Pays Basque
Les candidats débattent sur les principaux dossiers du Pays Basque

12/03/2010
TABLE RONDE/ Candidats aux élections régionales 2 010 / En partenariat avec Euskal Irratiak
Huit candidats aux élections régionales de dimanche 14 et 21 mars se sont réunis autour d'une table, celle de Gure Irratia, radio membre du groupe Euskal Irratia. En partenariat avec Le Journal du Pays Basque, les studios de Gure Irratia ont donné lieu à un débat riche et animé sur les principaux thèmes de la campagne. François Maitia (PS), Alain Lamassoure (UMP), Jean-Jacques Lasserre (Modem), Jean Lissar (Europe Ecologie), Daniel Romestant (Front de Gauche), Jean Tellechea (PNB), Xabi Larralde (EHBai) et Eric Schatz (NPA) ont répondu aux questions posées par les journalistes Jojo Bidart et Goizeder Taberna.
Quel bilan faites-vous du travail effectué ces six dernières années au conseil régional ? Et quelle est la place du Pays Basque dans cette institution ? Cela vous convient-il ?
François Maitia : Sur notre bilan, je retiendrais quelques points importants. Nous avons développé avec nos amis Verts une politique très active, construction de lycées, rénovations ; avec une touche sociale importante. Puis nous avons rénové énormément de TER avec une satisfaction de voir une fréquentation accrue, de plus de 42 %. Aussi une intervention active au niveau de notre industrie.
Concernant le Pays Basque, oui nous y avons respecté une certaine spécificité puisqu'un contrat territorial a été contractualisé. Nous avons ici une spécificité, également, avec l'Etablissement public foncier local.
Alain Lamassoure : C'est vrai que le Conseil régional a soutenu un certain nombre de projets du Pays Basque et nous tous avons su, quand il le fallait, travailler ensemble. Ce que nous souhaitons à l'UMP c'est faire en sorte que cette philosophie soit mise en place en Aquitaine. En revanche, je regrette que la région Aquitaine ait globalement des résultats relativement médiocres. Il n'y a qu'à le comparer avec l'Euskadi. Quant aux transports, on constate beaucoup de retard dans les travaux, notamment dans la rénovation de la ligne Bayonne-Garazi. Et l'alliance avec les Verts, a retardé le grand projet de la LGV.
Jean Lissar : Il est évident je prends à mon compte une partie du bilan qui a été fait par les socialistes ; nous avons pendant 12 ans dirigé la région ensemble et nous avons apporté notre couleur. Maintenant, est-ce que c'est suffisant ? Malgré tout ce qui a été fait, nous n'avons pas été assez loin, en plus, nous avons des conceptions assez différentes de l'avenir et du progrès aussi bien avec A. Lamassoure qu'avec A. Rousset.
Daniel Romestant : Dans le domaine de l'animation économique, l'exécutif sortant a du mal à admettre que les représentants des salariés, les organisations syndicales aient leur mot à dire. Sur le type d'aide aux entreprises, il y a un manque de visibilité et on a du mal à savoir quelle est la politique de la région en matière de développement économique.
Quant à la place du Pays Basque, sur le volet culturel il y a plus de choses à partager avec le Pays Basque espagnol que ce qui est fait actuellement. En revanche, sur les questions de l'animation économique, on ne peut pas faire abstraction du Seignanx.
Xabi Larralde : A l'occasion de ce scrutin nous proposons un vote original puisque nous appelons les électeurs à voter un bulletin de protestation. Il nous semble que ces derniers temps, nous assistons à des faits inacceptables tels que le procès d'EHLG, dans le domaine de la répression, la disparition de Jon Anza, le projet de LGV qui va à l'encontre de la volonté de milliers d'habitants qui se sont exprimés contre. Nous avons donc décidé de ne pas cautionner, au moins une fois, cette image de normalité démocratique et d'envoyer un message.
Pour ce qui est du Pays Basque, il n'existe pas en Aquitaine. Lors des négociations de contrat de plan, on négocie avec des responsables des entités juridiques, or le Pays Basque n'a pas d'identité juridique ; le conseil des élus, ce n'est rien. Le Pays Basque n'existe pas, c'est aussi un des motifs de notre consigne de vote.
