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Culture

Une palme d'or qui défraye la chronique

25/05/2010

Laurent GARCIA

Déjouant les pronostics des plus férus de cinéma, c'est donc bien le Thaïlandais Apichatpong Weerasethakul qui défraye cette année la chronique, en raflant la palme d'or à Cannes.

Avec son film Oncle Boonmee, celui qui se souvient des vies antérieures, le cinéaste thaïlandais évoque l'histoire d'un homme atteint d'insuffisance rénale aiguë qui dialogue avec le fantôme de sa femme et de son fils, décédés depuis des années. Les protagonistes évoluent dans un décor surnaturel : une forêt fascinante où les âmes migrent des hommes aux plantes et aux animaux.

La Thaïlande se réjouit bien entendu d'une telle victoire : «C'est un moment très important pour l'histoire de la Thaïlande, du cinéma thaïlandais, c'est une grande première», déclarait le jeune cinéaste de 39 ans, en recevant son prix des mains du président du jury, Tim Burton.

Après avoir remercié chaleureusement ses frères, Apichatpong Weerasethakul visiblement très ému a qualifié le tournage du film de moment de grâce.

Nomination contestée

C'est avec une relative dureté que la presse mondiale et hexagonale a accueilli cette nomination, qui de toute évidence ne fait pas l'unanimité.

A l'image de certains spectateurs qui sortirent un peu partagés après la projection du film, beaucoup oscillent entre la fascination d'un univers onirique pour le moins original, et le côté déroutant d'un film qui aurait comme mérite de balayer les repères auxquels tout occidental est habitué.

Le Figaro notamment, évoque un film qui aurait plutôt mérité «une belle palme de plomb», et titre son article «Oncle Boonmee, la palme de l'ennui». Le journal estime que le jury a récompensé «un film hermétique, lent et au symbolisme obscur, un pensum de deux heures dont on se demande à qui il s'adresse».

Le Parisien est un peu plus réservé mais tout aussi sceptique, et titre «La palme de l'étrange», en évoquant «un apôtre du cinéma expérimental, contemplatif et teinté de merveilleux, bref pas du tout grand public». Le Parisien conclu durement : «Pour ne pas se barber, il faut abandonner.»

Le quotidien Libération est quant à lui un peu plus indulgent concernant le film thaïlandais : «Le palmarès, en reléguant bien des films académiques dans les limbes d'où ils n'auraient jamais dû sortir (Hors la loi, La princesse de Montpensier, Soleil trompeur 2, Chonking Blues...) a débroussaillé le terrain et gardé les films les plus artistiquement purs et modernes.» La palme d'or selon Libération, récompense «un film magique et déroutant, au sein d'une sélection objectivement terne.» Une critique partagée donc, apparemment autant que le public à sa sortie de salle.

Le cinéma hexagonal à l'honneur

Pour cette édition 2010, le cinéma hexagonal ne s'en est pas mal tiré du tout. Avec trois récompenses accordées sur neuf, et pas des moindres : la meilleure mise en scène, la meilleure actrice et le grand prix, la presse française est plus unanime : France Soir se réjouit du «feu d'artifice tricolore», qui a commencé avec Mathieu Amalric et son prix du meilleur réalisateur pour Tournée, et qui s'est poursuivi avec Juliette Binoche qui rafle le prix de l'interprétation féminine pour son rôle dans Copie conforme. Le film du français Xavier Beauvois Des hommes et des dieux, récompensé par le grand prix du jury, est quant à lui qualifié par le Figaro de «film miraculeux touché par la grâce.»

Mais d'autres prix ont également été décernés à des films qu'il ne faut pas oublier, à l'image du bouleversant premier film africain en compétition depuis treize ans, Un homme qui crie, qui a remporté le prix du jury, ou du film Sud-Coréen Poetry qui fut récompensé par le prix du meilleur scénario.

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