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L'opinion - Tribune Libre

Lettre ouverte d'Aiala Zaldibar Alvarado (Transmis par Askatasuna)

19/02/2011

Jeune de Gasteiz (Araba) arrêtée le 18 janvier par la police française et dont le mandat d'arrêt européen a été accepté par le tribunal de Pau le 1er février dernier. Elle est en attente de la décision de la Cour de cassation qui devrait être connue dans les jours qui viennent. Cela fait déjà quatre mois que nous avons été obligés de partir de chez nous. Le 22 octobre, des policiers espagnols armés jusqu'aux dents sont entrés dans nos maisons et ont arrêté 14 jeunes. Presque tous ont subi des tortures et ont été incarcérés. En revanche, ils ne nous ont pas trouvés moi et sept autres jeunes, et nous avons réussi à échapper à leurs griffes. Depuis, j'ai continué à mener une vie publique comme je le faisais à Gasteiz. Pourtant c'est la police française qui m'a arrêtée le 18 janvier. J'ai été remise en liberté sous contrôle judiciaire après être passée au tribunal de Pau. Le 1er février dernier, le tribunal a accepté le mandat d'arrêt européen émis contre moi, je suis donc en attente de son application. Ma situation n'est pas nouvelle pour les jeunes d'Euskal Herria. Depuis un an et demi, nous sommes plus de 80 jeunes de Segi à avoir été arrêtés ou à avoir dû fuir de chez nous. Mais qui sont ces jeunes, qui sommes-nous ? Pourquoi les gouvernements espagnol et français nous frappent-ils ainsi ? Ils disent que nous sommes des terroristes, et avec ce simple mot nous risquons 14 ans de prison. Sur quelles preuves basent-ils ces accusations ? Sur des preuves très lourdes : des tee-shirts, des autocollants, du travail dans des buvettes, des participations à des marches en montagne... Où est la terreur ? Qu'est-ce qui sème la peur dans la population ? Nous ne semons pas la peur dans la population, ce sont les autorités espagnoles et françaises qui le font. Ce ne sont pas les tee-shirts, les autocollants, les buvettes, les marches en montagne... C'est la volonté de s'organiser et de lutter qu'il y a derrière qui leur font peur. C'est la détermination de la jeunesse basque qui leur fait peur. C'est le fait qu'une génération entière pense que l'indépendance et le socialisme sont le seul avenir possible pour notre peuple qui leur fait peur. Et c'est pour cela qu'ils nous frappent, parce que la jeunesse est le présent et l'avenir, et parce que la jeunesse est une pièce indispensable dans le chemin vers le processus démocratique que la gauche abertzale veut construire. Avec nos arrestations, c'est toute la jeunesse indépendantiste qu'ils veulent annihiler et de la même façon affaiblir, entraver et faire plier l'initiative de la gauche abertzale. Face au désir de paix et de résolution de ce peuple, ce sont les Etats qui ont durci et intensifié les attaques. Chaque semaine, nous devons voir des arrestations, entendre des témoignages de torture, assister à de nouvelles incarcérations. Ce sont eux les terroristes, qui veulent en finir avec un peuple entier. Nous subissons ces attaques dans l'ensemble d'Euskal Herria, parce qu'ils savent bien que la gauche abertzale mènera ce peuple à l'indépendance. Les autorités françaises et espagnoles travaillent main dans la main contre la gauche abertzale. Nous en avons un exemple évident avec l'application systématique du mandat d'arrêt européen que des dizaines de citoyens basques ont déjà subie. Un des derniers cas est celui de la jeune Souletine Aurore Martin. Que ces lignes portent vers elle un salut chaleureux et révolutionnaire. Aurore, comme nous, subit les conséquences du travail en commun des justices française et espagnole. Parce que nous sommes des militants politiques, parce que nous travaillons pour un projet concret, nous devrons subir un mandat d'arrêt européen demandé par l'Espagne et accepté par la France. L'Etat français ne peut pas agir avec ces mandats d'arrêt européens comme s'il n'avait rien à voir avec tout ça. La France utilise l'Espagne pour attaquer les indépendantistes du Labourd, de Basse-Navarre et de Soule. En appliquant le mandat d'arrêt européen, elle veut en finir avec un mouvement de plus en plus vivant et fort qui la gêne, cela sans se salir les mains. Et elle veut, en plus, expulser les Basques des autres provinces parce que nous aussi nous la gênons. Alors que nous continuons à vivre dans notre pays, les deux Etats oppresseurs qui se prennent pour des démocraties jouent avec nos vies, nous emmenant d'un côté ou de l'autre. En ce moment politique spécial pour Euskal Herria, les autorités françaises et espagnoles ne peuvent pas continuer de regarder de l'autre côté. Elles doivent en finir avec la répression incessante contre les militants indépendantistes et jouer leur rôle dans la voie de la résolution du conflit. Elles doivent en finir avec la répression contre la gauche abertzale et garantir la possibilité pour toutes les idéologies politiques de se défendre.

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