Pays Basque
Lorentxa Guimon affaiblie mais déterminée
09/02/2010
Giuliano CAVATERRA
A la veille du quarantième jour de grève de la faim de Lorentxa Guimon, le sénateur de l'Isère et ancien ministre Louis Mermaz a écrit à la garde des Sceaux au sujet de la situation de la Labourdine. Le député Jean Lassalle devrait faire de même.
Il faut dire qu'à 39 jours de grève de la faim la situation de Lorentxa Guimon se fait préoccupante. Hier, selon sa famille, les surveillantes ont refusé de donner une chaise à la Labourdine pour qu'elle puisse téléphoner alors qu'elle avait du mal à rester debout.
Samedi, la famille et les proches de la prisonnière angloye, soutenus par Etxerat (association des familles de prisonniers) et Askatasuna (mouvement de soutien aux prisonniers basques), ont demandé à la ministre de la Justice de mettre fin à cette situation lors d'une conférence de presse.
Xabier Guimon, membre d'Etxerat et père de la prisonnière, a rappelé que les familles demandent depuis des années la fin des politiques d'isolement et de dispersion s'adressant aux Etats français et espagnol et à tous les secteurs de la société, en vain.
Atteintes aux droits de l'Enfant
Il a demandé que l'Etat français respecte l'article 2 de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant selon laquelle les Etats «doivent protéger les enfants contre toutes formes de discrimination ou de sanction motivées par la situation juridique, les activités, les opinions déclarées ou les convictions de ses parents», référence à la situation de sa petite-fille qui depuis que ses parents ont été éloignés l'un de l'autre ne peut plus avoir de visites familiales et doit parcourir 1 400 km toutes les quatre à cinq semaines pour pouvoir voir sa mère entre deux et quatre heures.
Le frère de la prisonnière a affirmé la «détermination et le courage» de celle-ci et la solidarité de la famille chez qui cette situation entraînait «douleur et frustration». Il a dénoncé l'attitude de la directrice de la prison qui aurait affirmé à L. Guimon qu'elle «allait souffrir» si elle continuait sa grève et que peu lui importaient «les Basques» «Pourquoi ce traitement alors ?» s'est-il demandé.
L. Guimon, qui souffre de la maladie de Crohn, a perdu prés de 13 kg et a du mal à boire. Sa cellule a subi une «fouille en règle» la semaine dernière et la directrice de la prison aurait affirmé qu'elle ne serait pas hospitalisée tant qu'elle pourrait se tenir debout.



