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Pays Basque

Quatre listes se déclarent pour une institution territoriale basque

09/03/2010

 

Certains regrettent que les débats menés sur le plan hexagonal empiètent la campagne des élections régionales, mas la question de la Réforme des institutions ne peut pas être éludée, puisqu’elle devrait particulièrement toucher le conseil régional, ainsi que ses compétences, alors que le même jour, Batera organise une consultation sur la mise en place d’une collectivité territoriale Pays Basque. Dix candidats aux élections régionales d’Aquitaine du 14 et 21 mars ont répondu aux questions posées par Le Journal du Pays Basque.

La réforme générale des politiques publiques n’est pas encore définie. Cela laisse libre cours aux propositions que vous pourriez faire sur un cadre institutionnel qui répondrait aux besoins du Pays Basque. Quel cadre défendez-vous ? Que pensez-vous d’une collectivité territoriale Pays Basque ?

Alain Rousset / Tête de liste régionale Parti Socialiste

La Région a particulièrement bien travaillé avec la structure Pays-Pays-Basque qui s’est révélée comme un outil efficace et fiable de la contractualisation d’une convention spécifique d’abord, puis d’un contrat territorial. Il faudra à minima sauver cet adossement juridique menacé par le projet gouvernemental de suppression des Pays. De nombreuses dispositions contenues dans le projet de réforme des collectivités locales motivent mon opposition résolue : le conseiller territorial qui aboutira à un mauvais mélange des genres en lieu et place de la clarification promise, le mode d’élection de ce conseiller au scrutin à un seul tour, la perte de représentation du milieu rural et l’éloignement de l’élu du terrain, la perte de la compétence générale pour les Départements et les Régions qui risque d’aboutir à une interdiction d’intervention de ces deux institutions en faveur des communes ou des mouvements sportifs et culturels… Le Président de la République cherche à recentraliser la vie politique, faute de pouvoir contrôler politiquement Régions et Départements qui, pour lui, sont des contre-pouvoirs inacceptables. Le scrutin des 14 et 21 mars doit être mis à profit pour un plébiscite de la décentralisation contre le jacobinisme en vogue à l’Elysée.

Alain LAMASSOURE / Tête de liste départementale UMP

La réforme territoriale n’est pas encore assez avancée pour qu’on puisse se prononcer sur les conséquences locales. Nous avons su mettre à profit les réformes antérieures pour obtenir des institutions locales uniques en France : Conseil des élus, conseil de développement, Office de la langue, Institut culturel, Agence transfrontalière, convention spécifique… Je comprends que la réforme envisagée maintenant a pour objet de supprimer des échelons administratifs plutôt que d’en créer de nouveaux. Attendons d’y voir plus clair pour avoir une idée de la manière de tirer notre épingle du jeu.

David Grosclaude / Tête de liste départementale Europe Ecologie

Il est clair que la réforme institutionnelle voulue par Nicolas Sarkozy, si elle arrive à son terme, risque de supprimer le peu de reconnaissance institutionnelle dévolue au Pays Basque (Pays Pays Basque- Conseil des Elus- Conseil de développement). Le financement croisé de ces structures ne sera plus possible quand le Conseil Général et le Conseil Régional auront perdu la clause de compétence générale.
Le statu quo devenant impossible ou obsolète, les autres solutions (syndicat mixte etc.) étant très compliquées à mettre en place, le statut d’une collectivité territoriale spécifique Pays Basque trouve une nouvelle pertinence à l’exemple de l’Assemblée Territoriale de Corse.

Jean LASSALLE / Tête de liste régionale de Force Aquitaine (Modem)

La réforme des politiques publiques est une question grave. Tous les élus sont très très inquiets. Voilà quand il y a plus d’un an et demi, Jean Jacques Lasserre a dit que ce qui se passait sur la Réforme des collectivités territoriales, sur la Réforme générale des politiques publiques, sur la Réforme de la Taxe Professionnelle était très grave, certains ne l’ont pas cru. Sauf qu’il avait raison. Ce qui arrive c’est une recentralisation du pouvoir. La perte de l’influence locale. C’est l’inverse qu’il faut. J’ai interrogé tout dernièrement à l’Assemblée Nationale le gouvernement sur les conséquences très graves de cette réforme. Les gens veulent de la proximité, de plus en plus de proximité. J’en suis intimement convaincu. La Région, j’en prends l’engagement solennel aura un très grand rôle dans ce domaine. Il faut des collectivités qui soient capables d’être porteuses de projets et présentes quand il le faut. Proches du terrain, voilà le chemin de la sagesse et de l’efficacité.

