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Pays Basque

Des milliers de personnes à Bayonne pour l'officialisation

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27/10/2009

Julen GAZTELU

De nombreux représentants de la société civile et des milliers de citoyens ont parcouru les rues de Bayonne, samedi, en faveur de l’officialisation de la langue basque, à l’occasion de la manifestation organisée par Euskal Konfederazioa et Kontseilua.

Plus de 5 000 personnes selon les organisateurs et 3 800 selon la police, dont de nombreux jeunes, ont défilé derrière une banderole réclamant «une loi-cadre» et «l'officialisation» de la langue basque.

Interrogé sur les suites données à cette manifestation par les acteurs du mouvement en faveur de la langue basque, Hur Gorostiaga, directeur de Seaska précise qu'une réunion est prévue en novembre avec Eskolim (plateforme des langues minorisées du territoire français) qui va déboucher sur de nouvelles mobilisations. «On nous a forcés à nous rassembler, maintenant, nous allons lutter ensemble» dit-il. «La loi devra amener des avancées, sinon, cela ne vaut pas la peine d'en faire une. Elle devra nous apporter l'officialisation».

Samedi ce sont les enfants qui ouvraient la marche avec des panneaux demandant de «tenir la promesse» faite par le Gouvernement, suivaient les représentants du monde culturel basque avec la banderole principale demandant «Une loi-cadre, officialisation». Le monde de la culture basque a été représenté par les responsables des associations oeuvrant dans l'enseignement dont de nombreuses ikastola venues avec leurs banderoles, des radios bascophones, des enseignants et élèves d'AEK (cours pour adultes) ainsi que des bertsulari et écrivains.

Tous les partis politiques

Du monde de la politique on pouvait aussi noter la présence d'une délégation du NPA dont Claude Larrieu qui fut tête de liste aux municipales d'Anglet ainsi que des représentants des partis abertzale EA, AB et Batasuna. Présence aussi du collectif Bizi ! qui une heure auparavant avait participé à une action contre le réchauffement climatique et d'un cortège important de jeunes sous la bannière du collectif Ikasi eta Irauli. Les anciens salariés d'Egunkaria (premier quotidien intégralement en euskara, interdit par l'etat espagnol) ont également pris part au défilé.

Plus de 20 000 à Carcassonne

Au même moment à Carcassonne, entre 15 000 et 25 000 personnes, selon les sources, provenant de quarante départements, ont manifesté en défense de la langue occitane. Ils ont aussi adressé un message de soutien à la manifestation de Bayonne, message lu, en occitan et français, à la tribune en fin de manifestation.

En Corse il n'y avait pas de manifestation mais le collectif Parlemu Corsu a émis un communiqué dans lequel il affirme «la solidarité qui nous lie, nous tous, pratiquants de langues dites minoritaires, est une force» avant d'ajouter : «La société bilingue que nous souhaitons, que vous souhaitez, passera aussi par une véritable réforme constitutionnelle. La France devra enfin accepter de ratifier dans son intégralité la charte des langues minoritaires. Nous nous battons pour l'officialisation de notre langue. Avec vous, nous demandons une loi-cadre. Nous la considérons comme une étape pour renforcer le travail que nous accomplissons tous sur le terrain. Un travail qui s'inscrit dans la durée.»

En Bretagne aucune manifestation n'était prévue. Mais, suite à la réunion entre les associations basques et un représentant du ministère de la culture au cours de laquelle ce dernier avait dit qu'aucune loi n'était en prévision (contrairement aux promesses), un rassemblement a eu lieu au Festival du livre en Bretagne de Carhaix, dimanche, qui a rassemblé environ 300 personnes.

Par ailleurs M. Brisson sera demain à la Réunion pour présenter l'action de l'OPLB à l'occasion de la journée internationale du créole et participer au congrès de la FLAREP (Fédération pour les Langues Régionales dans l'Enseignement Public) qui se tient depuis hier et jusqu'à mercredi sur l'ile.

DECLARATIONS

Michel Veunac, adjoint (MODEM) au maire de Biarritz : A demandé «la ratification de la Charte européenne» et a dit, «si l'officialisation de la langue basque est la garantie de sa protection, pourquoi pas ?».

Erramun Bachoc : «C'est le cinquième Deiadar que nous connaissons. A chacune d'elles, nous avons obtenu quelque chose et nous espérons que cette fois-ci aussi nous obtiendrons des avancées, au moins une loi-cadre, ensuite l'officialisation de notre langue».

M. Etxebeste, maire de Mauléon : «sans loi, l'action des élus est limitée, ne serait-ce par les réticences de la société et par les obstacles juridiques». «En Soule, nous sommes en périphérie du Pays Basque et nous parlons un basque particulier, en conséquence, je crains fort que nous n'aurons pas assez de bascophones pour sauver notre langue dans notre province».

Sylviane Alaux, conseillère régionale (PS) : Elle émet des réserves sur l'officialisation, mais demande au Gouvernement que les promesses soient tenues et qu'une loi soit promulguée.

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