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Pays Basque

Affaire Kako : son regain vise un syndicaliste

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04/08/2009

Goizeder TABERNA

Il avait refusé un prélèvement d'ADN lors d'une garde à vue ; le 29 septembre, Jean-Michel Ayçaguer est convoqué au Tribunal de Bayonne. Il encourt un an de prison et 15 000 euros d'amende. Le syndicat ELB va, pour l'occasion, lancer une campagne de soutien.

Considérant que ce procès est «une entrave à la liberté syndicale», ELB va présenter une pétition dans les jours à venir. Les événements provoqués par la vente de la ferme Kako d'Ainharp, en 2008, avaient été suivis de plusieurs arrestations et de procès. ELB avait alors dénoncé l'atteinte à la liberté syndicale et avait obtenu l'union de la plupart des syndicats du Pays Basque. Cette fois aussi, il s'est mis en relation avec les acteurs sociaux afin de réfléchir à des actions communes.

Refus de prélèvement ADN

Membre du Syndicat paysan ELB, Jean-Michel Ayçaguer explique sa position par «le refus du fichage génétique qui est en train de se généraliser aujourd'hui». Ce producteur de fromage d'Ossès a résisté à deux reprises au prélèvement d'ADN.

La première lors de son arrestation le 31 janvier 2008, en même temps que cinq autres syndicalistes ; la seconde, lors de sa garde à vue en décembre 2008. Il avait été convoqué à la gendarmerie, puis, retenu en garde à vue pendant cinq heures.

«Ce qui arrive à Jean-Michel peut arriver à n'importe qui d'entre nous», dénonce ELB. Il voit dans le fichage des militants un obstacle à «la participation libre à une lutte syndicale», et rappelle que le Fichier national des empreintes génétiques (FNAEG) recueille l'identité génétique de près d'un million de personnes.

Prévue au départ pour le fichage des délinquants sexuels, aujourd'hui «la liste des infrastructures concernées par le fichier s'allonge à l'ensemble des infractions existantes», comme le rappelle le syndicat basque, et donne l'exemple de l'affichage.

Dans le cas de Jean-Michel Ayçaguer et de ses cinq compagnons, l'objet des arrestations avait été les altercations qui avaient eu lieu devant le siège de la Safer à Saint-Palais, le 17 janvier 2008.

Plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées devant la SAFER, à l'appel d'ELB et du GFA Lurra (Groupement foncier agricole). Ce rassemblement visait à soutenir l'installation d'un couple sur la ferme Kako, à Ainharp, où ils produisent du lait depuis deux ans. L'avis du comité technique SAFER visant à leur expulsion au profit d'un autre couple d'agriculteurs, soutenus par la FDESA, avait provoqué l'indignation des manifestants.

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