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Sujet à la une

L’indépendance, point de mire de la majorité des partis abertzale

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26/04/2011

Goizeder TABERNA

Nafarroaren Eguna a apporté un accent particulier à l’Aberri Eguna cette année. Elle a été un prétexte supplémentaire pour que les partis abertzale ne trouvent pas de terrain d’entente dans l’organisation de cette journée (voir, par ailleurs, l’encadré), mais elle a surtout renforcé le symbole de cette nation qui a perdu sa reconnaissance en 1 512, lors de la conquête de la Navarre par les Castillans. Les abertzale réunis à Baigorri dimanche, en “connexion” avec ceux de Gernika, se sont lancés à la “reconquête” de l’indépendance.

L’un en Basse-Navarre, l’autre en Biscaye, les deux célébrations étaient reliés par téléphone. Du moins au début. La liaison étant défaillante, les représentants d’Independentistak ont finalement lu le même texte, chacun de leur côté.

“Dans cette période d’espoir voici notre revendication : le feu vert à l’indépendance ! À la démocratie”, a lancé Ixabel Etxeberria, la représentante du réseau Independentistak. Ce mouvement réunissant les défenseurs de l’indépendance du Pays Basque depuis maintenant un an, a renouvelé cette année encore la question aux Etats français et espagnols : “Êtes-vous prêts à respecter la décision prise librement par les Basques, quelle qu’elle soit, même celle de l’indépendance ?”

Avant d’entreprendre la marche vers l’indépendance, des étapes restent à franchir, tout de même. “Tous ensemble” mais chacun à son tempo, a précisé Battitt Amestoy. “Nous voulons vivre à notre façon, libres, en euskara, attachés à notre culture, protégeant notre terre, développant notre économie”, a déclaré l’élu uztariztar. “Nous devons décider nous-mêmes quel sera notre avenir”.

Il a aussi été question du passé, à Baigorri, car l’Aberri Eguna représente la journée de cet Etat dont disposait le royaume de Navarre jusqu’à il y a 499 ans. “Des terres basques avaient également été conquises auparavant. Ces conquêtes n’ont pas cessé”, selon les porte-parole d’Independentistak. Le mouvement au drapeau vert a lancé l’invitation pour l’année prochaine : l’Aberri Eguna sera célébrée à Iruñea, pour le 500e anniversaire de la conquête de la Navarre.

Devant l’estrade, au milieu d’un champ comble où le vert des foulards dominait, se trouvaient de nombreux représentants politiques qui ces derniers mois se sont retrouvés dans des dynamiques communes que ce soit vis-à-vis des Etats français et espagnol, vis-à-vis de la société basque ou en vue de diverses élections. Les représentants de Bildu, Bakartxo Ruiz et Martin Garitano, les membres de la gauche abertzale Santi Kiroga et Iñigo Iruin et ceux de Batasuna, Xabi Larralde et Maite Goienetxe se sont joints aux responsables d’Eusko Alkartasuna (EA), Maiorga Ramirez et Koldo Amezketa. Le champ de Gaztainerreka a même accueilli des militants dont les partis n’étaient pas officiellement présents.

“Aberri Eguna de la division”

“Nous ne voulons pas de concurrence entre les abertzale” ont souligné les représentants d’Independentistak, “on peut unir nos forces sans que personne perde son identité”. Mais ce jour n’est pas encore arrivé. Les célébrations de dimanche “représentent l’Aberri Eguna de la division” a constaté Txarli Prieto, le secrétaire général arabar du Parti Socialiste Basque.

Présents lors de la prise de parole de Basaizea, dans le cadre du programme du Nafarroaren Eguna, les représentants d’Aralar ont appelé “à la convergence des stratégies des abertzale”. Elle trouverait son origine dans un “accord” entre abertzale, dans un contexte “d’absence totale de violence, pour que le peuple décide librement”.

À chacun son tempo, a chacun sa partition, le PNV a choisi celle des élections, pour l’Aberri Eguna qu’il a célébré à Bilbo. Le président du PNV, Iñigo Urkullu, a appelé à “une grande mobilisation” des nationalistes pour en finir avec le “pacte PSE-PP”, lors des élections du 22 mai. Le rendez-vous électoral des municipalités, des diputations forales et de la Communauté forale de Navarre a marqué le discours d’Iñigo Urkullu, selon les comptes rendus réalisés par les différents médias.

PNV : D’une élection à l’autre

Le “bloc constitutionnaliste” est, selon lui, conscient qu’une forte participation à ces élections lui serait néfaste, à la tête du gouvernement de Gasteiz. “Nous sommes le Parti nationaliste basque. Nous sommes engagés, nous revendiquons nos droits et nous accomplissons nos obligations”, a déclaré celui qui saute d’une élection à l’autre, puisque celle du Parlement de Gasteiz est prévue, en principe, en 2 013.

Marqué par le décès d’un de ses représentants avant le lancement des célébrations, quelques dizaines de militants d’Hamaikabat se sont réunis à Donostia, dimanche. En effet, la mort subite de José Manuel Uribarri, membre de l’exécutif et ancien conseiller municipal d’EA de Bilbo a raccourci le programme. Le dirigeant du parti, Iñaki Galdos, a simplement lu un texte, dans lequel il a pris comme exemple le parcours de l’ancien Lehendakari Jose Antonio Agirre et celui de l’abertzale navarrais Manuel de Irujo. Il a retenu l’idée de “nationalisme intégrateur” qu’il rattache à l’état d’esprit de son parti.

