RSS

Pays Basque découverte Lejpb-rekin batera

Ostegunero
Ljpb-rekin

Index > Edition papier > Pays Basque

Pays Basque

Arrestations autour de produits vétérinaires

p04_01_pb.jpg

21/10/2009

Claire REVENU-JOMIER

Quatre des personnes interpellées hier matin pour détention de produits vétérinaires espagnols étaient libres hier soir. Les producteurs Carmen et Michel Errandonea, du GAEC Lagunarte de Sare, ainsi que M. Darquy, du GAEC Amestoya d'Itxassou, M. Iribarren de Souraide et Javier Erneta Azanza, un vétérinaire navarrais qui exerce en Pays Basque Nord, ont été arrêtés et pour certains placés en garde à vue. La Gendarmerie accompagnée des services vétérinaires (DSV) et des Douanes a perquisitionné aux sièges de leur activité.

«J'ai été arrêtée chez moi avec mon mari» expliquait hier C. Errandonea, jointe au téléphone au bureau des douanes de Cambo où elle était interrogée. L'exploitante agricole, par ailleurs membre de l'APLI (Association des Producteurs de Lait Indépendants), ne craint pas d'affirmer qu'elle achète certains produits vétérinaires de l'autre côté de la Bidasoa : «Je le revendique haut et fort. D'après la France, c'est illégal. D'après moi, non ! Ces produits sont 50 % moins chers là-bas. Ce qui est anormal c'est que leur prix soit élevé sur le territoire français.» Les syndicats APLI et ELB ont appelé leurs adhérents à se rassembler hier à 14 heures devant la délégation des Douanes de Cambo. Une cinquantaine de personnes est ainsi venue apporter son soutien aux interpellés.

Lobby

ELB a dénoncé hier dans un communiqué «la puissance du lobby vétérinaire et pharmaceutique qui fait la loi en matière sanitaire.» selon le syndicat «La plupart des produits vétérinaires que les éleveurs du nord des Pyrénées achètent outre Bidassoa sont exactement les mêmes que ceux qui sont vendus ici mais à un prix bien plus bas. Il n'y a donc pas ici la moindre notion de dangerosité de produits qui n'auraient pas d'autorisation en France».

ELB dénonce «la répression contre les éleveurs achetant leurs produits vétérinaires en Navarre ou en Gipuzkoa» et préconise d' «harmoniser les réglementations sanitaires entre la France et l'Espagne».

Selon C. Errandonea et Xabi Hastaran, de l'APLI, ces interpellations sont une curieuse coïncidence, la France ayant été condamnée par l'Europe aujourd'hui même : «La France est mise à l'index par l'Union Européenne. En effet, elle obéit à une directive illégale qui lui permet de fabriquer, puis de vendre à moitié prix à l'étranger, les produits qu'on nous oblige à acheter ici».

«Sept personnes en tout ont été interpellées et gardées à vue dans le cadre de cette affaire, dont quatre en Pays Basque. La direction des services vétérinaires a dénoncé ce dossier au Parquet en janvier 2008» précise la Procureure de Bayonne Anne Kayanakis. «Il porte sur du transport de marchandises en contrebande, de l'importation de médicaments vétérinaires sans autorisation, et de la tromperie sur marchandises ayant entraîné un danger pour la santé de l'Homme ou de l'animal».

inprimatu