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France-International

Procès de Jacques Viguier : 15 à 20 ans requis

20/03/2010

L'avocat général Marc Gaubert a requis vendredi de 15 à 20 ans de prison contre Jacques Viguier, professeur de droit toulousain jugé en appel par la cour d'assises du Tarn pour le meurtre de son épouse Suzanne, mystérieusement disparue depuis le 27 février 2000.

Il a cependant laissé la porte ouverte à une condamnation pour «coups et blessures involontaires ayant provoqué la mort sans intention de la donner», passible d'une peine maximale de 15 ans de prison.

«Je maintiens de 15 à 20 années»

«Moi, j'accuse en raison d'un arrêt de renvoi qui accuse Jacques Viguier du chef d'homicide volontaire. (...) Je maintiens mes réquisitions de 15 à 20 années, je n'ai pas d'éléments pour les coups et blessures involontaires ayant provoqué la mort sans intention de la donner», a déclaré l'avocat général.

«Si vous estimez qu'il n'a pas eu l'intention de donner la mort, la peine vous appartient», a-t-il dit aux jurés.

Vendredi matin, la partie civile en soutien de l'accusation a plaidé «coups et blessures involontaires ayant provoqué la mort sans intention de la donner».

Les avocats des soeurs de Susi, parties civiles, avaient auparavant demandé au président de la cour d'assises de demander au jury de se prononcer sur «des coups ayant provoqué la mort sans intention de la donner».

Déjà acquitté par la cour d'assises

En avril 2009, l'avocat général, Marc Gaubert déjà, avait requis 15 à 20 ans de réclusion criminelle. Jacques Viguier avait finalement été acquitté par la cour d'assises de la Haute-Garonne.

«Homicide volontaire, involontaire ou coups et blessures, il n'y a que lui qui peut nous le dire», a insisté Marc Gaubert.

L'avocat général a appelé les jurés à se méfier «des leurres» semés par la défense et a souligné qu'ils pouvaient condamner Jacques Viguier malgré «l'absence de cadavre, d'aveux ou de témoin qui l'a vu agir».

Avoir une intime conviction

Il a écarté catégoriquement toutes les autres pistes, notamment celle menant à l'amant de Suzanne, Olivier Durandet. «Durandet assassin ? Durandet, s'il devait tuer quelqu'un c'est Jacques Viguier».

«Ce n'est pas parce qu'on ne sait pas exactement comment ça s'est passé, que cela doit vous désarçonner, vous empêcher d'avoir une intime conviction», a-t-il averti.

Le procès en appel de Jacques Viguier, qui a commencé le 1er mars, se terminera samedi avec la plaidoirie d'Eric Dupond-Moretti, avocat de la défense. Puis le verdict sera annoncé dans l'après-midi ou, si les délibérations tardent, dans la soirée.

inprimatu