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Pays Basque

Sénat : débat tronqué sur les langues

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01/07/2011

Pierre MAILHARIN

“Qui n’avance pas recule”, dit un adage populaire. Bientôt applicable à l’euskara ? C’est ce que craint Kontseilua, le Conseil des organismes sociaux de la langue basque. Hier, le Sénat examinait une énième mouture de texte relative au statut des langues régionales, proposée par le Sénateur de l’Hérault Robert Navarro.

Avant les débats, Kontseilua déplorait un document législatif “rectifié” par rapport à ceux des députés Marc Le Fur et Armand Jung (présentés il y a quelques semaines devant l’Assemblée nationale) “effaçant la moindre petite avancée pour nos langues” et pouvant même se révéler “contre-productif”. “Si la proposition de Navarro était adoptée telle quelle, le Conseil constitutionnel pourrait interpréter que l’utilisation de nos langues se limite au seul cadre tout à fait restrictif de cette loi et que tout ce qui se fait déjà pourrait être censuré par le Conseil constitutionnel”, justifiait l’organisme.

Hur Gorostiaga, d’Euskal Konfederatzioa (membre de Kontseilua), précisait : “Nous demandons que soit garantie l’offre d’enseignement dans toutes les écoles, comme cela se fait déjà en Corse. Tous les établissements proposent des sections bilingues, les parents ne souhaitant pas que leurs enfants suivent ce parcours pouvant refuser. Par ailleurs, les pouvoirs publics qui veulent financer des ikastola doivent pouvoir le faire. Ces deux points figuraient dans le premier texte, mais ont été enlevés. Puis réintroduits plus ou moins par des amendements. C’est un peu confus”.

La séance d’hier après-midi a-t-elle permis d’éclaircir les choses ? Faute de temps, elle n’a pu être examinée dans le détail et M. Navarro, premier intervenant, a d’emblée indiqué qu’“il réinscrirait ce débat à la rentrée”. Dans un discours d’une vingtaine de minutes, teinté de références historiques, il a appelé ses collègues du Sénat à “donner une visibilité et un avenir aux langues régionales”, en adoptant un texte linguistique unique, au contenu destiné à “rétablir la transmission naturelle, à travers deux secteurs clés, l’éducation et les médias”.

Colette Melot, rapporteuse de la commission de la culture, a ensuite pris la parole, insistant sur la diversité des situations des langues régionales de l’Hexagone, pour s’ériger contre la proposition de loi : “Il me paraît inopportun de mettre tout cela dans une même loi”.

Chatel “défavorable”

Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, a abondé dans le même sens, concluant son discours ainsi : “Comme Colette Melot, je ne suis pas favorable à ce texte. Je souhaite proposer au Premier ministre un document synthétisant l’ensemble des dispositifs existants mis en place par l’Etat pour protéger et défendre les langues régionales”.

Dans la soirée, des représentants des différents groupes politiques du Sénat ont défilé au pupitre pour exprimer leur position. Kontseilua et Euskal Konfederatzioa donnent la leur aujourd’hui lors d’une conférence de presse.

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