Jean-Jacques Lasserre : L'analyse que je faits, ce que depuis 12 ans, depuis trop longtemps, la région s'est transformée en guichet plutôt commode qui distribue quelques aides, en le faisant savoir abondamment. Nous avons un exécutif consciencieux, besogneux, mais qui gère les choses d'une façon plutôt lisse, sans aspérité. Et le Pays Basque est regardé comme les autres territoires de la région. Moi qui ai mis en route Pays Basque 2010, Pays Basque 2 020 maintenant, je le vois bien. La région est présente, il serait difficile qu'elle ne le soit pas.
Jean Tellechea : Nous n'allons pas faire un bilan sur l'ensemble de l'Aquitaine, nous sommes là pour défendre les intérêts du Pays Basque et de ses habitants. Concernant les aides attribuées aux entreprises, je ne pense pas qu'il y ait de différence entre les entreprises girondines et celles du Pays Basque et de ses habitants. Ce qui nous frappe le plus au niveau du développement économique, c'est la gestion des filières. On voit bien que ce sont les priorités girondines qui sont mises en avant.
Sur les transports, aujourd'hui, ce qui nous préoccupe el plus, c'est la gestion du dossier LGV. Les décisions sont prises par un comité de pilotage dans lequel il n'y a aucun Basque.
Et pour répondre à Monsieur Maitia, j'ai regardé attentivement votre programme : vous ne prononcez jamais le mot «basque». La seule fois où il est énoncé, c'est pour rappeler votre partenariat avec l'OPLB.
La LGV a été un dossier décisif dans le débat électoral. Quelle est votre position sur ce dossier ? Et qu'allez-vous faire avec les résultats de la consultation populaire de dimanche ?
A. Lamassoure : La consultation sur la LGV a lieu dimanche prochain, ce n'est pas une consultation parallèle, organisée par un certain nombre de protestataires, c'est la consultation officielle des élections pour élire nos représentants au conseil régional. Il est bon que ce problème se pose en pleine campagne électorale, à un moment où chaque liste est amenée à s'exprimer clairement. Et je crois que l'UMP est la liste qui se prononce de la manière la plus claire. Ce projet est en tête de nos priorités.
Je mets en garde sur la solution de facilité qui consisterait à dire on va faire une ligne nouvelle jusqu'à Bayonne, et arrivé à Bayonne, on peut se contenter de la ligne actuelle. Il est évident que si on ne fait pas une ligne nouvelle partout, on ne la fera nulle part. C'est maintenant que cela se décide, il faut que chacun prenne ses responsabilités, pour le premier tour comme pour le second tour ; nous ne changerons pas d'équipe et nous ne changerons pas de programme.
J. Lissar : Nous sommes totalement opposés au projet. Pas opposés par principe contre la TGV, mais ce projet en particulier est ruineux. C'est, en plus, un projet dévastateur pour l'environnement ; c'est plus de 1 500 de maisons, de fermes coupées en deux ; c'est surtout un projet inutile. Nous avons vu la contre-étude 2 006 qui montrait que la ligne actuelle améliorée permettait d'accueillir à la fois les voyageurs et le fret.
Je ne comprends pas pourquoi on associe la question du fret systématiquement à la question de la LGV comme Monsieur Lamassoure vient de le faire : il n'y a aucune corrélation entre les deux.
Au sujet de la consultation, j'avais déjà donné à la tribune du conseil général les résultats des consultations qui se sont déroulées dans d'autres communes. Je ne suis pas d'accord avec Alain Lamassoure lorsqu'il dit que la consultation aura lieu lors dans les élections régionales. Le dossier de la LGV est un dossier compliqué et qu'il serait bien de consulter les populations sur une question aussi importante.
F. Maitia : D'abord je veux dire que j'ai entendu Jean-Jacques Lasserre ; il a dit que nous étions un guichet... bien au contraire, nous avons des politiques particulièrement structurées que ce soit dans l'agriculture comme pour les artisans. Xabi Larralde disait que le Pays Basque n'existe pas, mais nous avons une petite structure minimale qui s'appelle le Pays Pays Basque qui nous a permis de contractualiser.
