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Pays Basque

Contre l'automatisation des péages

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08/12/2009

Claire REVENU-JOMIER

70 à 80 salariés d'ASF manifestaient hier matin à la barrière de péage de Biriatou.

En grève à l'appel de la CGT, les personnels d'Autoroutes du Sud de la France ont profité de l'inauguration officielle de la nouvelle gare de Biriatou pour manifester leur mécontentement «quant à la politique d'automatisation des péages qui menacent directement leurs emplois».

Les usagers interpellés sur les voies par les manifestants ont déclaré comprendre les raisons de la grève. «Nombreux sont ceux qui nous ont fait part de leur souhait d'avoir du personnel dans les cabines du péage, en cas de difficulté. Concrètement, 230 salariés sont concernés localement, sur le réseau de l'A63 et de l'A64, de la Côte Basque à la région toulousaine» explique Nathalie Arribehaute, de la CGT ASF. «Dès le 1er janvier 2010, il n'y aura plus personne à la perception manuelle en cabine de 21 heures à 5 heures du matin. Ce dispositif devrait être progressivement étendu à des créneaux journaliers, puis à des saisons entières durant lesquelles on ne roule pas trop». La CGT estime que le discours qui veut que l'automatisation soit synonyme de fluidité du trafic et de délais d'attente réduits est contredit par une étude, réalisée entre juillet-août 2008, avec deux cabines ouvertes par sens de circulation et l'été 2009, avec une cabine par sens. Elle montre que le nombre de bouchons a augmenté de 37 % et que leur longueur s'est aggravée de 48 %. Pour la CGT, ces chiffres démontrent une dégradation du service à l'usager. «Un receveur est capable de régler les trafics et de fluidifier les bouchons» reprend Nathalie Arribehaute. «Une carte coincée dans une borne pendant deux minutes, c'est 20 voitures qui s'agglutinent au péage. Sans compter que les travaux d'élargissement de l'A63 vont durer huit ans et vont faire empirer la situation !».

Les grévistes ont interpellé le sous-préfet Eric Morvan, qui leur a accordé une audience à l'issue de l'inauguration. «Nous l'avons informé de notre volonté de préserver le service public à l'usager et de sauver nos emplois».

Du côté d'ASF, on met en avant la «prouesse technique» réalisée en 16 mois par les équipes d'ASF et les entreprises intervenantes, une gare de 20 voies contre 13 précédemment et le renforcement de la sécurité des poids-lourds dû à une augmentation de leur distance de freinage.

Si ces prouesses ont été réalisées pour le bonheur des usagers, elles ne comblent ni ceux qui veulent du personnel en cabine, ni les salariés inquiets, ni les Gipuzkoar qui pointaient à la rentrée de septembre l'engorgement de leur A8 et, paradoxalement, désignaient un coupable : le point de rétention que représente cette nouvelle gare géante, pourtant en service depuis juin 2009.

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