RSS

Pays Basque découverte Lejpb-rekin batera

Ostegunero
Ljpb-rekin

Index > Edition papier > Culture

Culture

Le public de Donosti Huit fois debout pour Xabi Molia

22/09/2009

Ramuntxo GARBISU

Soumis à l'épreuve du feu avec sa sélection dans la catégorie «Nouveaux réalisateurs» du Festival de Cinéma Zinemaldia de Donosti, Xabi Molia était visiblement ému par ces longs applaudissements de la salle du Kursaal, dimanche après midi, à la suite de la projection de son premier long-métrage, Huit fois debout.

Natif de Bayonne, son parcours passait jusque-là (et avec discrétion) par l'écriture de quatre romans et la réalisation de trois courts métrages.

Avec cette sélection pour un premier film dans l'un des quatre plus grands festivals de cinéma au monde, Xabi Molia tient déjà une première récompense, au moment où son long-métrage est par ailleurs sélectionné à Tokyo et Stuttgart dans les prochaines semaines. Mais sa présence ici, «à domicile», gardera à jamais une saveur particulière, confia-t-il.

«C'est presque un pied de nez de se retrouver ici, dans un Festival que je découvre, après toutes les difficultés que je rencontre encore pour pouvoir tourner au Pays Basque», en confiant son souhait de tourner son deuxième film dans les montagnes d'Iparralde, si possible dès 2010.

Admirateur rêveur d'un réalisme découvert chez les frères Dardenne ou chez Lodge Kerrigan (Keane, en 2004), ce tout jeune réalisateur en emprunte avec lucidité l'approche technique, tout en déployant un sens inattendu de la fantaisie que les Anglais pensaient pouvoir revendiquer seuls (raté !).

Dans ce récit social d'une femme (Julie Gayet) se battant pour obtenir un travail, puis bientôt, pour garder sa dignité, la rencontre avec ce Matthieu aussi lunaire qu'hilarant (Denis Podalydès) va l'aider progressivement à comprendre une partie essentielle de la vie : tomber sept fois s'efface si l'on parvient à se mettre huit fois debout.

Les réactions du public ont rassuré Xabi Molia : c'est quand ce genre de cinéma fait confiance à ses spectateurs qu'il est souvent le plus bouleversant. Le film devrait sortir en salles en mai 2010, mais son passage à Donostia pourrait bien avoir accéléré son destin.

inprimatu