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A la santé du verre écolo

02/08/2011
Pierre MAILHARIN
Les sceptiques en seront pour leurs frais : le dispositif du verre écolo, expérimenté lors de cette édition 2011, s’est révélé un succès indéniable. “Globalement, cela s’est passé de façon extrêmement positive”, se réjouissait hier Martine Bisauta. “Nous éprouvons une grande satisfaction du côté de la mairie. Tout le monde a joué le jeu. J’ai personnellement reçu des dizaines de témoignages dans la rue, de gens que je ne connaissais pas, de tous âges, qui m’ont dit : ‘Bravo à la mairie d’avoir tenu bon’ ou encore ‘On ne se pourrit plus le pantalon le soir’. Il faut remercier tous ceux qui sont rentrés dans le système”.
Bien sûr, tout n’a pas été parfait. C’est la loi des premières : “Ce qui est revenu le plus souvent, ce sont les bars qui refusent de changer les verres [dans un souci d’hygiène, le dispositif prévoyait que tous les verres puissent être échangés, ndlr]. Nous avons eu des dizaines de témoignages en ce sens”, reconnaît l’adjointe bayonnaise au développement durable. Afin d’éviter que cela ne se reproduise, elle ouvrira très prochainement des discussions avec les cafetiers concernés : “On va reprendre le dialogue. Cette année était une année de réglage. On n’est pas là pour réprimer”.
Une seule “peña” au jetable
Les réfractaires de la première heure, eux, ont semble-t-il fini par adhérer au système. De-ci de-là, on a certes pu observer certains cafetiers réticents à récupérer les verres et à rendre l’euro de consigne. Une peña a également été signalée comme utilisant des verres jetables, pourtant interdits par arrêté municipal. “Mais à 99 %, tout s’est bien passé”, certifie Martine Bisauta. Il y avait 400 points où les verres étaient présents. Ce qu’a fait Ecocup [le prestataire, ndlr] est énorme. C’est même un exploit. Il faut lui tirer un grand coup de chapeau. Tous les matins, les bars étaient réapprovisionnés entre 11 heures et 11h30. Il n’y a pas eu une seule rupture de stock”. Un chiffre matérialise cette performance, celui d’1,25 million, “le nombre de verres qui ont été lavés, un record pour Ecocup”.
La marge financière réalisée par l’entreprise catalane - dont une partie sera reversée à la mairie et aux cafetiers - n’est pas encore connue. Elle dépendra du nombre de gobelets gardés par les bestazale. Celui-ci se trouvait hier en cours d’évaluation.
Conséquence directe de cette première réussie, le nettoyage de la cité labourdine a été considérablement allégé ou amélioré : “Nous avons diminué le volume des déchets de moitié. En poids, cela représente 30 tonnes de moins. Les équipes de lavages ont eu un gain de temps d’une heure. Le centre étant plus propre, cela a permis un redéploiement des équipes. Notamment vers la périphérie, qui n’était pas toujours très bien faite”.
Verre en verre et porte-verres
Le “cap” du gobelet écolo franchi, Martine Bisauta se projette désormais vers la réduction des déchets de verre en verre, lors des éditions prochaines : “Il faut qu’on se mette autour d’une table et qu’on discute. On a beaucoup vu le verre en verre cette année, justement car le verre jetable a disparu. On est à l’aube d’une réflexion à ce sujet”.
Le “chantier” des porte-verres est également à ouvrir. Cette année, Ecocup avait distribué sa production aux cafetiers qui souhaitaient la vendre. “Très peu ont voulu le faire”, a constaté Martine Bisauta. “Pourtant, c’est extrêmement pratique. Cela devrait se développer. Je pense qu’on verra l’an prochain des initiatives de peñas ou d’associations qui feront leur propre porte-verres”.







