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Culture

La Soule se met au cinéma et se prépare à tourner Xora, long-métrage en euskara

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22/06/2011

Carole SUHAS

La Soule au cinéma. C’est le nouveau projet de l’association Hebentik, association souletine qui œuvre au développement et à la création culturelle sur le territoire. Avec Xora (en euskara, comprenez “vertige” ou “étourdissement”), la dynamique souletine s’attaque à une facette artistique qu’elle n’avait que peu approché jusque-là. Si on reconnaît aisément leur implication musicale, théâtrale ou plastique, le cinéma était encore une terre inexplorée par les prolifiques Souletins.

Xora rétablit l’équilibre. Peio Cachenaut, pour l’association Hebentik, dresse un panorama de ce tout nouveau projet. “Le tournage de Xora dure trois semaines, du 18 juillet au 7 août prochain, ce qui est relativement bref pour un tournage, mais qui correspond à nos limites budgétaires”. Le tournage se fera en deux parties, selon les explications de Peio Cachenaut. La première, à Mauléon, à “la ville”, “si on peut qualifier comme ça le centre de Mauléon”, et la seconde à la montagne, du côté du cayolar d’Ahusquy et des hauts de Larrau. Deux lieux pour une histoire à deux facettes.

L’histoire

Xora a pour protagoniste principal un jeune Souletin anonyme, ou plus exactement nommé X, trentenaire, cadre moyen à la vie classique si tant est qu’il y en ait une. Seulement, ce jeune homme a une passion, la littérature, et il décide de tout quitter un jour pour se lancer à corps perdu dans l’écriture.

Cette nouvelle direction qu’il donne à sa vie va le rapprocher de son oncle qui vit dans un cayolar, écrivain revenu des Etats-Unis (ce qui lui a valu le surnom de “Hollywood”, “surnom que l’on donne parfois en Soule”). Dans leurs premiers instants de complicité, on peut alors voir s’établir “une relation de maître à disciple, ce qui interroge notre rapport à la transmission”, mais très vite, on s’aperçoit que le jeune homme est poursuivi par une silhouette mystérieuse.

Quelles sont les raisons, ou contexte, qui ont permis à ce projet de voir le jour ? Peio Cachenaut, qui a écrit le scénario, explique que Xora est né de trois causes complémentaires. “Tout d’abord, cela fait dix ans que je gravite autour d’Hebentik et de tous les projets que l’association a pu mettre en place, tels que la pastorale il y a cinq ans de cela ou le festival à Etxebar. Nous nous intéressons beaucoup à la musique, au théâtre, au clown, mais jusqu’à présent, pas de cinéma. De plus, et ceci est la deuxième raison, je suis moi-même un passionné de cinéma, et je ne suis pas le seul dans ce projet. Enfin, j’ai l’impression que nous assistons à une espèce de démocratisation des outils technologiques et informatiques, comme peuvent l’être la caméra ou les logiciels de montage, ce qui permet de faire les choses soi-même. Nous sommes dans un contexte où des moyens sont mis à notre disposition, du coup je pense que de nombreux films à petit budget vont naître”.

Technique

Xora a vu le jour après deux ans de travail d’écriture, “ça a été très long”, explique Peio Cachenaut. “Si l’on parle d’influences, je dirais que j’avais beaucoup en tête des auteurs de comics comme Grant Morrisson, ou du côté de la littérature des auteurs comme William Burroughs [écrivain de la beat generation états-unienne des années 1950, aux côtés d’auteur comme Jack Kerouac ou Allan Ginsberg, ndlr]”. Quant au langage cinématographique de Xora, aux dires de son scénariste, il sera très simple, fondé sur de nombreux plans fixes et longs, avec peu de cuts (coupes nettes). “C’est une question de goût. Le ciné actuel est d’une technicité impressionnante, mais il a oublié la grammaire cinématographique de base : qu’est-ce qu’on met dans un plan, comment cadre-t-on les personnages, etc. Je dirais que nous travaillons de façon rigoureuse sur Xora. Comme c’est une histoire un peu sombre, qui flirte un peu avec le fantastique, on pourrait le rapprocher, toutes proportions gardées bien sûr, du style de David Lynch”.

Quant à la distribution et à la production, elle sera assurée par un producteur bizkaitar de Durango, Baleuko, associé à Aldudarrak Bideo qui est aussi partenaire de ce projet. La région Aquitaine et l’Institut culturel basque ont aussi apporté leurs subventions. Ceci étant dit, la souscription reste ouverte jusqu’à la phase de distribution.

 

Xiberoa Zinez, un vaste projet

Xora s’inscrit dans un projet cinématographique plus vaste, intitulé “Xiberoa Zinez” et étalé sur les trois prochaines années.

Xora est la première phase d’une opération cinématographique. Cet été, des rencontres sont programmées avec les villageois pour “amener le cinéma à ceux qui ne vont pas le chercher” avec différentes projections en différents lieux comme Aiharp, Etchebar, Mauléon, Laguinge ou encore Sauguis, et notamment les multiples projections du film sur Lucio Urtubia (sa présence n’étant pas encore confirmée). L’année prochaine, Hebentik souhaite développer des ateliers de formation de sensibilisation et de formation aux techniques cinématographiques, et notamment aux documentaires, pour mettre le cinéma à portée de tous. “On peut s’apercevoir en l’observant que le monde du cinéma est un peu fermé sur le monde professionnel. Avec des ateliers de ce type, nous pourrions lui donner une assise un peu plus populaire. D’autant plus que la période technologique dans laquelle nous vivons est propice à cette appropriation”.

La sortie du long-métrage Xora est quant à elle prévue pour le printemps 2012.

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