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Sujet à la une

Un projet bien enterré

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18/07/2009

Goizeder TABERNA

La Transnavarraise est un projet qui a un début et une fin. Et cette fin a une date : le 29 juin 2009. Le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques a voté en commission permanente la «résiliation de la Convention de coopération transfrontalière» qui met officiellement fin au projet de transnavarraise, d'après l'information publiée par le site Kazeta.info. Une procédure qui enterre définitivement le projet d'aménagement de la route D933.

Cette convention, qui liait le Gouvernement de Navarre et le Conseil général pour la réalisation d'études et le partage des coûts non couverts par des fonds européens, a définitivement pris fin avec ce vote. Après quelques réticences, le Gouvernement de Navarre a finalement approuvé la délibération du 14 décembre 2007 du Conseil général qui proposait la résiliation de la convention.

Le Grenelle de l'environnement, les difficultés financières et «une très forte opposition au principe même de cette liaison routière s'[étant] manifestée sur l'ensemble de l'itinéraire», ce sont autant de raisons avancées dans le document final.

Les études engagées par le Conseil général ont coûté 1 942 181,84 euros. Un montant réparti entre les deux acteurs impliqués et l'Europe. La résiliation de la convention rend compte, d'un solde de 67 780 euros au bénéfice de la Communauté forale de Navarre. Frantxoa Maitia se réjouit que le projet ait été interrompu après avoir réalisé les études, «cela prouve que le fait de faire des études n'amène pas automatiquement la réalisation des projets».

Satisfaction

Ce vote a été réalisé discrètement en commission permanente, comme la plupart des décisions prises sur ce dossier, alors que son lancement avait été décidé lors d'une séance plénière. Daniel Olçomendi, le représentant de Leia, l'association d'opposition à ce projet, se demande : «pourquoi ce projet n'a pas été interrompu comme il l'avait été initié, en séance plénière ?».

Toutefois, l'association a reçu cette nouvelle avec satisfaction. «C'est la victoire de la lutte de tout un territoire», selon Daniel Olçomendi, également maire d'Ostabat, «cela prouve qu'il ne faut pas prendre les choses avec fatalisme». Le mouvement qui a rassemblé, entre autres, près de 5 000 personnes dans les rues de Saint-Palais «est une lutte historique qui regarde vers l'avenir».

Barthélémy Aguerre, conseiller général et principal acteur de ce projet avec J.J. Lasserre et Miguel Sanz le président du Gouvernement de Navarre, exprime, en revanche, son regret : «C'était un bon projet pour ce territoire que je regrette ne pas avoir pu réaliser». Regardant vers l'avenir, il déclare qu'il pourrait y avoir d'autres projets d'aménagement de voies, car «il faut moderniser les voies routières». Et d'ajouter : «mais on ne le va pas le faire si la population ne le souhaite pas».

«Nous sommes pour l'amélioration des voies de communication, mais ce que nous refusons, c'est un couloir international à camion», affirme Daniel Olçomendi. «Il ne faut pas se leurrer», a-t-il poursuivi, «les Navarrais ne souhaitaient pas améliorer les relations avec la Basse-Navarre, mais avec l'Europe».

 

Une lutte historique

Les premiers contacts réalisés en 1997 entre les responsables navarrais et les élus bas-navarrais ont ouvert une période mouvementée dans l'histoire du Pays Basque. Sitôt une étude sur une nouvelle voie de liaison entre Salies-de-Béarn et la Navarre lancée, l'association LEIA a vu le jour, en avril 1998. Son objet : s'opposer au projet de 2x2 voies et contribuer à la réflexion sur le développement local.

Au fil des années, le mouvement de contestation s'est étendu à toute la société et les élus ont eu leur mot à dire. En Basse-Navarre, 19 communes traversées par cette route sur 23 s'opposent au projet, en 2007. Les manifestations, elles, ont débuté en 1999, à Saint-Jean-Pied-de-Port. De nombreuses mobilisations de tout genre se sont succédé, réussissant à rassembler près de 5 000 personnes dans les rues de Saint-Palais, en décembre 2006.

Entre-temps, le président du Conseil général de l'époque Jean-Jacques Lasserre a annoncé, en février 2006, que le projet de 2x2 voies est abandonné au profit d'une 2x1 voie avec créneaux de dépassement sécurisés. Mais, finalement, en mars 2007, Jean-Jacques Lasserre déclare que le dossier est «au frigo». Neuf mois plus tard, le Conseil général décide d'arrêter ce projet.

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