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Archéologie : la polémique autour des inscriptions d'Iruña-Veleia rebondit encore

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15/07/2009

Itziar AMEZTOY

La polémique continue d'enfler au sujet des découvertes d'Iruña Veleia, en Araba. Le débat fait rage pour tenter d'établir l'authenticité des épigraphes romaines portant une série de 270 inscriptions en euskara et des dessins du troisième siècle, ainsi que la représentation d'un calvaire, qui serait «le plus ancien connu à l'heure actuelle».

Les pièces d'Iruña Veleia et leurs inscriptions sont aujourd'hui entre les mains de la Députation, après que la commission d'experts avait conclu qu'elles étaient fausses. Les photographies diffusées sur internet ont permis à des philologues, des géologues, des archéologues et des épigraphistes d'écrire des rapports qui défendent leur authenticité et exigent de nouvelles preuves et de nouvelles études.

Les pièces d'Iruña Veleia se trouvent face à un double jugement : celui des tribunaux et celui de la science. Elles sont en phase d'instruction devant le tribunal de Gasteiz. L'ex-directeur du site de fouilles Eliseo Gil et une partie de son équipe y ont comparu la semaine dernière. Leur position qui défend l'authenticité des pièces trouvées était basée sur la présentation de huit rapports, une thèse défendue notamment par le géologue belge Koenraad Van den Driessche et le docteur en philologie basque Juan Martin Elexpuru.

«Pas scientifiques»

Leur intérêt pour l'affaire est apparu lors du verdict de la commission. «Les arguments ne me paraissaient pas scientifiques» a expliqué le docteur en géologie tandis que le second déclarait «Les raisons évoquées me paraissaient très fragiles». En prenant connaissance des rapports dans leur totalité, den Driessche a été surpris par les conclusions du chimiste Juan Manuel Madariaga. Elexpuru, de son côté a relevé celles des professeurs d'université Joaquin Gorrochategui et Joseba Lakarra. Le philologue et le géologue ont alors entrepris de publier des rapports qui contestent énergiquement les premières conclusions d'experts.

Dans Le problème de l'authenticité des découvertes d'Iruña Veleia : les preuves physiques, le géologue présente sa vision du dossier sur les limites du travail de la commission. Il souligne le fait que l'équipe était composée de membres de la même université (UPV) et que ses conclusions ne se fondent que sur des arguments étudiés avec «une aversion évidente pour l'étude des preuves matérielles». Il critique également le fait que les pièces aient été étudiées de façon individuelle. Cela a conduit à ne pas tenir compte des preuves qu'aurait pu apporter une étude aléatoire, ce à quoi un éventuel faussaire n'aurait probablement songé.

La partie la plus intéressante provient de l'étude réalisée sur les photos. Elle montre que les pierres portent des incisions droites, étroites et profondes qui n'ont pu être faites qu'avant la cuisson. Le chercheur affirme que le type de lettres tracé à l'époque ne pourrait pas être reproduit de nos jours. Sur ce point, il rejoint le paléontologue Joaquim Baxarias dont la thèse est également produite par la défense. Il conclut donc à l'absolue nécessité de mener une étude pour nuancer le travail de la commission d'experts.

Le débat rebondit encore avec la réponse d'Elexpuru aux rapports de Lakarra et Gorrochategui. Consultable sur son blog, golena.net/blogak/elexpuru, l'analyse du chercheur défend la possibilité de l'article, l'aspiration, la graphie, le lexique, les possessifs et l'ergatif des textes en euskara, qui ont été les arguments qui ont appuyé la thèse de l'inauthenticité. Devant deux théories si opposées, il regrette qu'il n'y ait pas eu de discussion possible entre les deux parties et qu'on n'ait pas répondu à son rapport. Il ajoute : «ils sauront pourquoi».

A double tranchant

Les blogs et internet en général se sont rapidement substitués aux conférences, se transformant en arme employée par les experts des deux camps. «Internet a alimenté le conflit. Des fuites ont filtré sur l'inauthenticité, elles ont envenimé le débat, mais le contraire est vrai aussi» analyse Elexpuru. «Le débat aurait dû rester scientifique» estime de son côté Van den Driessche. «Or l'administration, au lieu de chercher à provoquer un débat, s'est contentée de remettre les rapports». Elexpuru se veut plus optimiste. «Je pense que le juge demandera davantage de preuves physiques et chimiques, des analyses complémentaires». Tout d'abord, il faudrait analyser la couche qui recouvre les pièces : «Et il faudrait la gratter pour voir s'il y a d'autres lettres dessous et bien entendu la faire analyser par un laboratoire». Il espère également que de nouvelles fouilles seront entreprises sur le site archéologique afin de découvrir d'autres pièces. «Il faudra bien que le juge exige de nouvelles preuves s'il veut connaître la vérité».

Paradoxe

Les pièces se trouvent face à un double jugement : celui des tribunaux et celui de la science

Contradictions

Un géologue et un expert en philologie estiment que certains arguments ne sont pas scientifiques

WEB

La question fait rage sur internet où des fuites alimentent les batailles d'experts et enveniment le débat

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