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Les stations de sports d'hiver polluent, mais un peu moins

29/12/2009
Goizeder TABERNA
«Bien que cela paraisse être en contradiction avec les principes de respect de l'environnement, nous sommes là parce que nos pères ont construit cette station, et nous essayons d'effacer les erreurs du passé... Et puis, 600 personnes y travaillent ; c'est un des plus grands bassins de travail de la vallée», explique Pierre Escoute, un des responsables de la Station de ski de la Pierre Saint-Martin. Ces verrues disposées sur ces zones, autrefois peu accessibles, essaient de plus en plus de se mettre au vert. Certaines ont un temps d'avance sur les autres.
Les stations de Gourette et de La Pierre-Saint-Martin, par exemple, arborent depuis deux ans le certificat ISO 14 001. Il s'agit de normes qui portent sur le «management» environnemental, soit, sur une organisation efficace de leurs installations concernant le respect de l'environnement. Toutefois, une entreprise certifiée ISO 14 001 ne signifie pas qu'elle ne pollue pas. Cette démarche répond, cependant, à la massification des usagers de la montagne pendant une période courte.
Impacts environnementaux
Ce qui n'est pas le cas des chalets d'Iraty. Le tourisme de masse n'est pas vraiment une des caractéristiques de cette station de ski de fond qui peut accueillir près de 400 personnes dans les chalets. Cependant, les responsables de la station encouragent les usagers à participer au tri sélectif.
Néanmoins, la prise en compte de l'environnement dans une station de sports d'hiver va au-delà. L'impact environnemental porte sur la qualité de l'air du fait de l'accumulation des véhicules motorisés, sur l'artificialisation de la montagne, la gestion des déchets et sur la qualité de l'eau, comme l'explique Benoît Hartman, le coordinateur du pôle aménagement du territoire de France Nature Environnement.
«Pour être dans le développement durable, soutenable, les stations doivent maintenir une taille raisonnable, et ne pas rechercher la grosse valeur ajoutée. Elles doivent chercher à avoir moins de monde, mais plus longtemps», affirme Benoît Hartmann, «de cette manière, les canons à neige pourraient être moins sollicités, car l'enjeu à venir, par ailleurs, est la capacité d'adaptation des stations au changement climatique».
Huiles biodégradables
A La Pierre-Saint-Martin, les responsables de la station travaillent pour réduire de 10 % les pics de consommation de la neige de culture. «L'an dernier nous n'en avons pas eu besoin, mais cette année nous avons déjà eu recours à la neige de culture», raconte Pierre Escoute. Les responsables font également attention à la consommation d'énergie, en mettant en pratique une conduite des engins motorisés plus souple et moins gourmande et se servant d'huiles de synthèse biodégradables. En outre, le chauffage est équipé d'une minuterie pour éviter le gaspillage. L'entreprise NPY, par ailleurs, fait la promotion du co-voiturage en mettant en relation les personnes qui seraient intéressées.
En plus de cette liste non-exhaustive, La Pierre travaille avec l'Office nationale des forêts à la valorisation de l'espace naturel et la plantation de certaines espèces. Pierre Escoute précise : «Notre objectif est d'améliorer l'existant mais pas d'étendre la station».
Agrandissement et électrification
Principe qui ne fait pas d'émule à quelques kilomètres de là. Effectivement, la plus haute station du Pays Basque, celle de Belagua-Larra, a été agrandie il y a deux ans. A cet effet, la station navarraise a grignoté sur la zone préservée de la Réserve naturelle de Larra. Des plus rares au Pays Basque, cette région karstique s'est vue amputée de parcelles de terre pour étendre les pistes de ski de fond. «Ils ont beau recouvrir d'herbe ces zones, la cicatrice va demeurer», expliquait un habitant d'Izaba, la commune la plus proche de la station. La polémique a également porté sur la traversée de la vallée par une ligne électrique tirée depuis la vallée voisine du Barétous.
Responsable de la station, Oscar Anduesa s'abrite derrière le fait que l'activité de la station est supervisée par le département de l'Environnement navarrais et fasse l'objet de contrôles réguliers. Sans certification particulière, Belagua-Larra a déjà mis en place des mesures de protection de l'environnement. Contrôle du trafic des véhicules sur les pistes, récupération des zones d'herbe, recyclage de l'eau et construction d'établissements bioclimatiques pour leurs besoins en lumière et en chauffage. Les tentatives d'implanter des transports en commun ayant échouées ailleurs en Navarre, la station ne s'en est pas doté.