Revenant à la ligne à grande vitesse, ce qui est scandaleux dans cette affaire, c'est que l'Etat fasse les poches des régions et des collectivités locales. Ceci dit, nous avons besoin de la ligne à grande vitesse, nous avons besoin d'être connectés à l'Espagne et à Euskadi. Pourquoi ? Parce que nous sommes asphyxies par la circulation d'automobile. Comment absorber ces 111 millions de tonnes supplémentaires attendues à l'horizon 2030-2035 ? Si nous ne réussissons pas le pari du fret ferroviaire, nous serons totalement asphyxies au niveau du Pays Basque, et à ce moment-là Jean-Jacques Lasserre nous réinventera une transnavarraise, ce dont je ne veux pas, bien évidemment.
Sur l'emprise foncière de la ligne à grande vitesse, ce grand ouvrage qui traversera tout le XXIe siècle consommera un tiers de ce qui est consommé par l'urbanisation en Pays Basque.
Pour ce qui est de la consultation, je pense qu'il est toujours bon que la population s'exprime, mais il s'agit ici d'un projet européen. Et je suis d'accord avec Alain Lamassoure qui dit que la vraie consultation est celle des élections régionales, parce que les électeurs se prononceront en toute connaissance de cause.
J. Tellechea : Cette ligne à grande vitesse est un facteur pour le développement économique et pour la mobilité, notamment, pour nos jeunes. Ce qui nous rend d'autant plus furieux, c'est qu'il est mal géré du fait du manque de concertation. Aujourd'hui, on veut le faire passer en force et nous ne sommes pas d'accord. De l'autre côté, en Euskadi, ce projet représente 20 ans de concertation, de travail avec toutes les municipalités et tous les partis, c'est plus de 1 000 réunions publiques. Ici, on en est très très loin. On a payé une étude Citec sur les lignes existantes qui montrent que ces voies peuvent être intégrées au projet. Pourquoi cela est refusé alors que c'est une demande des élus locaux ? Aujourd'hui, il nous manque un pouvoir local fort. On ne peut plus se permettre de ne pas donner la parole aux habitants du Pays Basque ; il manque une collectivité qui comprend les intérêts des habitants du Pays Basque.
D. Romestant : Le Front de Gauche demande un moratoire sur ce projet, parce qu'on assiste à un poker menteur où tout le monde ment à tout le monde. Qui décide de la ligne LGV ? Le Gouvernement et seulement lui. Aux collectivités territoriales on ne leur demande que leur avis. On leur demande aussi, et là je trouve plus scandaleux, qu'elles la financent.
Le danger si l'on fait financer ce grands axes structurants par les régions, c'est que les régions riches le deviennent de plus en plus, et que les régions pauvres soient de plus en plus pauvres.
Pourquoi un moratoire ? On nous dit qu'il y aura une ligne LGV, or il y a deux mois, au comité central de la SNCF, on a présenté les grands projets 2 020 et il n'est pas prévu de ligne LGV de Captieux à Bayonne. En revanche, elle va de Captieux à Toulouse. Donc on a un peu de mal à comprendre...
Et lorsqu'on présente l'étude Citec à des ingénieurs de la SNCF, ils disent que s'ils appliquaient les méthodes Citec, ils auraient dix accidents ferroviaires par jour. Je trouve scandaleux qu'on ait financé avec de l'argent public une telle étude.
Donc, il faut un moratoire pour mettre tout cela au clair.
J.J. Lasserre : Je vais m'exprimer au nom de la liste Forces Aquitaine, pour affirmer que ma position n'a jamais changé. Je vaux dire à François Maitia qu'il est fâché avec les chiffres... sachez simplement, que le seul financement de Tours-Angoulême-Bordeaux, va coûter 900 millions d'euros et la part qui est demandée aux citoyens des Pyrénées-Atlantiques est supérieure à la part demandée à la Gironde.
Il faut que la LGV arrive de Paris à Bayonne et à Pau. Mais c'est un mensonge que de dire qu'on ne peut emprunter la ligne actuelle pour le trafic des voyageurs et il est bien évident que la ligne actuelle sur 20 kilomètres n'altérera en rien le temps. Quant au fret, regardons ce que font nos amis Aragonais avec la plateforme de Saragosse.
Monsieur Maitia, lorsque vous dites que je vais ressortir la Transnavarraise, eh bien, moi, ce projet auquel je croyais, je l'ai stoppé parce que j'ai considéré que la paix dans un pays elle passait bien avant des équipements. Je vous demande aux uns et aux autres d'en faire autant au niveau du Pays Basque.
