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Pays Basque

Des actes extrémistes suivent les discours des responsables politiques

25/08/2009

Goizeder TABERNA

Trois bars navarrais d’Iruñea ont été tagués, ce week-end, de slogans comme “la Falange vous surveille” ou “si la loi ne le ferme pas, nous le ferons”. L’action menée par le Gouvernement de la Communauté autonome basque (CAB) et le Gouvernement de Madrid contre les signes de solidarité envers les prisonniers basques s’accompagne de la recrudescence d’actes moins institutionnels, où l’on décèle les relents de l’extrême droite traditionnelle espagnole.

Le badigeonnage des bars Ezpala, Zurgai et Ipar Gorri ne sont pas les seuls actes de dégradation portant la signature de la Falange : des monuments commémorant les soldats républicains ont subi le même traitement en Nafarroa. Des actes qui ont été réprouvés par la majorité de la classe politique, concernant les monuments historiques.

De l’autre côté du Pays Basque, à Bilbo, c’est l’envoi d’une balle et d’une photo de la txupinera des fêtes locales qui a récemment provoqué l’émotion. Sonia Polo, la txupinera, avait auparavant fait l’objet d’une vive polémique entre les partis du fait de son lien de parenté avec un prisonnier basque.

“Chasse” aux photos
Les bars navarrais visés ont eux aussi été sujets à débat politique. Effectivement, à la fin du mois de juillet, la déléguée du Gouvernement espagnol en Nafarroa, Elma Saiz, avait appelé les citoyens à la délation contre les lieux dans lesquels s’exprime la solidarité envers les familles ou les prisonniers basques. Une action judiciaire contre les bars Ezpala et Zurgai a suivi ces déclarations, sans pour autant les fermer.

La “chasse” aux photos a débuté dans la CAB au printemps et s’est accentuée avec les fêtes locales, moments festifs habituellement ponctués de manifestations en solidarité aux prisonniers basques. Cela a provoqué des moments de tension dans de nombreuses communes.

La pose de photos des prisonniers est “une provocation” envers les victimes d’ETA, selon les socialistes du PSE qui préviennent qu’ils “ne permettront pas de créer des espaces d’impunité pour les violents”.

Hier, le message a été renforcé par le conseiller du département de l’Intérieur de la CAB, Rodolfo Ares. Il a demandé aux municipalités d’empêcher la mise en place de buvettes ou “txosna” qui servent “de soutien social pour l’ETA”. Il a invité les citoyens à ne pas fréquenter les bars qui affichent les photos de prisonniers. Il a prévenu que la Ertzaintza confisquerait les photos exhibées dans les rassemblements hebdomadaires des familles des prisonniers.
En réponse à cette attitude, les autocollants à l’effigie des prisonniers ont fleuri ici et là.

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