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Pays Basque

La passerelle d'Holzarte, fermée pour travaux

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10/06/2010

C.B.

Depuis un mois, la passerelle d'Holzarte donne lieu à un drôle de spectacle. Bien que le passage soit interdit, on peut observer depuis la plateforme située à quelques mètres à peine du gave d'Olhabudi, les ouvriers, suspendus, chargés de la réhabilitation du lieu. Un chantier vertigineux, qui doit permettre de refaire passer le GR10 par la passerelle et le pont d'Olhadubi.

Construite en 1920 par les prolétaires italiens des usines Lombardi Morello de Tardets dans le but de créer un raccourci vers les ateliers de coupe, la «passerelle du vertige» avait déjà été rénovée en 2005 afin de renforcer sa sécurité. Mal en point, son plancher sera cependant emporté quelques années plus tard sur une quinzaine de mètres par la tempête Xynthia.

«Un coup du sort», pour une fermeture «déjà prévue» selon les propos recueillis alors, du Président du syndicat de Soule Jean-Pierre Mirande. C'est finalement début mai que les travaux ont débuté, pour une durée approximative de neuf semaines. Le charme vertigineux du ponceau laisse aujourd'hui place à un chantier impressionnant.

Héliportage

Et pour cause. Soixante-quatre mètres de long pour 1,3 m de large à réhabiliter, le tout suspendu au-dessus du vide, à 150 m du ruisseau. Deux compresseurs, un groupe électrogène et un bungalow ont déjà dû être héliportés, comme le sera d'ailleurs le plancher, pour permettre sa pose.

Globalement, les travaux devraient prendre en charge : la vérification des ancrages des câbles, le nettoyage des abords des piles de la passerelle, le remplacement des câbles porteurs, des traverses bois par des traverses en acier galvanisé (meilleure durabilité), mais aussi des élingues verticales, et enfin, la mise en place d'un garde-corps filet métallique.

Pour mener à bien ces projets, l'entreprise sous-traitante FafaGump de Lick-Athérey qui dirige les travaux a commencé par sécuriser le site. Les premiers essais concernant la solidité des câbles existants ont déjà permis de constater que les deux câbles sur pieds sur lesquels reposait le platelage étaient trop usés. Pour les haubans de tension et les câbles du haut, il faudra attendre les résultats des analyses en cours.

Mais d'aucuns espèrent qu'ils soient favorables. Le Conseil Général, bien sûr, qui prend à sa charge le montant des travaux s'élevant à 222 060 euros. Mais aussi une partie des commerçants alentours qui souffrent déjà de la perte de fréquentation du site annoncé «fermé» un peu partout, pile à l'arrivée des beaux jours (voir encadré).

Des commerçants mécontents

Si tout le monde s'accordait à dire que l'entretien de la passerelle laissait à désirer, le lancement des travaux à l'ouverture de la saison touristique fait gronder les mécontents.

Parmi eux, Dominique Quihilliry, propriétaire du gîte Logibar, qui s'est exprimé en ces termes lors d'une interview donnée à la radio Xiberoko Botza : «Aujourd'hui je suis très en colère ! Ce pont a été mis à l'abandon depuis une vingtaine d'années et on s'entend dire que s'il n'y avait pas eu la tempête, des réparations étaient prévues pour cet été ! La question que je me pose : est-ce qu'on veut des touristes en Soule ?»

Rappelant la désertion des vallées par leurs habitants, il y explique que le manque à gagner pour son commerce aujourd'hui est énorme, et s'étonne de la fermeture à cette saison d'un site classé parmi les Monuments Historiques. M. Quihilliry a tenu à rappeler que le pont n'était pas à lui, mais bien à la Soule, avant d'ajouter, «on n'est peut-être pas dignes d'avoir un site touristique aujourd'hui. Et ça n'est pas faute d'avoir un patrimoine... Nous sommes peu à vivre du tourisme en Soule, mais nous avons besoin de ça» a-t-il conclu.

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