Culture
Ihes ederra, le premier roman graphique écrit par deux auteurs en euskara

05/11/2009 | Idoia ERASO
Idoia ERASO
Hedoi Etxarte et Alain M. Urrutia, deux jeunes artistes du Pays Basque sud (respectivement d'Irruña et de Bilbo) viennent de publier Ihes ederra, le premier roman graphique en euskara. L'ouvrage paru aux éditions Alberdania met en avant deux histoires parallèles, en s'appuyant sur de nombreuses techniques littéraires et artistiques.
Les particularités que peuvent présenter l'histoire et la structure même du livre autorisent une lecture du livre à différent niveau. «On utilise la BD, la poésie, la prose... après, ce que nous nous nommons `tarteak' ( indices ) sont aussi présents, ça présente des références par rapport à des thèmes que l'on ignore, et cela oriente aussi la lecture» a expliqué le dessinateur Alain M. Urrutia lors de la présentation du livre.
«La fuite est toujours belle» raconte Alain M. Urrutia. Cette fuite, les deux jeunes auteurs la présentent sous deux formes : sous le prisme de l'amour ou de la relation de couple d'une part et en politique d'autre part. Dans le livre, les différences que l'on peut percevoir dans ces deux espaces principaux peuvent aussi se retrouver : dominer une personne par le biais de la séduction d'un côté et ce qu'il se passe entre un pays et la culture, en faisant des parallèles entre les deux champs.
«La structuration de l'ouvrage va de pair avec la société» a expliqué Hedoi Etxarte. «De nos jours, les habitudes ludiques sont très importantes dans notre société et l'esthétique de notre livre se fond dans cette mouvance». Dans ce monde où voir et entendre sont des sens primordiaux, les auteurs ont décidé d'utiliser le langage cinématographique.
Le livre qui veut être un miroir de la réalité du Pays Basque d'aujourd'hui nous amène dans un monde imaginaire. Si le territoire basque se situe à l'intérieur de la fédération française, aucune carte du territoire n'est destinée aux lecteurs «pour ne pas fermer de possibilités et donner à chacun la possibilité de réaliser sa carte» se justifie Alain M. Urrutiak.
Ouvrir l'imaginaire des possibles
Cette ouverture de possibles, de multiples imaginaires s'exprime à différents niveaux. Le livre, et peut-être plus spécifiquement ses images, fourmille de petits détails qui ont tous un sens, une raison d'être. Ces allusions, références aussi bien à l'actualité politique qu'à l'histoire de notre pays, résonnent selon les connaissances et les sensibilités de chacun.
Si les uns comprendront facilement le «code» d'une tenue vestimentaire visant à représenter un homme politique, les autres -qui n'auront pas nécessairement compris la première allusion- percevront par contre la référence historique «cachée» dans une affiche dessinée sur un mur -référence que les premiers n'auront peut-être pas saisie-. «Nous donnons à chacun un bonbon, après, les jeux sont là où chacun les voit» résument les deux auteurs.
Autant dire qu'Ihes ederra laisse une large place à l'imagination voire aux schèmas cognitifs du lecteur ! «Les thèmes abordés sont des thèmes relatifs à la réalité présente des deux côtés de la Bidassoa. Ces derniers auront une raisonnance différente des côtés, au Sud et au Nord d'Euskal Herri» a dit Etxarte «cependant il y a des ponts qui se créent, des amitiés qui se lient avec le livre, chacun a son chemin personnel à effectuer, et nous, nous voulons créer des ponts» rajoute Urrutia.



