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Culture

Après les stagiaires, les maîtres : concert des Professeurs de l'Académie Ravel

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05/09/2009

Clémence LABROUCHE

Si certains d'entre vous n'avaient pas pu se soustraire à une invitation à dîner mercredi soir, se privant ainsi de la superbe représentation offerte par le Festival en Côte basque en collaboration avec l'Académie Ravel, retenez cette fois-ci la date du lundi 7 septembre, date à laquelle se jouera le traditionnel concert des Professeurs de l'Académie Ravel, en l'Eglise de Saint-Jean-de-Luz, à 21 heures.

Le concert des Professeurs à l'Académie, c'est un peu comme une messe célébrée par le Pape pour les chrétiens, un 100 mètres courus par Usain Bolt pour les amateurs d'athlétisme ou un nid d'abeilles géant pour les gourmands. Bref, c'est la cerise sur le gâteau ! Cette année encore, le «casting» promet de ne pas déroger à la règle : Jean-Jacques Kantorow au violon, Miguel Da Silva à l'alto, Roland Pidoux au violoncelle et enfin Jean-François Heissier, Président et Directeur artistique de l'Académie qui sera au piano promettent d'offrir un moment de pur bonheur.

A l'image de son instrument Jean-François Heissier vit la musique de façon polyphonique. Il pratique le piano seul, concertant ou en formation de chambre, en parallèle de l'enseignement ou des différentes directions artistiques comme celle de l'Orchestre régional de Poitou-charentes qu'il a repris depuis 2000, ou la présidence de l'Académie Ravel.

De Beethoven à Turina

Il est l'un des rares pianistes dont la réflexion et la sensibilité sont sans compromis. Pour la première oeuvre de la soirée, il sera accompagné de Jean-Jacques Kantorow.

Ce dernier entre à l'âge de 13 ans au Conservatoire national supérieur de musique de Paris où il remporte un an plus tard le Premier Prix de violon. Après avoir obtenu de nombreux autres prix prestigieux, et effectué plus d'une centaine de concerts par an, la critique est toujours unanime à son égard.

Après avoir assisté à un de ses concerts, Glenn Gould, célèbre pianiste, compositeur, écrivain, homme de radio et réalisateur canadien disait ainsi à propos de l'artiste : «Jean-Jacques Kantorow est un grand violon, un talent époustouflant, le violoniste le plus prestigieusement original de sa génération, que j'ai entendu». Le Professeur est aujourd'hui à la tête de l'Ensemble Orchestral de Paris.

Avec Jean-François Heissier, le musicien interprétera la sonate n° 6 en la majeur pour violon et piano, opus 30, n° 1 de Beethoven. Cette sonate est très importante dans la composition d'oeuvres de ce genre dans la mesure où elle offre une place équivalente à chacun des deux instruments, dépassant ainsi la notion d'accompagnement.

Comme Jean-Jacques Kantorow, Miguel Da Silva a débuté très jeune ses études au Conservatoire National de Région de Reims, sa ville natale, avant de rejoindre lui aussi, le Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris. Dès son adolescence, le musicien est passionné par le quatuor à cordes. En 1987, il quitte l'Opéra de Paris pour fonder avec ses amis le désormais célébrissime quatuor Ysaÿe. Le quatuor remporte de nombreux prix et débute une carrière internationale fulgurante.

Pourtant, très tôt, l'impératif pédagogique s'impose à l'artiste. Aussi, en 1993, le musicien, entraîne ses amis du quatuor Ysaÿe dans la création d'une classe spécifique de quatuor à cordes, une première dans l'Hexagone. La renommée de sa classe (dont les élèves remportent la plupart des concours à cordes internationaux) est mondiale connue. Preuve en est, cette année l'Académie de Ravel accueille quatre quatuors à cordes, contre un seul habituellement.

Avec Emmanuel Olivier, à la direction du chant à l'Académie et au piano pour l'occasion et les stagiaires du quatuor Hapax, l'artiste interprétera Scène Andalouse, opus 7 de Joaquin Turina. Comme la majorité de son oeuvre (à l'exception de la période parisienne écrite dans un esthétique post- César Franckiste) cette scène andalouse s'inspire de chants populaires et des rythmes hispaniques et plus spécialement andalous.

Ensuite, Philippe Biros, pianiste luzien, accompagnera Udo Reinemann, l'un des plus brillants interprètes de Lied de sa génération. On se souvient notamment de sa participation à l'exécution du War Requiem de Britten ors de la commémoration du Débarquement en Normandie.

Brahms ou l'âge de maturité

Enfin, Roland Pidoux qui enseigne depuis 1988 au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, parallèlement à sa carrière de concertiste est passionné de musique de chambre. Lundi soir, il interprétera avec ses amis, le quatuor pour piano et cordes n° 3 en ut mineur, opus 60 de Johannes Brahmes.

S'évadant à maintes reprises des rigueurs classiques, guidé par la seule inspiration et par l'émotion du moment, ce quatuor est sans doute le plus beau des trois quatuors pour piano. On y ressent la fougue juvénile et la complète maîtrise d'écriture d'un Brahms ayant à peine dépassé la quarantaine. Autant dire que lundi soir, les auditeurs en «auront pour leurs oreilles». Entrée : 20 euros. Gratuit pour les moins de 20 ans et les bénéficiaires du RSA.

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