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Sujet à la une

Stéphane Lemouneau est devenu "Lemuno"

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15/10/2010

Marc DUFRECHE

«Ils m'offrent une chance et je suis déjà content d'y être.» Stéphane Lemouneau (24 ans, droitier), qui a pris pour nom de kantxa Lemuno, ne boude pas son plaisir à quelques heures de sa première apparition dans un grand championnat un an seulement après avoir signé un premier contrat professionnel avec l'empresa Asgarce. Depuis quelques mois, le jeune homme touche des deux mains son rêve de toujours.

«Le dimanche après-midi, on se mettait devant la télévision pour voir les parties de pelote sur ETB. Je regardais et je me disais : `je veux faire ça plus tard'». Mais avant d'intégrer une empresa, le parcours est long. Celui de Stéphane Lemouneau a débuté dans la cour de récréation où il passait son temps à taper la pelote. «J'ai de suite vu qu'en prenant de l'élan on tapait plus fort que les autres», raconte-t-il. Rapidement il montre des dispositions intéressantes et comme le chemin n'est pas long jusqu'au fronton d'Urcuit, repère de l'Eskulari, Stéphane décide de s'y tester. «C'était en janvier 1994», il avait alors huit ans.

Il va ensuite gagner beaucoup de parties avec de nombreux titres de champion de France à la clé. Mais toujours en place libre ou en mur à gauche. Pas en trinquet, pourtant la place de référence des pilotari du Pays Basque Nord. Non, Stéphane Lemouneau a toujours gardé en tête de devenir un professionnel du mur à gauche.

Gravement brûlé

Un accident va cependant interrompre sa vie. En jouant avec des pétards, Stéphane se brûle sérieusement sur le torse, le dos et une partie du visage. Il lui faudra deux ans pour retrouver une liberté de mouvement totale. Il en garde depuis des stigmates visibles.

Au Pays Basque Nord, la référence du mur à gauche est Pampi Laduche. C'est avec l'Azkaindar, qu'il connaît depuis qu'il a neuf ans, que Stéphane décide de se lancer sérieusement pour faire ses premières armes à 17 ans sur la kantxa biarrote de Plaza Berri. Il s'entraîne et joue régulièrement. Il est toujours plus près de son rêve. Mais plus il s'y approche plus l'entonnoir rétréci et il est dur d'y accéder. Pour progresser encore, il faut se mesurer aux meilleurs. A son âge ils sont de l'autre côté de la Bidassoa. Il quitte son premier entraîneur et rejoint le club de Gure Txokoa de Bera. Il s'y entraîne sous les ordres de Luis Mari Retegi.

La dernière chance à 23 ans

Entre l'illusion d'avoir les moyens de devenir «pro» et la désillusion du discours de certains qui ne voient pas en lui un futur crac, Stéphane va attendre ses 23 ans pour connaître le tournant : une partie qu'il pensait «être la dernière» avant de prendre une autre route en cas de défaite.

Il raconte : «le déclic est arrivé lors du tournoi du Diario Vasco (ndlr tournoi d'espoirs, le tremplin vers le professionnalisme). J'avais 23 ans, je commençais à me faire vieux. Ce premier tour qui se jouait sur un fronton dans la Rioja je le prenais un peu comme ma dernière partie, ma dernière chance. Je perdais 7-1 et je me suis vraiment énervé. Je me suis dit : `qu'est-ce que tu fais?'. J'ai alors joué avec le coeur, le public était debout et j'ai fini par gagner. Ce jour-là, il y avait un recruteur de chez Asegarce dans les tribunes et 15 jours après j'ai reçu un coup de fil.»

Ça y est, il y est arrivé. Ou presque. Car même à l'intérieur de l'antre Asegarce tout n'est pas simple. L'exigence du très haut niveau. Au milieu de la batterie de tests médicaux et sportifs qu'il passe au tout début, Stéphane voit les responsables de l'empresa lui adresser un avertissement : «Ils m'ont dit qu'ils me trouvaient fatigué, hors forme. Ils m'ont donné trois semaines avec un préparateur physique pour me mettre au point».

