L'opinion - Tribune Libre
Batera face au jacobinisme étatique
06/02/2010
ÉDITORIAL par Antton ETXEBERRI
Pour ceux qui doutaient encore que l'Etat français fonctionnait d'une manière on ne peut plus jacobine, l'intervention du préfet cette semaine concernant la consultation organisée par Batera devrait finir de les convaincre. Le courrier envoyé à l'ensemble des 159 maires du Pays Basque ne permet aucune interprétation quant à son contenu : l'Etat défie les premiers magistrats en leur «suggérant», de manière menaçante de ne pas participer l'organisation de la consultation sur une institution spécifique propre au Pays Basque. La conférence de presse initiée mercredi en réponse à la levée de boucliers provoquée par son courrier ne changera rien : l'Etat français ne souhaite pas que les habitants du Pays Basque donnent leur avis concernant l'avenir de leur territoire, et il a décidé de mettre des bâtons dans les roues de ceux qui souhaitent faire avancer ce débat. Peu importe que le Conseil d'administration du Biltzar des communes ait adopté une motion demandant à toutes les communes de permettre ce vote le jour du premier tour des élections régionales. Peu importe si cette consultation intervient en plein débat sur la réforme institutionnelle. En voulant faire peur à quelques maires, qui pourraient encore être hésitants sur leur autorisation à permettre l'organisation de cette consultation, le Préfet des Pyrénées-Atlantiques sait parfaitement que cette consultation aura lieu. Qu'il le souhaite ou non. Son attitude fait penser à un acte désespéré qui tente par tous les moyens de freiner une dynamique qu'il n'arrive plus à maîtriser. Exactement la même attitude que face à Euskal Herriko Laborantza Ganbara. Si ses menaces réussiront peut-être à convaincre une minorité de maires, la grande majorité d'entre eux a bien compris que ceux sont bien eux, les représentants des citoyens du Pays Basque. Cet Etat centralisé, de plus en plus éloigné des préoccupations locales, répond de moins en moins aux attentes de nos territoires. C'est dans ce sens qu'on peut expliquer la volte-face des maires qui n'acceptent plus les ordres de Paris.



