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Pays Basque

"La modernisation des voies actuelles suffit largement à l'évolution des 20 ans à venir "

Cinq cents personnes ont participé lundi soir à Lahonce à une réunion publique organisée par les maires de la communauté de communes Nive-Adour (Lahonce, Saint-Pierre d'Irube, Mouguerre, Urcuit, Urt et Villefranque), qui ont rappelé les conclusions, très favorables à leur thèse, de l'étude CITEC avant d'appeler la population à participer «massivement» à la manifestation prévue à Bayonne le 17 octobre prochain devant la Salle Lauga à 17 heures. Une autre réunion est prévue ce soir à Ustaritz à 19 heures Le point avec Dominique Lesbats, maire d'Ustaritz.

08/10/2009

ENTRETIEN/ Dominique LESBATS / Maire d'Ustaritz

Les conclusions de l'étude du cabinet suisse CITEC confortent votre thèse qui favorise la modernisation des voies actuelles. Pourtant, les porteurs du projet, RFF en tête, persistent et signent pour une nouvelle ligne à travers le Pays Basque. Quelle est votre réaction face à cette fin de non-recevoir ?

Ils trouvent toujours la faille dans le sens où au départ le discours était «non, la ligne existante ne permet pas d'absorber tant de trains» et aujourd'hui ils nous expliquent qu'en effet, la ligne actuelle a la capacité d'absorber les prévisions de trafic, et même au-delà, mais les nuisances pour les communes concernées seront telles, que ce n'est pas acceptable. Idem en ce qui concerne la vitesse du trafic fret, qui devrait passer du simple au double via la mise en place d'une nouvelle ligne. Il y a toujours un point qui justifie, selon eux, le projet. Maintenant, c'est toujours pareil, on peut trouver une bonne raison pour valoriser sa thèse, d'un côté comme de l'autre. La nôtre est de dire, attendons un peu avant de faire ce gâchis à travers le Pays Basque. Il y aura certainement de nouvelles technologies et de nouveaux modes de transports dans les 30 à 40 ans qui arrivent d'autant qu'à la réunion publique de Saint Pée, il a été signalé que de toute façon les transporteurs préféreront, pour une question de temps de chargement, le transport maritime au transport ferroviaire.

Pour nous, la modernisation des voies actuelles suffit amplement à répondre à l'évolution des 20 ans à venir. Laissons-nous le temps et ne faisons pas n'importe quoi avec les 1,4 milliards d'euros que coûterait cette voie nouvelle, qui de toute façon n'amènerait à rien au niveau économie du Pays Basque. Il faut être clair là dessus.

Jean-Louis Carrère a expliqué, la semaine dernière, que «personne n'avait aujourd'hui les moyens d'arrêter le projet LGV». Concrètement, quels sont vos moyens d'actions ?

Nos moyens sont ceux d'une population qui est contre mais il est évident que par la force, on peut toujours avoir quelque chose. Je veux dire que s'ils veulent passer en force, ils peuvent toujours essayer. Les gens réagiront comme ils le peuvent maintenant je trouve dommage d'imposer une chose contre la volonté des populations.

Quant au tracé final, je reste personnellement convaincu qu'il est établi depuis longtemps entre les pays européens. Toutes ces réunions sont des réunions «poudre aux yeux» pour qu'on avale finalement la solution «la moins méchante possible».

Aujourd'hui, quelles sont vos perspectives ?

Tout d'abord, j'appelle à la mobilisation le 17 octobre prochain (à Bayonne devant la salle Lauga à 17h, ndlr). J'ai également demandé, par l'intermédiaire de Michèle Alliot-Marie, une entrevue au secrétaire d'État chargé des transports, Dominique Busseraud. J'ai eu une réponse positive de la part de MAM comme quoi elle faisait en sorte qu'on obtienne ce rendez-vous qui, je le rappelle, ne concerne pas qu'Ustaritz.

Sébastien VAÏSSE

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