Asegarce ne le fait pas signer de contrat. L'empresa l'observe, le teste dans des parties en interne. Tête-à-tête, quatre et de demi, deux à deux, Stéphane Lemouneau, qui ne va plus tarder à devenir Lemuno, se frotte aux autres pros de l'empresa Olaizola II, Bengoetxea, Patxi Ruiz, Olaizola I... Techniquement, il tient la route son seul petit souci est d'ordre culturel. Stéphane a beau être né en Colombie, l'espagnol est pour lui une langue étrangère. Il a été adopté à l'âge de six mois par ses parents qui vivaient à Urcuit (ils y vivent toujours). «Quand tu es le dernier à arriver dans le vestiaire et que tu te fais chambrer, tu fais tout pour apprendre vite.»

Il apprend la stratégie

Et ses progrès sont rapides pour s'intégrer. Un détail qu'apprécie d'ailleurs l'empresa Asegarce qui y voit la volonté de réussir du jeune pilotari. Pour le reste, il poursuit sa progression. Les deux domaines dans lesquels il apprend le plus au contact de l'empresa, c'est le physique et la stratégie. Ce dernier aspect du jeu devient même le dada de Stéphane : «Sur un fronton on est tous pareils, alors il faut bien trouver quelque chose pour faire la différence.» Il se montre très à l'aise lorsqu'il est seul sur la kantxa. Un peu moins lorsqu'il est en équipe et qu'il évolue devant. Stéphane confirme : «Mon rêve c'est le tête-à-tête, c'est là où je suis le plus à l'aise et les plus gros progrès que j'ai à faire c'est dans le deux à deux».

De suite dans le grand bain

Le vrai départ chez les pros, Stéphane le fait le 27 avril 2010. Il a le papier, c'est un contrat de deux ans. Seulement six jours plus tard, un lundi soir, sur la kantxa de Tolosa, Stéphane Lemouneau va pour la première fois revêtir son maillot au dos duquel est inscrit le nom qu'il a choisi, «Lemuno». Preuve qu'il a impressionné en interne chez Asegarce, cette première partie est aussi celle d'une compétition officielle, le championnat «Promocion» de tête-à-tête. Une confiance faite à un néo-pro, rare dans une empresa. Il perd 22-21 face à Aritz Lasa. Mais l'essentiel est ailleurs, car il joue désormais avec les grands et il est toujours en course pour atteindre son plus grand rêve : «remporter un jour le manomanista».

Lasa chez lui à Urretxu face à Lemuno

Lemuno joue ce soir (22h30 sur ETB) en seizième de finale du championnat professionnel 4,5 (demi-fronton) dont le tenant du titre est l'azkaindar Sébastien Gonzalez. Cette partie face à Aritz Lasa est éliminatoire.

Le jeune pilotari croit en ses chances de qualification, mais il sait qu'il n'est pas favori en jouant la partie «chez» Lasa, dans son fronton d'Urretxu (Gipuzkoa).

Mercredi les deux pilotari se sont retrouvés pour le choix des pelotes. Un choix satisfaisant pour Lemuno : «C'est bien il y a de tout comme pelote. J'ai choisi des rapides, lui des plus lourdes un peu plus lentes». Le pilotari du Pays Basque Nord a profité du voyage à Urretxu pour faire connaissance avec un mur à gauche sur lequel il n'a jamais joué. «C'était important de taper quelques pelotes avant la partie de vendredi», a estimé Lemuno.

CALENDRIER CHAMPIONNAT PROFESSIONNEL 4,5

16e de finale

Vendredi 15 octobre: Aritz Lasa contre Stéphane Lemuno à Urretxu.

Samedi 16 octobre: Olaizola I contre Diaz à Gernika.

Samedi 16 octobre: Bengoetxea VI contre Beroiz à Pampelune.

Dimanche 17 octobre: Barriola contre Saralegi à Eibar.

Samedi 23 octobre: Patxi Ruiz contre Olaetxea à Pampelune.

Samedi 23 octobre: Berasaluze VIII contre Olazabal à Gernika.

24 octobre: Xala contre Arretxe II.

24 octobre: Zubieta contre Urrutikoetxea.

8e de finale

31 octobre: Les huit vainqueurs en 16e de finale se rencontreront lors des ces 8e de finale le week-end du 31 octobre.

Quarts de finale

7 novembre: Les têtes de série Gonzalez, Martinez de Irujo, Titin III et Retegi Bi affronteront les quatre vainqueurs des 8e de finale en quarts le week-end du 7 novembre.

«Liguilla» demi-finale

Du 14 au 28 novembre: les quatre vainqueurs des quarts de finale s'affrontent dans un mini-championnat du 14 au 28 novembre.

Finale

12 décembre: Les deux premiers du mini-championnat des demi-finales se rencontreront en finale pour le titre du 4,5 2010.

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