Daniel ROMESTANT / Candidat dans la liste départementale du Front de Gauche

La réforme des politiques publiques est tout de même bien avancée. Mais peut-être pas toujours dans le sens du progrès économique social et culturel. Je suis fortement surpris que ces mises en œuvre aboutissent à une bureaucratie énorme. Les prises de décision émanent de structures de plus en plus complexes, de plus en plus éloignées des gens et de la démocratie. Je suis donc très attentif, on ne peut accepter que quelques officines parisiennes décident de tout en tout temps et en tout lieu. Pour moi, la démocratie est le système le plus juste et le plus efficace. Il faut voir votre question à la lumière de ces principes. Si le territoire basque était une avancée vers plus de démocratie, plus de justice sociale, du mieux vivre pour tous et tout particulièrement les populations qui souffrent le plus, pourquoi se priverait-on d’une telle réflexion ? Le pays au sens de la loi Voynet pouvait être une réponse, encore faut-il délimiter un territoire pertinent avec le Seignanx ? Dans l’état actuel, je ne vois pas bien comment la délimitation d’un territoire répond aux enjeux politiques et sociaux fondamentaux.

Jean TELLECHEA / Tête de liste régionale Euskadi Europan (PNB)

Je ne peux que défendre la Collectivité territoriale du Pays Basque. Nous le défendons depuis 2002 avec un contenu. C’est l’apport d’EAJ-PNB, le seul parti politique à avoir mis sur la table une proposition complète et précise. A quoi doit ressembler cette collectivité ? Son “cœur” concerne la fusion des compétences du département et de la région. Cette collectivité doit être également assortie d’un droit à l’expérimentation en matière transfrontalière, linguistique, foncière et dans la gestion des fonds européens. En tant qu’abertzale et européen, cette collectivité territoriale a un sens si elle s’inscrit dans la durée. Et l’avenir, c’est l’Euro-région basque.

Xabi Larralde / Porte parole de Euskal Herria Bai

Nous-même en tant qu’abertzale sommes favorables à une institution spécifique à Iparralde dotée de compétences larges. Et évidemment, alors que Batera va, à l’occasion de ces élections, poser la question d’une collectivité territoriale Pays Basque, nous répondons oui et appelons à participer massivement à cette consultation. C’est d’autant plus important que la réforme de l’Etat français qu’on nous annonce ne prend pas en compte la réalité du Pays Basque ; bien au contraire elle entérine notre négation. Pourtant, cela fait des années que de multiples mobilisations ont montré qu’une bonne partie des habitants de ce Pays demande une reconnaissance institutionnelle pour Iparralde. Mais, fondamentalement la position de Paris est celle du mépris le plus total face à cette requête. C’est une des raisons pour laquelle nous appelons à un vote protestataire à l’occasion de ces élections, pour dénoncer ce mépris, et finalement, le déni de démocratie que nous subissons en Pays Basque sur cette question comme sur d’autres.

Philippe POUTOU / Tête de liste régionale Nouveau Parti Anticapitaliste

La réforme territoriale proposée par Nicolas Sarkozy est une réforme qui vise à mouler les collectivités locales dans le cadre des politiques néolibérales qu’il continue à mettre en place et à reconquérir des positions détenues, actuellement par le PS. La création des “métropoles” à compétences accrues aura pour conséquence de siphonner une part grandissante de la fiscalité au détriment des zones rurales. De plus le changement de mode de scrutin avec un scrutin à un seul tour avec 20 % maximum de proportionnel renforcera la bipolarisation de la représentation politique avec un affaiblissement de la démocratie. Nous voulons la proportionnelle intégrale à toutes les élections et le maintien de la taxe professionnelle réformée dans le cadre d’une réforme radicale de la fiscalité. Nous avons le souci d’adapter les institutions aux besoins de la population. Pour ce faire il nous paraît nécessaire d’avoir une institution territoriale qui corresponde aux réalités économiques, culturelles et sociales du Pays Basque français.

Denis LACOSTE / Tête de liste départementale Lutte Ouvrière

Une collectivité territoriale Pays Basque ne protégerait pas plus les travailleurs des méfaits du capitalisme que les collectivités territoriales actuelles ou l’Etat central lui-même, tant que durera la dictature des propriétaires et actionnaires des grandes entreprises.

Jacques Henriot / Tête de liste départementale Front National

Elle ne peut se concevoir qu’au travers d’un département Basque ce à quoi nous ne sommes pas favorables, arguant que cela ne sert qu’à exacerber les exigences de tous ceux qui rêvent encore de la formule équation 4+3+1.

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