X. Larralde : Le résultat de la consultation est très important pour une raison essentielle, c'est que en terme de développement économique, la ressource stratégique est toujours la ressource humaine. On ne fait de développement sur un territoire malgré les gens. Un mauvais projet est un projet auquel la population s'oppose.
Ensuite, nous vivons dans une période de crise aiguë et se pose la question de la priorité dans l'usage des budgets publics. Je ne pense pas que la priorité soit le domaine des transports. Si les transports restent une priorité, il est évident que ce n'est pas celui des personnes, mais des marchandises. Or la LGV est destinée au transport des personnes et dans le fret, aujourd'hui, on supprime des emplois.
A travers le bulletin de protestation, nous voulons rester en dehors du jeu purement politicien et je souhaiterais relever les contradictions de mes camarades ici présents. Comment interpréter la position de Jean-Jacques Lasserre alors qu'il a impulsé la 2x2 voies en Basse-Navarre.
Par ailleurs, lorsque Jean Tellechea parle de leurs divergences sur la méthodologie, il faudrait d'abord qu'il dise «nous sommes d'accord avec le projet», quant à la méthode, excusez-moi, mais la gestion de la concertation par PNV au Pays Basque sud a été un désastre ; il a procédé d'une façon violente. Il a même envoyé le maire d'Aramaio devant la justice pour avoir organisé une consultation sur ce dossier.
Je poursuis avec Monsieur Maitia. Vous dites que la priorité est le transport des marchandises, mais dans ce domaine, on supprime des emplois...
Daniel Romestant, quant à vous, vous parlez d'un moratoire, mais un moratoire c'est une façon de dire «je ne suis pas pour, je ne suis pas contre».
Enfin, concernant les Verts, la question est : allez-vous défendre votre position hostile à ce dossier pour le second tour ?
Eric Schatz : D'abord sur le bilan d'Alain Rousset, d'abord, c'est un bilan dont la droite en aurait été fière. Et on a cette «sainte-alliance» qui perdure sur le projet de la LGV que je regrette. Concernant le Front de Gauche, effectivement, avec un moratoire, qu'est-ce qu'il fait ? Il cherche à être «Rousset-compatible» ! Notre position est très claire : nous refusons la LGV au sud de Bordeaux, mais de Tours à Bordeaux également. C'est projet de l'Europe néo-libérale et les arguments qui sont donnés par ceux qui défendent la LGV (ndlr. réduction des gaz à effet de serre) sont des arguments spécieux. (ndlr. Dernière intervention de M. Schatz)
Quel bilan faites-vous des projets transfrontaliers impulsés par l'exécutif sortant ?
J. Tellechea : Je reprends l'idée de Xabi Larralde, tout démarre de l'individu. Le transfrontalier c'est d'abord un désir de partager un destin commun. Les Basques ont ce désir. Tous les candidats vont le dire, mais personne ne l'écrit dans les programmes. Pour nous, ça se passe entre Iparralde, la Communauté autonome basque et la Navarre, et cela à travers la création d'une collectivité territoriale.
X. Larralde : Pour nous, le Pays Basque est une nation à part entière. Et d'un point de vue européen, on remarque que cette nation a 3 millions d'habitants et elle a le même niveau de développement que d'autres nations européennes. Ensuite, je vois mal comment le Pays Basque nord va connaître un vrai développement économique si cela ne passe pas par des relations très étroites les entreprises et les structures de formation du Sud. Mais cet espace-là, il faut l'organiser, pour cela il faut qu'Iparralde existe en tant que tel, et ce n'est pas le cas aujourd'hui.
F. Maitia : L'Aquitaine a des relations transfrontalières avec l'ensemble des régions du nord de l'Espagne à travers le programme Interreg. Oui, il y a de nombreux porteurs de projet en Iparralde, mais il y en a aussi en Béarn, également, sur d'autres territoires. Nous avons fait une réunion à Hendaye, pour populariser cette question. Nous étions 200 personnes pour se pénétrer de cet esprit transfrontalier. Bien sûr, la zone la plus active sera la métropole en émergence entre Bayonne et San Sébastien. Il est temps que les institutions de part et d'autre de la frontière structurent cet espace. C'est ce que nous faisons avec l'eurorégion. Aujourd'hui
D. Romestant : Sur le transfrontalier, le problème c'est que c'est un domaine qui ne se décrète pas. On peut faire toutes les déclarations qu'on veut, tous les financements qu'on veut, mais ces relations, c'est à partir de la réalité qu'elles se développent. Et on constate qu'avec l'Espagne, sur 100 échanges entre l'Aquitaine et l'Espagne, il y a moins de huit qui relèvent des échanges avec la Communauté autonome basque, il y a dix ans, c'était dix, alors que la région a mis de l'argent. La raison est simple : il y a une typologie de profession différente entre ce qu'on connaît au Pays Basque français et ce qu'on connaît au Pays Basque espagnol.
