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Zen, USB, bio, bilinguisme... l'édition 2 009 des Fêtes de Bayonne se tourne vers l'avenir

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31/07/2009

Machja NICCI

Au son du txistu, du triki, de la gaita, des bandas et des nombreux choeurs disséminés à travers toute la ville, les bestazale rouges et blancs ont été matinaux hier. Après une première soirée qui s'est déroulée dans une ambiance plutôt conviviale, ils étaient une centaine à tester le premier yoga des Fêtes, place de la Liberté. Respirations profondes et concentration étaient de mise avant d'attaquer l'apéritif et une nouvelle journée festive.

Les e-fêtes de Bayonne

La veille au soir, parallèlement au lancer de clefs officiel de la mairie, la Place de la République a été le théâtre d'un autre lancer de clefs... USB, organisé par les Carnets bayonnais, association de blogueurs du Pays Basque. Là, sous une banderole arborant «les e-fêtes de Bayonne», ses représentants ont invité les bestazale à faire circuler des fichiers numériques contenant des photos, des textes et autres enregistrements en rapport avec les Fêtes, et de les compléter en fonction de leurs inspirations. Leur but est de recueillir un maximum de contributions, ensuite rendues publiques sur le site bayonne-usb.net. Pour Xan, l'un des organisateurs, «c'est un moyen de ne pas seulement consommer les fêtes, mais d'en être acteur».

Jeunesse et nature à la fête

La matinée du jeudi est traditionnellement consacrée aux enfants. Outre les défilés, cavalcades et autres Entzierro txiki qui ont attiré beaucoup de bestazale en herbe, un grand pique-nique a été encadré par l'association Bizi Hona, antenne basque de l'internationale Slow Food promouvant une alimentation de qualité. Au menu : sandwich jambon/fromage, tomates, brugnons et gâteau basque issus d'exploitations et d'ateliers du Pays Basque. Cette version bio du pique-nique des Fêtes semble avoir rencontré un grand succès. Conseillère municipale chargée de la journée des enfants, Isabelle Doucet-Joye trouve que «l'idée a été très bien accueillie par le public». Les 1 500 repas enfants et les 500 adultes prévus ont rapidement été vendus. «C'était très savoureux et copieux» a déclaré Nicole, une retraitée parisienne qui vient tous les ans aux Fêtes avec ses petits-enfants.

A la poterne, rouge et blanche de monde, outre les sacs pique-nique, on pouvait trouver du café issu du commerce équitable, des glaces fabriquées à Hasparren et de la bière locale. Pour Henri Lapeyre, animateur à Bizi Hona, «il est important d'apprendre aux jeunes à s'alimenter avec de bons produits, propres (sans pesticides ni engrais chimiques) et justes, c'est-à-dire assurant une rémunération correcte aux producteurs et artisans».

Un vent bio souffle sur les Fêtes

Le choix du bio pour ce pique-nique n'est pas un hasard. «La prise de conscience commence à se faire sentir» constate Bernard, gérant de la Chayotte (rue d'Espagne), boutique et restaurant bio qui propose des menus pour les fêtes. Pour lui, «les gens sont de moins en moins dupes. Beaucoup n'ont plus envie de payer des produits bas de gamme cher sous prétexte que c'est la fête». Autre lieu alternatif, la boutique Eki Libre (rue Tour de Sault), investie pour l'occasion par «l'association d'idées» spécialisée dans la distribution de produits naturels et locaux. D'après Armelle et Géraldine, ses animatrices, «il s'agit de valoriser autrement le Pays Basque, de mettre en valeur et de faire connaître aux gens le savoir-faire de ses agriculteurs et artisans». Installée depuis moins de deux mois, la pizzeria bio des Halles s'est, quant à elle, un peu laissée dépasser par les événements lors de la préparation des Fêtes. «Pour l'édition 2009, seuls la pâte, les olives et les champignons sont issus de l'agriculture biologique mais l'année prochaine, tout devrait être bio», précise Philippe, le responsable de l'établissement.

Outre le souci d'une alimentation de qualité, ces établissements ont pour point commun la promotion des baso berri, ces verres consignés qui permettent de limiter le nombre de déchets plastiques. D'après Bob, brasseur local «le système marche bien, les gens en comprennent vite le fonctionnement ; c'est juste un peu plus difficile à gérer pour le premier qui paye les tournées».

Nourriture du corps et de l'esprit

Si la préservation des savoir-faire agricoles et artisanaux est importante, que serait-elle sans celle de la culture ? Le bilinguisme de la plupart des supports de communication semble avoir été particulièrement apprécié. Mathilde, qui tient un stand de badges «Pour que la Fête soit plus belle» (vendus 1 euro par la mairie pour financer les services de sécurité) raconte que les touristes ont une préférence pour ceux en basque, «plus authentiques» selon eux. Avec ses danses, ses chants et ses talentueux bertsulari, le Karrikaldi de l'après-midi s'adressaient à ceux qui sont attachés à la culture basque comme à ceux qui veulent la découvrir.

Comme une apothéose, un spectacle ambulant pyrotechnique a été programmé pour clore cette journée festive. Question affluence, «il est difficile d'avancer des chiffres précis» explique Roger Goyheneche du comité extra-municipal des Fêtes. Il ajoute que «les estimations sont de l'ordre du ressenti». Même constat au niveau de la préfecture qui déclare toutefois «bien que l'exercice de quantification soit délicat, il semble que la fréquentation soit au plus comparable à celle de l'an passé». Pour l'instant... Il faudra sans doute attendre ce week-end pour avoir une idée un peu plus précise du succès de ces Fêtes 2 009.

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