RSS
Hasiera > Paperezkoa > Pays Basque

Pays Basque

Une chapelle de mille ans sur les chemins jacquaires

p007_01ona.jpg

03/08/2011

Cécile VIGNAU

Au cœur d’un vallon ondoyant à Ostabat, un hameau de quatre maisons : c’est Haranbeltz, et sa chapelle Saint-Nicolas. Témoin de l’époque jacquaire en Basse-Navarre, la chapelle est située à la croisée de deux grandes voies de pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, celles de Vézelay et du Puy, rejoignant à Ostabat la voie de Tours. Edifiée à partir du XIe siècle, elle succède très probablement à un temple païen, abrité dans une bâtisse préromane voisine, la maison Etcheverria. Bien qu’il n’en subsiste aucun vestige, un hôpital est en outre mentionné dès 1106 dans le testament du vicomte de Baïgorry, Lope Eneco. Car il existait bien un établissement d’accueil des pèlerins jouxtant la chapelle, et qui figurait parmi les 14 hôpitaux de la ville d’Ostabat. Il est coutumier de rencontrer des hôpitaux tout le long des chemins de Saint-Jacques, et la commune était autrefois particulièrement fréquentée du fait de la réunion de trois chemins jacobites.  Ainsi, la chapelle et l’hôpital étaient voués à Saint Nicolas, patron des pèlerins. Le retable de Haranbeltz évoque à ce propos la légende des trois enfants ressuscités du saloir par Saint-Nicolas où les avait fait périr un boucher sanguinaire.

A l’origine, les quatre familles qui composaient le hameau de Haranbeltz s’étaient instituées propriétaires de cette chapelle afin d’en assurer l’entretien et la protection. Aujourd’hui, leurs descendants en assument la garde et l’entretien. Structurés en association, ces propriétaires veillent à l’ouverture continue de la chapelle et à accueillir au mieux le visiteur venu à la découverte de ce patrimoine. Un vestige qui est classé monument historique depuis 2001. Cette inscription a permis de débloquer des subventions, et avec le soutien de la DRAC, à la fois maître d’œuvre et maître d’ouvrage, une campagne de conservation a pu être réalisée entre avril 2008 et décembre 2010. A l’occasion de ces travaux, des découvertes ont été faites dans multiples recoins de la chapelle : la facture d’installation du retable datée du début du XVIIIe siècle, une croix ocre peinte sur enduit du milieu du XVIe siècle, 53 pièces Louis XIII, des vêtements religieux ou encore une patène en bois. Un flacon de saintes huiles a également été découvert : “Une pièce en verre soufflé, à ventre rond et col-de-cygne, haute de 8 cm”. Il est fort probable que cette pièce ait été abandonnée dans la chapelle lors de la confiscation des biens d’Eglise lors de la Révolution, et auquel Haranbeltz n’a pas échappé.  Des trouvailles qui font le ravissement des membres de l’association. Cependant, dans un souci de sauvegarde et de protection, elles sont pour la plupart conservées à l’abri, et visibles uniquement sur des planches de photos lors des visites.

Une messe à lieu tous les ans le dimanche le plus proche de la Saint-Nicolas, aux alentours du 6 décembre. Cet office se veut l’une des traditions les plus anciennes dans le hameau de Haranbeltz, et elle est généralement animée par une chorale.

Ce dimanche 7 août, un vide-grenier au profit de la chapelle est organisé toute la journée à Ostabat par l’association des amis de Haranbeltz. Le site est ouvert au public tous les jours de l’année. Des visites ont lieu tous les après-midi de 14 heures à 18 heures, mais la chapelle est ouverte dès 12 heures. Il est également possible de la visiter le matin, sur rendez-vous auprès de l’association des amis de Haranbeltz. L’entrée se fait en accès libre. Pour les personnes désireuses d’en apprendre plus sur ce patrimoine jacobite, un site Internet de l’association existe : www.lesamisdharanbeltz.fr.

 

“C’est un peu l’histoire d’Obélix”

Jean-Pierre Brisset est secrétaire de l’association des Amis de Haranbeltz depuis sa création en 2006. “J’ai fait mon chemin de Saint-Jacques en 2003, c’est à ce moment-là que j’ai découvert la chapelle. Et c’est un peu comme l’histoire d’Obélix qui est tombé dans le chaudron. Moi, je suis tombé dans la chapelle ! Dès mon retour l’année suivante, je me suis rapproché des propriétaires de la chapelle. Après un an et demi de discussion, l’association est née à l’initiative des cinq familles propriétaires”. En revanche, Jean-Pierre Brisset explique pourquoi l’association reste fermée et ne cherche pas à accroître le nombre de ses adhérents : “La volonté première de l’association est que les propriétaires conservent le droit de regard sur ce qui est décidé pour la chapelle. Ainsi, par le biais d’une majorité, ils restent maîtres chez eux en tout état de cause. Nous sommes donc seulement quatre membres extérieurs à faire partie de l’association”. Auteur de l’ouvrage “Haranbeltz-Millénaire” (décembre 2010), dont les fonds récoltés sont directement reversés pour la sauvegarde de la chapelle Saint-Nicolas, le secrétaire de l’association nous confie avoir une affection particulière pour le tableau de la Vierge. “Cette œuvre ne provient pas de Haranbeltz, elle y a été apportée au XVIIIe siècle. Elle reste cependant du Pays Basque car le coffre sur lequel elle est assise est orné de motifs basques”, précise-t-il.

inprimatu