Culture
Saisir la balle au "bon" changement...
05/03/2010
Clémence LABROUCHE
Froid, avec un euskara «bitxia» (bizarre) et rythmé par des pastorales et des mascarades : voilà comment une trentaine de jeunes du Pays Basque Sud ont décrit le Pays Basque Nord lors d'un micro-trottoir organisé par l'Institut Culturel Basque à Donostia. Histoire de dépasser ces stéréotypes, l'Institut Culturel et la Députation de Gipuzkoa se sont engagés dans une création artistique et audiovisuelle sur la jeunesse en Pays Basque Nord. Iparraldea XXI n'est pas «`la' réalité, mais une réalité de la jeunesse d'aujourd'hui en Pays Basque nord» ont-ils précisé.
«Nous avons donné la priorité aux jeunes, sous une forme moderne, et avec un regard optimiste. Ce n'est pas un documentaire didactique qui montre les principales caractéristiques d'Iparralde. Je dirai que c'est une création audiovisuelle artistique.» a surenchéri Pantxoa Etchegoin, le Directeur de l'ICB lors de la première projection du court-métrage dans un cinéma bayonnais hier.
Autant dire qu'il ne faut pas s'attendre à un film exhaustif sur les activités et les motivations des jeunes du Pays Basque Nord ou même sur la culture des trois provinces de la part du studio angloy MediaLab Production qui a réalisé le documentaire.
Des domaines ont été ciblés pour offrir aux jeunes scolaires mais aussi aux universitaires du Gipuzkoa une autre image du Pays Basque Nord, pour «casser les clichés afin de créer des ponts. Car si la frontière physique n'existe plus, il faut encore travailler pour dissiper la frontière psychologique» affirme Pantxoa Etchegoin. Le sport, la chanson, mais aussi la création artistique à travers la danse ont ainsi été privilégiés.
De juillet 2009 à début octobre, des jeunes de différents horizons se sont donc livrés à l'exercice de la promotion de la culture d'ici. Réalité sociale, si la plupart des acteurs s'expriment en euskara, certains d'entre eux le font en français. Le sous-titrage est alors là pour pallier la frontière de la langue.
Toujours prêt à «saisir la balle au bond», c'est Yves Sallaberry, «Xala» qui a joué les intermédiaires. «Il s'agit d'un lien symbolique de ce film qui témoigne de la culture transversale» souligne Pantxoa Etchegoin.
Le pilotari habituellement interviewé passe de l'autre côté du micro : rencontre avec Elixabet Aizager, Présidente d'Euskal Herria Zuzenean, qui présente le festival désormais bas-navarrais, précisant qu'il accueille «22 000 festivaliers en trois jours». Manu Chao rappelle que le Pays Basque Nord sait aussi bouger !
De l'optimisme au réalisme d'Amets
Une large place est par ailleurs accordée au surf, notamment à travers le pôle France de Surf. Détour aussi du côté de la Soule avec le groupe Amaren Alabak qui allie tradition et modernité avant de changer de décor pour entrer dans l'univers de MAK et de son chanteur Jon Eyherabide.
Le bertsulari Amets Arzallus converse avec Maiana Irigoyen. Dans ce document qui se veut optimiste, Amets pose alors les jalons d'une réalité sociale implacable : «Modernitate delako horrek eni egin daut zimiko ; Frantsestu gara, amerikartu, ez gara gure Herriko ; Gure hizkuntza galtzera goaz eternitate guziko ; eta beldur naiz ez ote dudan ene begiz ikusiko» («La soi-disant modernisation me fait un `pincement'; nous sommes devenus français, américains, nous ne sommes plus de notre pays ; nous sommes en train de perdre notre langue pour l'éternité ; et je crains d'en être témoin de mon vivant»).
Enfin, le Festival de danse Dantza Hirian a aussi été filmé dans toute sa diversité. Afin de séduire un public jeune et d'optimiser la diffusion de cette «création artistique», le documentaire a été traduit en cinq langues (euskara, espagnol, français, catalan et anglais).
Outre son propre site (www.iparraldea.info), Iparraldea XXI est accessible par le biais de différents sites internet comme www.euskaltube.com. Coût de l'opération : 20 000 euros.







