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France-International

Des soldats délibérément exposés à des radiations

17/02/2010

L'armée française a délibérément exposé ses soldats à des radiations lors des essais nucléaires atmosphériques au début des années 60 en Algérie, à des fins d'expérimentation.

Selon ce texte, le tome I du «Rapport sur les essais nucléaires français 1960-1965», classé «Confidentiel défense», dont l'AFP s'est procuré une copie, le fait de positionner des soldats, engagés et appelés, près du point d'explosion devait permettre «d'étudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l'Homme par l'arme atomique».

Gerboise verte

Ce texte, rédigé par des officiers français certainement en 1998, donc après la fin des essais nucléaires français en 1996, fait référence notamment au dernier tir atmosphérique dans le Sahara algérien, baptisé «Gerboise verte» le 25 avril 1961.

Peu après ce tir, deux manoeuvres ont été organisées pour envoyer des hommes en zone contaminée : certains s'étaient abrités dans des trous d'hommes à 800 mètres du point d'impact et d'autres se sont approchés en camions 4x4.

Docteur Folamour en Algérie

Le but était «d'étudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l'homme par l'arme atomique, afin d'obtenir les éléments nécessaires à la préparation physique et à la formation morale du combattant moderne», précise le rapport. Ces manoeuvres devaient aussi permettre de «fixer les possibilités de franchissement de la zone des retombées» ainsi que de «réaliser un programme d'instruction sur les mesures pratiques à prendre par les combattants pour se mettre en garde, se protéger et se décontaminer», ajoute le texte.

Equipés de bottes, pèlerines, gants et masque de combat, une trentaine d'hommes ont disposé de 45 minutes pour creuser des trous individuels à 800 mètres du point zéro. Après l'explosion, «les résultats constatés étaient les suivants», précise le rapport : «absence de brûlures apparentes, effets mécaniques pratiquement nuls (légère projection de sable), mesure de radioactivité relevée sur les mannequins. Il semblait d'après ces résultats qu'à 800 mètres du point zéro et en dehors de la zone de retombées, le combattant aurait été physiquement apte à continuer le combat», ajoute le texte.

Mais il reconnaît que «dans l'offensive, si l'infanterie était appelée à combattre en zone contaminée (...) les vêtements spéciaux ne lui conféreraient qu'une protection relative et il faudrait réduire la durée du séjour des unités dans une telle zone». La France a procédé à 210 tirs depuis le premier au Sahara en 1960 jusqu'à l'ultime expérimentation de 1996 en Polynésie française.

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