J. Lissar : Le parti de Verts a toujours porté la revendication d'une Europe des régions. Nous avons aussi porté la question des régions transfrontalières, notamment, à l'Union européenne. Cela dit, il y a une question de rythme qu'il ne faut négliger. Dans notre cas, ce sont deux mondes aux réalités différentes qui se rencontrent. Il faudra donc respecter les rythmes. Mais je suis optimisme et dans 20 ou 30 ans il pourra y avoir une eurorégion Pays Basque.
Quel est votre avis sur la réforme des collectivités territoriales et le besoin qu'est mis en évidence par la plateforme Batera d'une collectivité territoriale pour le Pays Basque ?
A. Lamassoure : Je regrette la forme de cette consultation populaire qui est le même jour. Cela engendre la confusion. En revanche, je trouve que la démarche est intéressante, et je crois d'ailleurs que le Conseil des élus et le Conseil de développement ont fait des propositions intéressantes qu'ils ont remises à leurs parlementaires au début du mois de mars. Quelqu'un a dit que le Conseil des élus n'excite pas... dites cela aux Béarnais, aux gens du Pas-de-Calais ! Ensuite, en fonction de ce que la loi prévoira, il va sans doute renforcer le pouvoir des intercommunalités et de la région et va réduire les statuts du département. En revanche, entre les deux il y a sans doute une place pour des institutions à statut original. (ndlr. Dernière intervention de M. Lamassoure)
A. Lasserre : Sur la réforme des collectivités territoriales, j'y suis farouchement opposé. C'est pour cette raison que je suis en discussion avec mes amis de l'UMP. Cette réforme porte en germe une recentralisation fiscale. Et l'Homme, notamment au Pays Basque, a besoin d'une responsabilité accrue au niveau de sa commune et veut être davantage maître de ses choix. Quant à la consultation de dimanche [de Batera], c'est dommage que Monsieur le préfet ait cette attitude. Cette question, il y a longtemps qu'elle existe en Pays Basque et si des personnes veulent la poser, qu'ils la posent. Il faudra trouver un mode de reconnaissance du Pays Basque. (ndlr. Dernière intervention de M. Lasserre)
F. Maitia : Aujourd'hui, nous sommes en milieu hostile, au niveau de la France. Nicolas Sarkozy veut recentraliser le pouvoir et mettre fin, en quelque sorte, à la décentralisation. Nous sommes, collectivités locales, en danger, donc à minima ce que nous pouvons faire c'est défendre ce que nous avons. Les pays sont appelés à disparaître et le Pays Basque serait dans l'incapacité de contractualiser avec l'Etat, la région et le département. Je souhaiterais évidemment aller plus loin, et qu'une structure au Pays Basque puisse avoir des compétences propres.
D. Romestant : Les pays dans le sens de la loi Voynet avaient pratiquement plus de pouvoir des départements, voire que les régions. Les décisions étaient prises par l'ensemble des conseils municipaux. Je regrette sur ce qui se prépare au niveau de la réforme territoriale.
J. Lissar : Nous sommes bien sûr favorables à la consultation organisée par Batera. Par ailleurs, la réforme voulue par Nicolas Sarkozy, risque de faire disparaître les pays parce qu'il n'y aura plus de possibilité de les financer à partir du moment où ces deux institutions auront perdu la clause de compétence générale.
J. Tellechea : Notre campagne est fondée sur un projet de collectivité territoriale qui est justement dans l'air du temps, soit, une fusion des compétences du département et de la région avec un droit d'expérimentation sur la langue et sur le transfrontalier. Je suis content d'entendre que tout le monde est pour, mais personne ne l'a écrit dans son programme, sauf Europe Ecologie.
Goizeder TABERNA







