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Pays Basque

Euskara : le débat sur la loi linguistique est relancé

02/07/2010

Cyrielle BALERDI

Une politique linguistique qui s'appuie sur la volonté a des limites. Pour garantir ses droits, il faut une loi. C'est en tout cas la certitude exprimée par les différents acteurs du monde associatif et culturel de défense de la langue basque réunis hier sous la houlette d'Euskal Konfederazioa et Kontseilua, pour faire le point.

Un état des lieux parfois grinçant, coincé entre le constat d'une régression de la tolérance envers l'euskara, et l'appel à la concertation dans le cadre de la préparation de la proposition de loi qui devrait être présentée au Parlement en octobre.

«Malgré la promesse faite par le gouvernement d'offrir aux langues régionales un véritable cadre législatif, rien n'est venu. Il a fallu attendre les manifestations d'octobre pour que les députés, de tous bords confondus, replacent le débat au-devant de la scène» rappelle Sébastien Castet, d'Euskal Konfederazioa.

Après avoir interpellé le gouvernement sur cette question l'automne dernier, les députés ont finalement décidé remettre une proposition de loi en faveur de la reconnaissance d'un statut légal des langues «régionales» et l'instauration d'une «politique linguistique ambitieuse». Car au regard des réclamations émises, la modification de l'article 75 de la Constitution n'a eu aucun effet concernant la violation des lois linguistiques. L'euskara a perdu du champ, et sa visibilité a régressé en 2009 d'après Behatokia (Observatoire des droits linguistiques). Pour M. Castet, «des phénomènes très inquiétants sont apparus ces derniers mois», et «confirment la nécessité de l'adoption d'une loi». Entre autres points significatifs de cette fragilité de la langue vernaculaire, la remise en cause de domaines considérés jusque-là acquis.

Jakes Borthayrou, directeur d'Aek, relève notamment l'absence d'inscription en euskara dans la nouvelle signalétique installée dans le quartier Ametzondo de Saint-Pierre-d'Irube déclarés «provisoires» mais toujours bien présents depuis plus de six mois. Hur Gorostiaga, de Seaska, s'inquiète de son côté de voir l'hésitation du Rectorat à permettre le passage du brevet des collèges en euskara, pourtant permis depuis 1994. «Après les hésitations de cette année à laisser l'épreuve de mathématique en euskara, rien n'est plus garanti pour les années à venir» a-t-il regretté.

Réunis autour de la nécessité d'oeuvrer pour la construction d'une politique publique et d'un cadre législatif réglementaire, quelques insatisfactions filtrent cependant.

En cause, le manque de consultation des mouvements associatifs. Peio Jorajuria, responsable d'Ikas, regrette : «Les députés prennent en exemple l'Office Publique pour la Langue Basque, mais il y a des choses qui ne fonctionnent pas. La feuille de route pour 2012-2016 se fait sans la phase de concertation demandée. Une simple réunion nous est proposée à la rentrée. J'espère que les députés, lors du travail sur la proposition de loi, n'excluront pas eux aussi les acteurs de terrain.» La vigilance reste donc de mise.

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