France-International
Al-Qaïda souffre des attaques de drones mais s’adapte
20/03/2010
La multiplication des attaques de drones américains en Irak ou dans les zones tribales pakistanaises force Al Qaïda à adapter ses tactiques mais ne semble pas l’empêcher d’agir, estiment témoins et analystes.
Les raids meurtriers de ces avions sans pilotes, armés de missiles et télécommandés depuis les Etats-Unis, sont devenus la hantise des jihadistes cachés dans les déserts irakiens ou dans les régions montagneuses aux confins du Pakistan et de l’Afghanistan.
Une centaine d’attaques
Dans les zones tribales pakistanaises, une centaine d’attaques en un an et demi (dont plus de 20 depuis début 2010) ont tué des centaines de militants, mais aussi, selon des responsables militaires pakistanais, de nombreux civils.
Ces attaques “représentent l’opération la plus agressive dans laquelle la CIA a été impliquée de toute son histoire”, a assuré mercredi dans le Washington Post le directeur de la centrale américaine, Leon Panetta.
“Ces opérations empêchent sérieusement Al Qaïda de fonctionner”, a-t-il ajouté. “Tous nos renseignements concordent : il leur est très difficile de maintenir un système de commandement (...) Nous les avons mis en déroute”.
Sur internet et lors d’interrogatoires devant des juges occidentaux, des jihadistes ont évoqué la peur que leur inspire cet ennemi invisible et implacable.
“Ils peuvent suivre nos mouvements et prendre des photos de jour comme de nuit”, avertissait récemment, dans une vidéo mise en ligne, un membre d’Al Qaïda en Irak.
La crainte des espions
Des volontaires occidentaux arrêtés ont confié que les entraînements se faisaient désormais par petits groupes, rarement plus de dix, que les consignes étaient de rester au maximum à l’intérieur et de se méfier de tout le monde, par crainte des espions.
Enlevé et détenu pendant sept mois en Afghanistan et au Pakistan, le journaliste du New York Times David Rohde a raconté “la présence terrifiante des drones”. “Nous pouvions les entendre tourner au-dessus de nos têtes pendant des heures”, a-t-il écrit dans le récit de sa captivité. “Ce ne sont que des points dans le ciel, mais leurs missiles portent à des kilomètres. Nous savions que nous pouvions être immolés à tout instant”.
“Ces raids rendaient les Taliban paranoïaques”, ajoute-t-il. “Ils croyaient qu’un réseau d’indicateurs guidaient les missiles. Des civils innocents étaient rassemblés, accusés d’être des espions et exécutés”.







