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Pays Basque

AURORE MARTIN, CANDIDATE AUX CANTONALES A TARDETS

Dans une lettre adressée au Journal du Pays Basque, la militante abertzale recherchée par la police française annonce sa candidature aux élections cantonales de mars prochain dans le canton de Tardets.

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21/01/2011

Aurore Martin / Militante abertzale

J'ai été sollicitée par les militants du groupe Euskal Herria Bai du canton de Tardets pour être candidate aux élections cantonales de mars prochain. C'est avec une certaine fierté, en tant que Xiberotar et militante abertzale de gauche, que j'ai reçu cette proposition. C'est avec un grand plaisir que j'ai accepté d'être suppléante dans ce canton et de défendre le projet d'EH Bai.

Merci aux Xiberotar de m'avoir contactée et proposé cette candidature. Elle est très importante car elle me permet de continuer à exercer mon activité politique, et surtout de mettre en exergue le déficit démocratique que connaît le Pays Basque. Je suis une candidate suppléante aux élections cantonales qui est obligée de se cacher car il m'est de fait interdit d'exercer mon activité politique. En dehors du Pays Basque, nulle part ailleurs en Europe une telle situation n'existe.

Je suis heureuse de voir que la quasi-totalité de la classe politique du Pays Basque a su réagir face au MAE, face à la volonté de l'Etat français d'empêcher Batasuna de défendre son projet politique. Jamais une situation liée au conflit politique basque n'a fédéré autant de monde, nous avons su réagir en tant que pays, nous avons su montrer une force et une direction commune. A nous de savoir maintenant le faire sur d'autres sujets, pas seulement sur une des conséquences de ce conflit mais sur ses origines politiques. Un conflit que les Etats français et espagnol aimeraient voir perdurer encore des décennies. Au lendemain du cessez-le-feu d'ETA et face à l'engagement de plus en plus de forces politiques en faveur d'un processus démocratique, voilà leur seule réponse : REPRESSION, 12 arrestations cette semaine et 2 la semaine dernière. Face à cela, seul le peuple basque, dans toute sa diversité, pourra faire en sorte que ce processus démocratique puisse être mené à terme. Le chemin sera difficile et parsemé d'embûches que nous devrons surmonter seuls. Le train est en marche, à nous de le faire aller là où nous le souhaitons, c'est de notre responsabilité.

Depuis des décennies, les abertzale avons démontré notre engagement en faveur de ce pays. Nous avons créé des outils qui permettent aujourd'hui au Pays Basque de continuer à exister en tant que tel ; nous nous sommes opposés et nous opposons aux projets destructeurs tels que la 2x2 voies ou encore la LGV ; nous dynamisons et rendons incontournables les grands débats politiques de ce pays tels que la reconnaissance institutionnelle ou la question du logement ; nous sommes présents dans les débats locaux, dans les mairies, dans les diverses associations locales... Nous sommes l'alternative de ce pays, la seule. Nous voulons avoir les moyens de vivre, travailler et décider au Pays Basque.

Nous n'avons pas grand-chose à attendre de ce département, quelle que soit la majorité qui le composera le 27 mars prochain, les miettes que Paris, Bordeaux et Pau nous donnent ne suffiront pas à calmer la soif de liberté à laquelle nous aspirons.

C'est pour toutes ces raisons que j'ai accepté cette candidature. De l'endroit où je me trouve, je vais faire tout mon possible pour participer à cette campagne électorale, je lance un appel à tous les abertzale de gauche à s'y impliquer activement. Le Pays Basque a besoin d'un acte politique fort.

 
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