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Visite au village

LABASTIDE CLAIRENCE BASTIDA

29/01/2010

Au souhait de royaume de Navarre, par la rivière Joyeuse, de rejoindre l'Adour, cette bastide fut créée en 1 228 sur un coteau dominant la Joyeuse. Elle accueillit à sa naissance ceux fuyant l'inquisition en pays d'Espagne ainsi que les Basques des alentours, peut-être aussi des pèlerins de Saint-Jacques surnommés «francos».

Quoi qu'il en soit, les Navarrais ne pouvaient qu'initier, voire encourager, l'édification d'une telle Bastide en limite de royaume.

Aujourd'hui le village a gardé la structure qui était alors sienne avec notamment une rue principale bordée d'arcades, vers laquelle débouchent des rues perpendiculaires.

Si ce village de Basse Navarre est aujourd'hui connu comme village de potiers, avec leur rassemblement annuel en saison d'automne, l'on ne saurait oublier que bien d'autres métiers d'art y tiennent pignon sur rue. Comme l'on ne saurait oublier qu'il est village resté rural puisque quarante-cinq cultivateurs y sont installés.

 

VILLAGE

Si le village fut connu sous le vocable LA BASTIDE au XIVe siècle et de LABASTIDA DE CLAIRENCE au XVIIe, ce ne serait qu'en 1988 qu'on lui attribuerait celui de LABASTIDE, auparavant LA-BASTIDE, BASTIDA en euskara.

NAVARRAIS

Les états de NAVARRE furent accueillis à LABASTIDE CLAIRENCE entre 1 627 et 1 706 et c'est alors que le village s'enrichit dans les domaines de la bonneterie et de la chocolaterie.

LES SEIGNEURS DE GRAMONT

Dans ce village à cinq hameaux - AGNESCOUS, LE BOURG, LA COTE, LA CHAPELLE et BASSEROU - c'est entre 1 575 et 1 789 que la lignée des seigneurs de GRAMONT apportera dans les constructions, styles navarrais et labourdin, avec en caractéristiques principales, pour le premier, toit à quatre pentes, pour le second, toit en mur pignon.

Les communes qui entourent LABASTIDE ont pour nom BARDOS et URT au nord, HASPARREN à l'ouest, OREGUE à l'est et AYHERRE au sud.

L'altitude du village varie entre 7 et 192 mètres.

LES VILLAGEOIS

Les nouveaux arrivants recevaient la même superficie de terrain - îlot d'habitation - où ils devaient construire tout en réservant un espace jardin : le cazalot.

... en 1 350 ils étaient environ 1000, mais les tragiques épisodes de la peste noire et de la guerre de cent ans firent chuter ce nombre jusqu'au renouveau de l'industrie en siècles XVII et XVIII.

Au plus haut de la courbe - en 1900-1341 personnes y étaient recensées, en 2006, 1 017.

L'EGLISE

Construite en 1315, l'église, Notre Dame de l'Assomption, un peu à l'écart comme dans toute bastide, accueillerait les états de Navarre durant de nombreuses décennies. La dernière de ces réunions aurait lieu en 1 789 peu avant le rattachement à la France.

Surplombant le village, ses particularités résident en la forme, massive, de son clocher et de l'allée couverte qui l'entoure, caractéristiques absentes en Pays Basque. Le porche, entièrement pavé, abrite lui aussi les tombes des défunts. Il était en quelque sorte un «abri de réunion», lieu d'expression de la communauté en compagnie des morts, toujours présents dans la tradition.

DU GASCON AU BASQUE

Au siècle XVI l'on n'y parlait que gascon puis, peu à peu, le Basque s'est installé, y amenant, en particulier, ses coutumes.

LES RIVIERES

LA JOYEUSE et l'ARBEROUE sur laquelle débouche le Saint-Jean-de-Pès traversent la commune.

FRANCIS JAMMES POÈTE

C'est le 7 juillet 1905 que Francis Jammes, poète français, à la suite d'une crise sentimentale et morale, se convertit à LABASTIDE CLAIRENCE. La maison du père bénédictin Michel CAILLAVA qui l'accueillit se trouve dans une rue montant à l'église et où, sur la façade, une plaque est apposée.