 

Abertzale, euskaldun, Navarrais, tous étaient invités à Nafarroaren Eguna, sauf la pluie…

Symbole une année encore de la Navarre unie, Baigorri n’a pas pour autant rassemblé tous les Navarrais. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. “Les abertzale de toutes les couleurs, les euskaldun et les Navarrais” étaient bien invités par les organisateurs de Nafarroaren Eguna, l’association Basaizea, dimanche. Mais dans l’espace qui leur était réservé sur l’estrade, aucun parti. Au grand regret de Peio Juantorena, représentant de Basaizea. Ou tous, ou personne, telle était la règle.

Dans le discours qu’il a lu sur la place du village, il a déclaré qu’il est “l’heure d’arriver à un minimum de solidarité”, l’heure “de travailler pour le peuple”. Les partis qui n’ont pas accepté de monter sur l’estrade “parce qu’ils n’allaient pas être sur le devant de la scène”, Basaizea considère qu’ils n’ont “tourné la clé que d’un tour, au acs où quelqu’un voudrait ouvrir la porte”.

Malgré cela, Nafarroaren Eguna a aussi été l’Aberri Eguna, cette année, “parce que le peuple l’a voulu ainsi”, a insisté Peio Juantorena. Ainsi, invité par l’association, le réseau Independentistak a pu célébrer la fête de la nation, dans un champ, en périphérie du bourg, à Gaztainerreka.

Les deux célébrations ont cohabité, dans la joie et la bonne humeur, malgré la pluie. Elle ne faisait pas partie des invités ; elle est pourtant apparue en début d’après-midi, une fois le meeting d’Independentistak fini et s’est mêlée à la fête à plusieurs reprises jusque dans la soirée.

Cela n’a pas empêché les participants de célébrer la journée de la Navarre, abrités sous les chapiteaux, les balcons ou les abris de fortune. Joaldun, Gaitero de différentes vallées, géants de Baigorri, Amikuze et Txantrea, danseurs de Garaztarrak et d’Otxagabia, txaranga de Barañain, txistulari et irrintzi de Karmele, le spectacle était aussi vivant qu’à l’habitude. Bien qu’ils aient dû mettre les points sur les “i” avec les partis, les organisateurs ont apprécié “l’esprit d’union” qui s’est emparé de l’acte du midi. Particularité de cette année, les animations de midi qui se déroulent d’habitude devant l’église, ont été déplacées au fronton principal, en raison des célébrations pascales.

En début d’après-midi, la pluie a pris au dépourvu la manifestation en défense des prisonniers basques qui s’est lancée dans les rues de Baigorri, à la fin de la prise de parole d’Independentistak. Malgré le mauvais temps, les concerts de Gaztainerreka ont été maintenus. Il n’a pas pu être ainsi pour le spectacle de l’après-midi et les animations prévues à la zone dite “Isla”, près de l’église et “Plaza xoko”.

Nafarroaren Eguna aura tout de même connu une grande affluence cette année et les organisateurs en sont satisfaits. Ils se préparent, maintenant, à passer le relais à une nouvelle génération après avoir organisé cette fête pendant plus de dix ans.

 

ETA travaille en faveur “d’une solution démocratique”

ETA est intervenu à deux reprises, entre dimanche et hier. Les deux communiqués sont parus dans les pages du quotidien Gara.

Dans le second communiqué, ETA a réaffirmé le cessez-le-feu entamé le 10 janvier dernier. Il a déclaré “travailler en faveur de la création de conditions propices à une solution démocratique définitive et à la fin de la confrontation armée”. La veille, l’organisation armée considérait que ces derniers mois “nous sommes en train d’ouvrir une nouvelle ère”. “A la base des mesures qui ont été prises, il y a le défi de passer du stade où la porte de la liberté est ouverte à celui où on la franchit”, écrivait ETA. Le groupe appelle au “passage de la situation d’oppression actuelle à un Etat démocratique fondé sur la territorialité de la nation basque et le droit de décider”,  l’organisation poursuit“L’indépendance, la création d’un Etat basque, est la seule option pour parvenir à une totale liberté”, mais “la route sera difficile, longue et dure”, ajoute-t-elle.

Concernant les échanges de tir survenus dans la Creuse, le 9 avril entre des membres d’ETA et la Gendarmerie, dans le texte paru hier, l’organisation estime que l’incident “est le résultat de la répression aveugle des Etats français et espagnols”, ainsi qu’un “nouveau maillon dans la chaîne des graves événements survenus ces dernières semaines”.

“Ignorant la volonté d’ETA et les désirs de la société basque, les gouvernements français et espagnols et leurs forces armées, qui harcèlent, détiennent, torturent et emprisonnent les Basques, portent l’entière responsabilité de ce qui est advenu”, indique encore ETA.

Pour le président du PNV, Iñigo Urkullu, les dernières interventions de l’organisation n’apportent aucune nouveauté. Selon lui, elles se situent dans un calendrier “préélectoral”. Le Parti Socialiste d’Euskadi attend toujours “l’abandon définitif des armes”. Le Parti Populaire n’y voit aucun changement. Et Eusko Alkartasuna demande à ETA de ne pas s’immiscer dans la sphère politique. Enfin, Aralar rend ETA “unique responsable de ses actes”.

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