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Pays Basque

Le projet de mosquée de Bayonne attaqué

06/08/2009

Machja NICCI

Alors que les travaux de la mosquée de Bayonne sont bien engagés, le Comité de défense des paysages français vient de déposer un recours auprès du tribunal administratif de Pau pour demander l'annulation du permis de construire. Lorsqu'on lui demande pourquoi ce recours est déposé aujourd'hui alors que le permis a été délivré par la ville en 2008, Louis-Pierre Clémenti, le président du Comité, rétorque que «les citoyens n'étaient pas au courant puisque tout a été fait en catimini».

Sur la forme, il évoque une «non-conformité du panneau d'affichage sur le chantier par rapport au permis de construire». D'après lui, il aurait dû stipuler ce qui doit être bâti alors qu'il ne mentionnerait que la construction «d'un ensemble cultuel et culturel».

Sur le fond, il tient à rappeler l'importance de «la laïcité de la république». Pour lui, «les officiels ne doivent pas aider les religions, quelles qu'elles soient». Or, il estime «qu'en vendant le terrain 10 euros le m2 à l'association des Musulmans de la Côte basque, la mairie lui a fait un cadeau».

Architecturalement parlant, c'est surtout la construction du minaret qui le gêne. Idéologiquement aussi d'ailleurs, puisqu'il déclare être convaincu que «la mosquée de Bayonne n'est qu'un élément de l'établissement de l'Islam en Europe». Il dit également «ne pas comprendre, alors que des églises ont fait taire leurs cloches dans certaines villes pour ne pas déranger les riverains, qu'on puisse accepter d'être réveillé à 5 heures du matin par le muezzin».

Liberté de penser... et de culte

Interrogé sur ces propos, Abdou Diakhité, Bayonnais musulman, reste serein. Pour lui, «chaque homme est libre de penser ce qu'il veut. Réagir à des propos qui dérangent, donnerait de l'importance à ceux qui les ont énoncés».

Il précise qu'une mosquée a été demandée car «c'est un droit (...) Sinon, nous n'aurions rien exigé, même si nous payons nos impôts ici». Il pense qu'au-delà d'un lieu de culte pour les musulmans, la mosquée pourra également servir à recevoir, lors de journées portes-ouvertes, ceux qui se posent des questions sur l'Islam. Il parle notamment de la confusion faite entre Islam et Islamisme, «outil politique utilisé pour le pouvoir».

Pour ce qui est du muezzin à 5 heures du matin, il réplique «que les musulmans savent à quelle heure ils doivent aller à la mosquée ; ils n'ont pas besoin d'être appelés, surtout dans une contrée non musulmane (...) Nous savons ce qui peut déranger et l'Islam enseigne de ne pas offenser ses proches. En attendant la fin des travaux, nous nous retrouvons dans les sous-sols de la ZUP où nous ne gênons personne».

De son côté, Alexandre Courtois, l'un des associés du cabinet d'architectes chargé de la réalisation du bâtiment, qualifie la réaction du Comité de «minable». Il raconte que «ce n'est pas la première fois qu'il y a des réactions contre l'édification de la mosquée. (...) Nous avons même reçu des lettres de menaces». Il trouve «normal que les musulmans de la Côte basque aient leur lieu de culte».

Quant à la mairie de Bayonne, elle n'avait pas encore assez d'éléments hier concernant le recours déposé pour se prononcer.

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