RSS
Hasiera > Paperezkoa > Sports

Sports - Rugby

Galthié-Béchu, la plus-value de Montpellier

14/05/2011

Les entraîneurs Fabien Galthié et Eric Béchu, en poste depuis cet été seulement, ont associé leurs compétences pour exploiter la matière brute de Montpellier et projeter le club pour la première fois de son histoire en phase finale du Top 14, aujourd’hui (15h25, Canal +) à Castres en match de barrage.

“L’an passé, il y avait déjà un potentiel dans cette équipe que l’on exprime mieux aujourd’hui”, résume ainsi le capitaine Fulgence Ouedraogo. Ces deux fortes personnalités referment également la parenthèse désastreuse de l’éphémère présidence de Philippe Deffins (décembre 2007 - janvier 2008) et de la crise de pouvoir perpétuelle qui a suivi.

Par leur crédit, leur charisme et la réussite sportive, ils ont restauré une stabilité à tous les étages dans un club miné par les rivalités intestines et menacé d’immobilisme. Et leur réussite éclaire à nouveau l’horizon du MHRC, doté de structures enviées et qualifié pour la première fois de son histoire en Coupe d’Europe.

Passé commun à Colomiers

Lié par son passé commun à Colomiers, où Béchu entraîna le futur capitaine du XV de France Galthié, ce tandem a conjugué son savoir-faire pour le valider après une première expérience menée chacun de son côté. Le premier a exploré sa réflexion sur le jeu au Stade Français où pendant quatre ans (2004-2008) il a remporté un titre, disputé une finale de Coupe d’Europe auprès de joueurs confirmés.

Le second s’est façonné une image de dur à cuire au bout d’une longue expérience à Albi (1999-2010) qu’il a hissé en Top 14. “Il renvoie l’image de grosse brute qui râle au bord du terrain contre les arbitres et tout le monde.

On s’attendait à faire du combat, des chandelles. Quand il est arrivé, il voulait un jeu qui passe le moins possible par le sol. On se demandait si c’était le vrai Eric Béchu !”, rigole Ouedraogo, appréciant son “côté famille, proche des joueurs”.

Galthié, à l’exigence froide d’un cartésien du jeu, et Béchu, porteur de la tradition du rugby du sud-ouest, partagent un même goût pour le travail. Préparation de la saison dès juin, journée d’entraînement continue dès sept heures du matin, vidéo poussée à l’extrême, projet de jeu partagé avec les joueurs : ils imposent une discipline à un groupe désireux d’apprendre.

“En début de saison, j’avais l’impression de changer de club. Mis à part le cadre, tout était différent : le programme des entraînements, le plan de jeu, l’investissement des joueurs. On est reparti de zéro pour une nouvelle aventure. Notre réussite actuelle récompense ce travail”, relève Julien Tomas, l’un des trois internationaux.

Affranchi de l’histoire du club, Galthié et Béchu ont aussi cassé certains statuts, écartant plusieurs anciens joueurs (Macurdy, Petit, Kuzbik, Vallée), impliqués dans la montée en 2003 et titulaires jusque-là. A l’inverse, ils ont privilégié les jeunes issus du centre de formation : Bérard, De Marco, Gimeno.

Et ont renforcé la stature des jeunes internationaux (Ouedraogo, Trinh-Duc et Tomas) tout en les protégeant de l’environnement. “Ils apportent leur expérience à une équipe qui est plutôt jeune. Ils prennent surtout la pression médiatique sur eux. Par le passé, elle pesait sur Julien, François et moi”, explique Ouedraogo. A l’approche du dernier match face à Toulon, Galthié a ainsi détourné l’enjeu dans un duel médiatique à distance avec le président Mourad Boudjellal. Même sur ce terrain-là, il a gagné…

inprimatu