Culture
Donostia et Biarritz main dans la main

17/03/2011
Carole SUHAS
Le soutien de Biarritz à Donostia, possible capitale européenne de la culture en 2016, a été officialisé. En lice avec cinq autres villes finalistes, Saragosse, Cordoue, Burgos, Ségovie et les Canaries, Donostia est la seule à avoir une spécificité transfrontalière, et sa collaboration avec Biarritz ne fait qu'accentuer cet atout.
L'atout biarrot
Ainsi, Didier Borotra et Odon Elorza, respectivement maires de Biarritz et de Donostia, ont signé hier une convention cadre de collaboration qui unit les deux villes sur le plan culturel.
Les maires, qui le sont tous deux depuis vingt ans, ont insisté sur le caractère transfrontalier de cette candidature et sur l'engagement total des communes voisines. Dans ce cadre, Biarritz «apportera son originalité à la candidature de Saint-Sébastien, avec ses équipements très performants et sa vie culturelle très active», estime le maire de la dite ville. De plus, les deux municipalités s'engagent sur une orientation nouvelle et commune : l'engagement par rapport à l'océan.
En effet, Didier Borotra a expliqué que la Cité de l'océan (initialement Cité du surf) et le nouvel aquarium, ou Musée de la mer, s'inscrivaient dans une volonté de connaissance et de protection de l'océan, ce à quoi Odon Elorza s'est empressé d'acquiescer. L'océan est donc un thème majeur de cette candidature intitulée Vagues d'énergie citoyenne, culture pour la cohabitation, et les infrastructures biarrotes indispensables à cette promotion.
Le maire de Donostia précise que «l'appui de Biarritz inclut la participation des programmes de Biarritz tels que les grands festivals qu'elle accueille : le festival d'Amérique latine, le Temps d'aimer la danse ou encore le Festival international des programmes audiovisuels».
Avec les équipements et infrastructures des deux villes, à savoir les aéroports, les salles de spectacles, mais aussi leurs plages attrayantes, la candidature de Donostia mise aussi sur la perspective européenne interculturelle. Les deux villes ont en effet vocation à s'ouvrir au reste de l'Europe en «tissant des liens de convergence européenne», selon l'expression employée par Odon Elorza.
Et l'euskara dans tout ça ?
A la question de la place de l'euskara dans cette collaboration et ces programmes communs, la chargée du dossier de candidature, Marisol Garmendia, a répondu que la communauté avait «deux langues, le français et l'espagnol, et [que] l'euskara, au même titre que les autres langues, [était] créateur de lien dans le projet. L'euskara doit être aidé pour que tout le monde puisse le comprendre, voire le parler, et il ne doit pas être un objet de conflit».
Elle a ensuite insisté sur l'aspect plurilinguiste de cette collaboration, et sur le soutien apporté également aux autres langues, afin d'inscrire Donostia dans une Europe qui soit riche linguistiquement.
Ce à quoi Didier Borotra a ajouté que la mairie biarrote travaillait activement pour l'euskara, et a cité l'exemple de l'arrivée prochaine du premier lycée bilingue à Biarritz et ajoute que l'euskara est un «vrai moyen d'expression à Biarritz». Les deux villes travailleront donc conjointement sur cette question.
Une culture pour tous ?
La candidature de Donostia est donc portée sur la créativité artistique et, comme l'explique Marisol Garmendia, «c'est une candidature participative».
Des exemples de collaboration peuvent déjà être mis en avant, la semaine passée par exemple, le Ballet Malaindain est venu présenter sa dernière création au Kursaal, accompagné de l'Orchestre symphonique d'Euskadi qui jouait la partition de Tchaikovsky. De la même façon, le BIG Festival, festival international de musiques actuelles, illustrera cette année la convention passée avec Donostia.
Odon Elorza parle d'une «culture accessible à tous, qui n'est pas élitiste», sans aborder néanmoins la question d'une réelle vulgarisation de cette culture. Il promet des prix raisonnables et accessibles aux jeunes pour tous les programmes de la coopération Biarritz-Donostia. Marisol Garmendia ajoute que «la majeure partie de la population pourra participer à ces projets communs. Cette collaboration entre nos deux villes nous permet de nous unir, de nous connaître et d'échanger, ce qui est primordial».







