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Sujet à la une

Les années noires d'EHLG

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04/02/2010

Goizeder TABERNA

Quelle association pourrait se targuer d'avoir eu un échange épistolaire aussi abondant avec les services de l'Etat que Euskal Herriko Laborantza Ganbara ? A elle seule, elle a cumulé plus de 600 pages d'arrêtés préfectoraux, de délibérés de tribunaux et de courriers de réclamation qu'elle a envoyés aux instances administratives ces cinq dernières années. Les Amis d'Euskal Herriko Lanborantza Ganbara ont réuni une partie de ces documents dans un livre intitulé : Le livre noir du harcèlement d'Euskal Herriko Laborantza Ganbara par les pouvoirs publics et l'Administration.

Une édition publiée en 20 exemplaires, 15 jours avant le procès en appel à Pau, suite à la relaxe d'EHLG par le tribunal de Grande Instance de Bayonne. Le livre sera disponible dans son intégralité sur Internet et un aperçu est proposé dans un fascicule distribué gratuitement en grande quantité. Le travail mené par les Amis d'EHLG est accompagné par la préface du président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme Michel Tubiana (voir encadré).

Depuis sa création le 15 janvier 2005, entraves et intimidations «ont été le lot quotidien» de l'association, selon Mixel Bidegain, représentant des Amis d'EHLG. Il prévient, cependant, que ce livre n'est pas une démarche paranoïaque ou n'a pas une volonté de victimisation, mais a pour objet de démontrer à «ceux qui souhaitent la mort d'EHLG» que «nous ne renoncerons pas».

Des milliers d'heures de travail

Rares sont les associations qui auraient surmonté les épreuves qu'elle a subies, mais «EHLG n'a pas été terrassée», insiste Mixel Bidegain rappelant que le travail réalisé par les bénévoles et les salariés de l'association se compte en millier d'heures. Il conclut en disant : «On sera les derniers à se dégonfler».

Il s'adresse aux préfets successifs, qui ont dès juin 2005 fait une saisine à l'encontre de l'activité de l'association, aux services du Conseil général et à ceux du Conseil régional, puis aux responsables d'instances supérieures qui ont donné l'impulsion à cette action administrative et judiciaire. Les promoteurs de cette édition précisent qu'ils ont dû faire une sélection dans une pile de documents sinon le livre aurait pu dépasser les 2 000 pages.

L'ouvrage est réparti en cinq parties, chacune d'elles étant consacrée à un domaine dans lequel EHLG a eu des différends avec l'Administration. Il revient, par exemple, sur les actions menées par l'Administration fiscale à l'encontre des dons réalisés par ses sympathisants, les rappels à l'ordre du Tribunal administratif aux 27 communes qui lui ont alloué des subventions, mais aussi, les demandes d'aides que l'association a formulées auprès du Conseil régional d'Aquitaine et qui sont restées lettre morte.

Les responsables d'EHLG ont donné rendez-vous, samedi prochain à 11 heures devant la maison de René Cassin, près de la mairie de Bayonne, afin de réaliser une chaîne humaine jusqu'à la préfecture, et ont rappelé que des bus étaient organisés le jour du procès, 18 février, pour se rendre à Pau.

M. Tubiana : une attitude «arbitraire"

Présent à la présentation du livre dont il a écrit la préface, le président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme Michel Tubiana a dénoncé la décision «arbitraire» de l'Etat de limiter l'action d'EHLG. Il qualifie également d'«arbitraire» le fait que «tous les services de l'Etat ont été appelés à la rescousse pour tenter de juguler l'action d'une association soutenue par de nombreux élus (...)». Et d'ajouter : «heureusement que le ridicule a cessé de tuer». Cependant, il a renvoyé à leurs responsabilités les agents de la fonction publique, dont les préfets, qui ont participé à cette entreprise. Selon Michel Tubiana, les services fiscaux, la police et le parquet ont été instrumentalisés, ainsi, la police est devenue «la garde prétorienne au service de la politique du gouvernement».

Il a rappelé que ce type de procédure est rarissime, réservé à des cas d'une gravité extrême et où les enjeux de protection de la société sont avérés. «Au fond des choses, au-delà du débat politique qui sous-tend l'opposition des pouvoirs publics, c'est la volonté d'interdire tout débat qui met en cause l'ordre étatique que cette affaire révèle». Le 18 février, la LDH enverra une délégation au tribunal de Pau.

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