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Pays Basque

Bildu signe contre l'usage de la violence

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15/04/2011

Béatrice MOLLE

Bildu, la coalition regroupant EA, Alternatiba et des militants indépendants de la gauche abertzale, annonce que chaque candidat de ses listes pour les prochaines élections forales et municipales du 22 mai devra signer un engagement s'opposant par tous moyens légitimement en son pouvoir à toute violation des droits humains et à l'usage de la violence. Il s'agit en fait d'un décalogue préparé par la coalition. Par ailleurs, Bildu a dénoncé lors d'une conférence de presse les propos du gouvernement espagnol menaçant «de contester et pourchasser les listes de Bildu», tout en demandant aux autres partis politiques de se solidariser et de répondre à ces menaces. Dans ce décalogue, apparaissent des engagements quant à la pratique politique et institutionnelle avec une nécessaire transparence. Hier, Bildu a présenté ses listes aux juntas de Bizkaia et à la mairie de Bilbo.

Des déclarations inquiétantes

Dans un contexte où plusieurs membres du gouvernement espagnol, ainsi que le procureur général ont déclaré publiquement que Bidu est l'héritière de partis illégalisés, le point 9 de ce décalogue retient particulièrement l'attention : «Un engagement ferme pour agir en utilisant uniquement et exclusivement des voies et des méthodes politiques, pacifiques et démocratiques». Peio Urizar (EA), Oskar Matute (Alternatiba) et Itziar Amestoy (indépendante), dirigeants de Bildu, ont aussi dénoncé «la pression exercée à l'encontre de Bildu. C'est absolument impensable dans une démocratie européenne. Une fois de plus, le gouvernement espagnol essaie par le biais de ses institutions judiciaires de conditionner ces élections, afin d'empêcher l'accès aux institutions à une option absolument démocratique. Nous, les indépendantistes de gauche, sommes menacés dans l'exercice de nos droits politiques». Les représentants de Bildu ont assuré être sûrs de pouvoir se présenter à ces élections, et au cas où cela ne serait pas le cas, ils estiment que la situation serait d'une «gravité extrême». Ils appellent les autres dirigeants des formations politiques à manifester leur solidarité. Ils ont aussi tenu à souligner leur désir de dialogue entre des cultures politiques différentes, Bildu étant le fruit d'une association entre des groupes politiques divers. Concernant le cessez-le-feu d'ETA, Bildu a souligné que le passage «d'un scénario de violence à celui de non-violence est semé d'obstacles et nécessite un grand travail». Ils souhaitent que le groupe international de contact «commence à travailler de manière effective, à la vérification du désarmement».

Demande de Sortu rejetée

Par ailleurs, on apprenait hier soir que le Tribunal suprême avait rejeté à l'unanimité l'incident de nullité présenté par Sortu. Il s'agissait de suspendre l'exécution de la décision de rejet d'inscription au registre des partis politiques tant que la décision n'est pas définitive. Car selon les avocats de Sortu, si ce parti est légalisé après les élections forales et municipales du prochain 22 mai, les dommages seraient irréparables.

Par contre, si la décision définitive d'illégalisation de Sortu survenait après les élections, il existerait des mécanismes légaux pour retirer les charges électives aux candidats élus issus des listes de Sortu. Hier, la composition du Tribunal suprême était identique à celle qui avait prononcé l'interdiction de l'inscription au registre des partis politiques et qui avait soulevé de nombreuses réactions, le 24 mars dernier.

 

Une véritable chasse aux sorcières

L’association des avocats Eskubidea a dénoncé l’existence de bases de données “clandestines et illégales” contenant des renseignements sur des milliers de personnes en relation avec la gauche aberztale. Car nul besoin d’avoir un casier judiciaire pour être jugé comme un “candidat contaminé” et donc passible d’interdiction de se présenter aux élections. Le fait par exemple d’avoir été assesseur pour Batasuna ou Euskal Herritarrok, durant des élections autorisées, de rendre visite à des prisonniers d’ETA, d’avoir signé pour des candidatures passées, et légales, suffit. C’est pour cela que l’association des avocats a remis un courrier aux juntas electorales du Pays Basque Sud, leur enjoignant de ne pas communiquer de données sur des personnes ayant participé sous quelque forme que ce soit à des élections antérieures. On le voit, être candidat au Pays Basque Sud est un vrai parcours du combattant.

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