et en Gipuzkoa serait avoir de merde dans les yeux”.

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