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Sujet à la une

Urgence ferroviaire

L’affaissement d’un petit tronçon de la ligne SNCF à Urt entraîne des retards qui impactent la ligne de Bayonne à Toulouse et révèle une série de problèmes liés aux TER. Alain Rousset demande un plan d’urgence au Gouvernement

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02/12/2009

Claire REVENU-JOMIER

Des trains qui roulent à 10 km/heure ? C'est possible. Les passagers des TER Tarbes-Bayonne, des Corail Hendaye-Bayonne-Toulouse et du train de nuit Hendaye-Genève en font l'expérience au quotidien. Ils testent également l'absence de chauffage en hiver, la chaleur étouffante en été, les retards, les trains supprimés, les inondations, les travaux, les rails cassés et les retards d'information.

Les malheureux qui ont fait le choix du train pour leurs déplacements «intercités» sont devenus des aventuriers pour qui TER rime avec galère. «Le car qui est venu nous chercher remplissait les critères TER en vigueur en ce moment : un peu plus de 10 minutes de retard et pas de chauffage» note cet usager qui tient sur le web le «Carnet de bord d'un usager».

«Comme des animaux»

Toujours sur internet, Patrick et Dominique, usagers de du Tarbes-Bayonne et du Hendaye-Toulouse se battent : ils ont lancé le 6 novembre dernier une pétition en complément de la pétition papier qui a réuni 968 signatures : «A l'heure des énergies renouvelables, du respect de l'environnement, de la taxe carbone, des économies d'énergie et j'en passe, comment peut-on concevoir un tel contraste avec le dysfonctionnement récurrent de la SNCF, son absence de moyens mis en place en région Aquitaine (...) Nous voyageons dans des conditions lamentables. Non plus deux, mais une seule voiture à diesel, sortie tout droit de l'antiquité, dans laquelle l'on ne s'entend plus parler tant elle est bruyante et où les gens sont entassés comme des animaux, sans oublier d'évoquer les problèmes de chauffage en hiver». Ils évoquent le stress, les conséquences des retards («perte de travail, frais supplémentaires de garderie...») «Il faut savoir que de nombreux usagers ont malheureusement stoppé leur abonnement à la SNCF sur cette ligne et ont repris leur voiture, faute de ponctualité ! ! C'est un comble ! ! ! C'est inadmissible ! ! !» ont-ils écrit à Alain Rousset, Président du Conseil régional. Le 19 novembre, celui-ci réagissait et faisait part de ses inquiétudes à Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat chargé des Transports. L'accident en gare d'Orthez l'a ensuite conduit à réclamer un plan d'urgence à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, de l'Energie et du Développement durable. En effet, selon Alain Rousset, si la Région Aquitaine s'est engagée, dans le Contrat de Projet Etat-Région 2007-2013 et en dehors du champ de ses compétences, à participer au financement de la régénération des lignes à faible trafic afin de pouvoir continuer à offrir aux Aquitains une offre de transports suffisante, la ligne Pau-Bayonne est une ligne à trafic important qui ne relève en rien de la responsabilité de la Région. Pour le groupe UMP au Conseil régional d'Aquitaine, l'occasion était belle de signifier au Président de Région qu'il a «sous-estimé l'état du réseau ferroviaire régional et celui du matériel roulant» et lui reprocher l'absence de «vrai plan rail».

Angélique des estuaires

De son côté, Philippe Buisson, vice-président en charge du TER Aquitaine, s’est rendu hier à Urt pour constater avec les responsables de la SNCF et de RFF, l’état de la ligne ferroviaire et plus particulièrement de la dénommée “zone présentant des problèmes d’infrastructure”, à savoir “le point noir” de la ligne où les affaissements sont constatés et surveillés au millimètre près. Pourtant rénové en 2003, ce petit tronçon de quelques mètres, en bordure de l’Aran, au lieu-dit Le Port du Vern, n’en est pas à son premier effondrement. C’est là précisément que les trains circulent à 10 km/heure - au lieu de 100 en temps normal, entraînant systématiquement des retards de sept minutes. “La source du problème, c’est le marnage de quasiment cinq mètres à cet endroit précis, l’afflux d’eau à la rencontre de l’Adour et de l’Aran quelques mètres plus haut et le fait que le site se trouve dans un coude de la rivière où l’eau vient heurter les berges” explique-t-on chez RFF.
Dans un premier temps, il va donc falloir de nouveau conforter la voie. Dès le 13 décembre, un agent SNCF sera affecté à la gare d’Urt pour veiller à la fluidité du trafic qui ne s’effectue que sur une seule voie. Dans un second temps, il faudra stabiliser les berges. “Ce qui n’est pas sans poser certains problèmes car la zone est classée Natura 2 000” souligne le directeur de l’établissement SNCF Sud-Aquitaine en désignant en bas du talus deux tiges vertes entourées de quatre petits piquets : “L’Angélique des estuaires est une espèce prioritaire sur la liste rouge de la flore menacée. L’enquête publique devrait prendre environ deux ans. Mais les travaux de confortement de la voie devraient, eux, être entrepris au premier semestre 2010. Pour cela, il faudra fermer la voie une huitaine de jours”. Un mal pour un bien. D’ici là, Jean-Louis Borloo aura peut-être envoyé les sous pour chauffer les wagons.
 
La SNCF signale par ailleurs aux usagers l’existence du site internet dédié aux TER d’Aquitaine : www.ter-sncf.fr, onglet “état du trafic”. Pour l’avoir testé, le Monsieur qui tient le “Carnet de bord de l’usager” affirme avoir bien obtenu les informations désirées, mais nettement trop tard.
inprimatu