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Sujet à la une

Le logement social privatisé

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09/02/2010

Sébastien VAÏSSE

De l'avis de Jean-Benoît Saint- Cricq, membre de l'opposition municipale de Biarritz, «c'est un véritable scandale qui se déroule en ce moment»... en référence à l'annonce prochaine de la vente de la SoGiCoBa, l'office municipal HLM de Biarritz qui gère 626 logements et qui devrait normalement être rachetée par Erilia, filiale de la Caisse d'Epargne spécialisée dans le logement social et basée sur Marseille.

Unanimes, les oppositions municipales de Biarritz, qu'elles soient de droite ou de gauche, ont toutes dénoncé la «braderie» du patrimoine. Et Jean-Benoît Saint-Cricq d'expliquer : «la SoGiCoBa a 23,4 millions d'euros de dettes, ce qui est énorme, et c'est bien par la faute de l'équipe de M. Borotra qui a vraiment chargé cette société sans jamais penser à la recapitaliser. A Biarritz, il n'y a pas d'argent pour tout. On ne peut pas faire du social et en même temps dépenser des millions pour la cité du surf, le Spa de l'Hôtel du Palais et la place Clémenceau».

Libérale ou sociale ?

Concrètement, le prix de cession de la SoGiCoBa est de 9 millions d'euros, auxquels il faut toutefois rajouter les 23,4 millions d'euros de dettes, soit un montant total de 32 millions d'euros. Or, toujours de l'avis de Jean-Benoît Saint-Cricq, la valeur vénale du parc social de Biarritz se situe plutôt aux alentours des 75 millions d'euros : «on avait une solution alternative qui n'était pas du libéralisme. On peut largement imaginer en effet que beaucoup de locataires auraient été heureux d'acheter leur appartement... et là on recapitalisait sans problème la SoGiCoBa en remettant 30 millions d'euros dans la caisse, ce qui aurait permis de rembourser la dette et de payer le programme Kleber... et comme ça tout le monde aurait été content».

Une proposition qui n'est pas sans rappeler l'opération menée au début des années 80 par le maire de l'époque, Bernard Marie qui avait permis l'accession à la propriété pour une partie des logements de Pétricot. Or pour Didier Borotra, qui était alors premier adjoint de la Ville de Biarritz, il s'agit là d'une «solution libérale». Et son premier adjoint, Max Brisson, de signaler que «la proposition de Benoît Saint Cricq est simplement la privatisation des logements sociaux, or nous voulons conserver et développer le parc social... c'est tout ce qui nous sépare aujourd'hui d'autant que Monsieur Saint Cricq ne connaît pas le dossier. Comme à son habitude, il parle sans savoir, dramatise, fait des coups et puis passe à autre chose».

Diamétralement opposé

Et d'étayer cette décision municipale : «dès notre campagne électorale, nous avions annoncé que nous cherchions un repreneur pour la société Sogicoba qui n'a aujourd'hui plus les moyens d'investir, les Biarrots ont donc voté en connaissance de cause. Aussi, nous avions dit que nous retiendrons un bailleur social et la société Erilia est un bailleur social qui gère 80 000 logements sociaux. Nous avions besoin de cet adossement à la société Erilia pour lancer un programme de 358 logements sur Kleber que la société Sogicoba ne pouvait pas mener. D'autre part, Erilia a des capacités de rénovation, de réhabilitation du patrimoine existant... Le développement du logement social à Biarritz passait par l'adossement de la Sogicoba à une société comme Erilia. Alors c'est vrai qu'on aurait pu choisir une autre société comme l'office 64 de l'habitat, mais nous avons pris l'offre la plus intéressante en termes de rachat et d'investissement. Aussi, dans l'accord, nous avons obtenu que la grille des loyers reste inchangée».

Or pour Benoît Saint-Cricq, l'explication ne suffit pas «Didier fait tout sauf du social, il fait de l'ultra-libéralisme en se débarrassant du bébé avec l'eau du bain... et pour pas cher. Borotra veut se faire passer pour le roi du social, mais il se moque du monde parce qu'avec les 90 millions d'euros de la cité du surf, les 10 millions du Spa de l'Hôtel du Palais et les 10 millions d'euros de la place Clémenceau, il y avait de quoi faire 300 logements sociaux et 10 crèches sur Biarritz. Certes Erilia s'est spécialisée dans l'habitat social mais avec des objectifs financiers, elle n'est certainement pas là pour la beauté de la chose».

inprimatu