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Sujet à la une

Les mesures du chef du gouvernement espagnol font grincer des dents à Gasteiz

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25/05/2010

Goizeder TABERNA

Sur fond de mobilisations sociales prévues aujourd'hui dans le secteur public, le président du gouvernement de la Communauté autonome basque (Cab) a rencontré les représentants des trois «députations» forales (équivalent des conseils généraux) et celui d'Eudel, association des communes d'Araba, Bizkaia et Gipuzkoa, afin d'étudier l'application locale des mesures annoncées par le Gouvernement central de J.L. Rordriguez Zapatero la semaine dernière. Si les participants se sont mis d'accord sur le fait que la situation du Pays Basque était différente de celle du reste de la Péninsule, ils n'ont pu résoudre les difficultés qui se posent pour adapter les mesures prises par Madrid.

Mesure phare et médiatisée de J.L. Zapatero, la baisse de 5 % des salaires des fonctionnaires est incontournable. Le décret paru dans le Bulletin Officiel de l'Etat espagnol hier exige que cette mesure soit «obligatoire dans toutes les administrations», comme l'a déploré le syndicat abertzale ELA. Effet d'annonce ou pas, le président d'Eudel, a pourtant affirmé que cette baisse serait «appliquée de manière différente».

Le gouvernement Navarrais, sans détour, a annoncé son application. Une obligation qui n'avait pas l'air d'être du goût des trois députés généraux d'Araba, Gizpuzkoa et Bizkaia. Ils auraient privilégié de préférence le gel des salaires du secteur public et non leur baisse.

Question de souveraineté

Néanmoins, le débat de fond dépasse celui des 5 %. Indicateurs moins alarmants pour la Cab, réalités économiques différentes, compétences délocalisées, volonté de plus de souveraineté, les raisons de cette résistance sont diverses. Les trois députés généraux ont regretté que le président de la Cab, Patxi Lopez, ait appliqué avec mimétisme les mesures dictées par Madrid, sans tenir compte de l'autonomie du gouvernement.

Le groupe de la gauche abertzale à la «Députation» de Bizkaia a demandé aux représentants de cette assemblée provinciale de «refuser les mesures antisociales du Gouvernement espagnol». Il considère que «la société basque ne doit pas payer les conséquences du système économique imposé par l'Etat».

La fiscalité pourrait être un domaine qui offre plus de liberté à la Cab dans l'exercice de sa souveraineté. C'est du moins ce que suggère le groupe de la gauche abertzale. Dans ce domaine, les trois députés généraux ont annoncé qu'ils feraient des propositions à l'organe de coordination fiscale de la Cab, concernant les retraités ou les chômeurs qui voient leurs revenus baisser suite aux mesures prises par Madrid.

A la sortie de cette même réunion, le président socialiste de Gasteiz, Patxi Lopez, a sollicité au chef du gouvernement espagnol une rencontre afin d'obtenir des précisions sur les conséquences de ses mesures dans la Communauté autonome basque.

Le FMI encourage Madrid

Alors que Madrid annonçait hier le blocage des crédits octroyés aux collectivités locales afin de réduire le déficit public, le Fond monétaire international (FMI) l'encourageait vers plus de libéralisme. Il a exigé de lui «des mesures urgentes et décisives». Parmi elles, une réforme «radicale» du marché du travail qui facilite les licenciements et la flexibilité des salaires. D'après le FMI, le système économique espagnol «est déficient, la bulle immobilière de laquelle il jouissait se dégonfle, son déficit fiscal est colossal, sa dette extérieure conséquente, il souffre d'une baisse de la productivité endémique et d'une baisse de la compétitivité».

L'organisme international présidé par Dominique Strauss-Khan soutient «pleinement» le plan de J.L. Zapatero, mais lui demande d'aller plus loin dans ses mesures. Il lui conseille, notamment, de contrôler de plus près les finances des communautés autonomes et de réformer avec «plus d'audace» le système des pensions. Il suggère, par exemple que l'âge des départs à la retraite suive la courbe de l'espérance de vie.

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