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Pays Basque

Les "Mutez-nous" sont-elles en train d'avoir gain de cause auprès du ministère ?

10/02/2011

Carole SUHAS

Du nouveau dans l'affaire des «Mutez-nous», ces enseignantes mères de famille qui voyaient leur mutation constamment refusée ou repoussée et qui vivaient par conséquent coupées de leur famille. Après une semaine de campement devant le rectorat de Bordeaux et l'écho qu'en ont fait les médias, il semblerait que la situation évolue.

Reçues lundi par l'inspection académique, Valérie Motti, Angloye mère de deux enfants, initiatrice du mouvement de contestation, et Elsa Basdevant, habitante de Tarnos, ont obtenu leur mutation à Hagetmau pour la première et à Aire-sur-l'Adour pour la deuxième. Bien qu'elles soient encore à plus d'une centaine de kilomètres de leur domicile, ces mères de familles s'estiment enfin entendues, et soulagées. Cette intégration, estime Valérie Motti, «redonne un peu d'espoir à toutes et tous les enseignants qui vivent la même situation».

Ceci étant, la décision subite de replacer ces mères de famille et d'accéder à leur requête en plein milieu d'année, questionne la volonté ministérielle de changer cet état de fait. Le gouvernement avait insisté sur le fait qu'aucune intégration ne serait réalisée avant septembre 2011, mais la médiatisation inattendue de ce bras de fer, doublée d'un état critique des effectifs enseignants dans les Landes semblent avoir motivé un changement rapide.

En effet, en ce moment dans les Landes, 46 classes se trouvent sans enseignant, du fait des suppressions de poste et de la diminution de moitié des postes remplacés.

Si Valérie et Elsa ne peuvent que se réjouir de leur mutation qui leur permet enfin de prétendre à une vie de famille, elles sont, comme leurs confrères, totalement conscientes de l'aberration du système.

C'est un ordinateur qui gère les mutations, en fonction du nombre de points cumulés par chaque postulant. Seulement, la distance ainsi que la vie de famille ne sont pas prises en compte, et si les mères (ou pères) enseignant(e)s préfèrent mettre leur emploi entre parenthèses pour suivre leur famille, ils se voient pénalisés dans leur cumul de points. Ce qui explique qu'une enseignante en région Rhônes-Alpes, jeune mère de deux enfants, puisse travailler à plus de 900 kilomètres de chez elle.

La date butoir du 14 mars a été fixée, date d'une nouvelle distribution des mutations, et chacune des 48 membres du collectif saura alors si elle pourra ou non concilier vie de famille et travail. Et si la mobilisation continuera ou non.

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