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Des acteurs économiques et culturels des sept provinces tissent des liens pérennes

10/08/2011
Goizeder TABERNA
C’est un travail de fourmis qu’ont entamé des dizaines d’agriculteurs, chefs d’entreprise et autres acteurs de la vie sociale et culturelle du Pays Basque. Depuis 2006, ils tissent un réseau afin d’apporter des réponses concrètes à leurs besoins. Le travail de Zazpiak Bat Harreman Sarea (réseau de contacts Zazpiak Bat) a commencé à porter ses fruits.
L’association se présente comme une “agence de services”. Son propos : créer des ponts entre les acteurs des sept provinces basques. Elle a débuté dans le secteur agroalimentaire, puis associatif et industriel (voir encadré). Cependant, “les champs d’action du réseau peuvent se multiplier ou se développer selon les besoins, l’essentiel étant d’apporter des réponses concrètes au quotidien des acteurs de ce pays, au niveau national”, explique Tasio Erkizia l’un des promoteurs et animateur du réseau.
L’idée du réseau Zazpiak Bat a germé dans les années 2000, à partir des différentes dynamiques créées en faveur de la “construction nationale”, des sept provinces basques. Sa date officielle de création correspond à la date d’enregistrement de l’association loi 1901 du même nom, en décembre 2009. Son siège se trouve à Mauléon et Dominike Agergarai en est le président.
Rapprocher
La Soule est effectivement le point de départ du projet, mais son champ d’action s’est très vite étendu aux sept provinces. Vu le succès de la collecte d’argent pour le rachat de la ferme Kako d’Ainharp, un réseau de personnes a commencé à se former.
Il a d’abord travaillé pour la mise en relation de la coopérative Azkorria de Musculdy avec des circuits d’acheteurs potentiels au Pays Basque Sud, mais aussi auprès du porc basque dans le Kintoa. Les deux ikastola de Soule et la radio Xiberoko Botza ont également reçu l’aide du réseau Zazpiak Bat.
Actuellement, certains acteurs impliqués dans Zazpiak Bat se chargent de rapprocher les producteurs des différentes provinces afin de pouvoir concrétiser un projet de “panier alimentaire” (équivalent des Amap) au niveau d’Oarsoaldea (Gipuzkoa) et de Lea-Artibai (Bizkaia). “On travaille dans la perspective de la souveraineté alimentaire de notre pays. Il ne s’agit pas simplement de trouver des clients pour les producteurs du Pays Basque Nord”, précise Tasio Erkizia.
Par ailleurs, “les exploitants du Pays Basque Sud ont la capacité d’industrialiser leur production. Nous, au Pays Basque Nord, on peut leur apporter la démarche de qualité”, explique Francis Carricart, animateur du réseau.
Les rencontres peuvent aussi se faire autour de danses, d’un bertsu ou d’un verre. Le réseau Zazpiak Bat a organisé à ce jour deux journées festives. Un prétexte pour tisser des liens grâce auxquels les acteurs économiques et culturels des sept provinces ont pu exposer leurs projets. Le premier avait eu lieu à Berriozar (Nafarroa) et le second à Pasaia-Antxo (Gipuzkoa).
L’euskara au cœur des relations
“On n’invente rien ; des relations et des projets existent déjà depuis longtemps”, affirme Tasio Erkizia, “mais nous souhaitons pérenniser ses relations bien souvent ponctuelles”. Pérenniser et leur donner une dimension nationale, qui comprendrait les sept provinces basques.
L’euskara étant le seul moyen de communication des membres de ce réseau, ce dernier accueille des personnes de points de vue politiques et sociaux différents. “Ici, l’acteur principal est le peuple, les citoyens. Notre travail n’est récupéré par aucun parti politique”.
Premières réponses dans l’industrie
“Apporter des réponses concrètes aux besoins quotidiens” des chefs d’entreprise des sept provinces, cela se traduit, par exemple, par la mise en place d’un service de transport rapide de colis entre le Pays Basque Sud et le Nord. Le réseau Zazpiak Bat y travaille.
Il a envoyé un questionnaire à 100 entreprises sur les 12 000 situées au Pays Basque Nord. L’une de leurs demandes était celle du transport. “Le service existe sur le territoire français ou espagnol, mais pas entre le Nord et le Sud”, explique Beñat Castorene, responsable de l’entreprise Olaberria d’Ustaritz et membre du réseau.
Simple catalyseur, le réseau Zazpiak Bat va se contenter de faciliter les relations entre chefs d’entreprise. “Ce projet dépend de la motivation de chacun ; nous, nous ne sommes là que pour faciliter les choses”, explique Francis Carricart, l’un des animateurs du réseau, par ailleurs animateur économique en Basse-Navarre. A moyen terme, il a comme objectif de créer un site Internet qui recueillerait les données des entreprises.
En mars dernier, une première rencontre entre une quarantaine de chefs d’entreprise des sept provinces a eu lieu à Mauléon. Le responsable de la grosse société CAF, installée à Beasain et Irun, a ainsi côtoyé les responsables des entreprises Olaberria (Ustaritz), Belaun (Aldudes), Elizaldia (Gamarthe), MFA (Arbérats) ou encore Irati (Hendaye). “Notre entreprise a toujours voulu tisser des relations avec les entreprises du Sud. Qui sait, un jour on travaillera peut-être avec les personnes que l’on croise dans ces réunions”, conclut B. Castorene.