Francis JAMMES passa les dix-sept dernières années de sa vie à HASPARREN où il fut enterré en 1938 alors qu'il était âgé de soixante-dix ans.

RÉVOLTE

Les femmes se révoltent en 1 788 contre les accapareurs de maïs. Elles demandent des réquisitions et la fixation des prix.

LE CIMETIERE JUIF

Venus du Portugal, les juifs s'installèrent à Bayonne, aux XVIe et XVIIes siècles. L'une de leurs communautés s'établirait à LABASTIDE CLAIRENCE pour une durée approximative de deux cents années. Au cimetière, l'une de leurs premières tombes est datée de 1 620 et la dernière de 1 785.

Relativement autonomes, les juifs s'engageaient à fournir au village apothicaire et médecin. Le Duc de GRAMONT, à l'inverse de tant d'autres, leur permit de s'afficher librement avant que la révolution française ne leur attribue le droit de se déplacer.

LES MÉTIERS

Entre 1 700 et l'an 2000 les habitants du village furent cloutiers ou bonnetiers - quartier Pessarou - tisserands et, bien entendu, agriculteurs.

Au XVIIIe siècle, il y eut des foires d'une durée de douze jours.

LA FORGE

Depuis 1880, Saint ELOI veille sur «LA FORGE», lieu de travail de l'un des sept forgerons - cloutiers qui tenaient alors échoppe au village.

L'artisan maréchal-ferrant était aussi TAILLANDIER, fabriquant d'outils à tailler : bêche, binette, serpette, CLOUTIER : de sabotier, de menuiserie, de ferrage, FORGERON : il fabriquait les fers, FERRONNIER : ferrures, serrures...

Aujourd'hui, le dernier ferronnier qui fut en fonction à «La Forge» fait admirer les innombrables outils dont il se servait, et dont se servaient les anciens. Parmi les quelque 3 000 visiteurs qu'il reçoit dans l'année, des élèves qui «s'essayent» au métier.

LE MOULIN DE LA VILLE

Directement implanté sur la Joyeuse, il a été construit vers 1 313. Transmis de génération en génération, avec aujourd'hui de la part des propriétaires une forte envie de le voir à nouveau en marche. Il servait à moudre les grains de maïs et de blé.

L'HISTOIRE

Jules AUZY, mécanicien de profession, inventa deux turbines qui, fonctionnant avec le courant, produisaient de l'électricité, distribuaient l'eau courante ou encore servaient à la fabrication du chocolat.

LABASTIDE CLAIRENCE eut donc l'électricité avant BAYONNE !

LE LAVOIR

Magnifiquement conservé à deux pas du moulin...

«au lavoir en eau vive éclaboussant de vie

le chant des lavandières et leur rire en cascade

le tic-tac du moulin et leur choeur en écho»

 

LE LIHOURY

Installé sur un canal issu de l'Arberoue, il fonctionnait, à l'origine, avec trois paires de meules actionnant trois roues horizontales. La fin de l'activité de meunerie date de 1965 alors qu'il pourrait dater d'avant 1 610.

LE MOULIN DE COLOMBOZ

De tout début XVIIe siècle, il a servi principalement à concasser le maïs. Sa dernière mise en route, en présence de son dernier meunier, eut lieu le 1er mai 1992.

LE PORT

L'on savait l'importance de la création d'un port pour les Navarrais qui venaient de se voir privés de débouchés sur l'océan. Peu après la naissance du village - 1 284 - au bas de la butte, en limite extrême de la navigabilité de la Joyeuse, l'on construisit donc un port ne pouvant, en outre, que favoriser le développement de l'artisanat.

INESSA DE GAXIN : SORCIÈRE !

Comme partout en Pays Basque, LABASTIDE CLAIRENCE a été théâtre de chasse aux sorcières et la plus connue d'entr'elles est INESSA DE GAXIN, qu'inquisition fit brûler.

«Mais... ne l'avez-vous vue pas de brume à l'automne

danser sur la rivière aux nuits

de Lune Ronde...»

inprimatu