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Greenpeace appelle à préserver la Côte sud

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09/07/2009

Machja NICCI

Greenpeace vient de publier Destruccion a toda Costa 2009 , un rapport particulièrement accablant sur le niveau de protection des côtes de la péninsule ibérique. Concernant la partie du dossier intitulée Euskadi, il s'appuie sur les expertises et les combats de différentes associations écologistes basques. Il rappelle que, n'occupant que 15 % de la superficie totale du Sud du Pays Basque, les 254 km de côtes concentrent 60 % de sa population.

Pression immobilière, extension des zones d'activité, déchets urbains, industriels et augmentation du trafic portuaire sont autant de facteurs incriminés dans la dégradation des espaces naturels côtiers. La qualité des sols, des eaux et de l'air s'en ressentirait, entraînant des conséquences sanitaires et écologiques présentées comme «préoccupantes». Au-delà des programmes officiels «autorisés», Greenpeace déplore un grand nombre d'irrégularités dans les décisions d'aménagement sur des zones protégées.

Des carrières contrariantes

Au-delà de considérations paysagères et sanitaires pour les habitants, le rapport souligne la nécessité de protéger la riche biodiversité spécifique au Pays Basque. Près de 80 % des espaces naturels dits protégés (EPN) et 20 % des «lieux d'importance communautaire» du Réseau européen Natura 2000 seraient menacés par de grands projets de carrières. La réserve de la biosphère d'Urdaibai et le Parc Naturel d'Urkiola pourraient ainsi être condamnés à terme. L'aménagement de nouvelles carrières de calcaire, destinées à fabriquer du ciment, serait justifié par les projets d'infrastructures du gouvernement basque. L'association environnementale Ekologistak Mar- txan (Bilbo) réfute ces justifications. Après expertise, elle aurait en effet estimé qu'il était tout à fait possible de mener à bien les travaux prévus jusqu'en 2014 sans ouvrir de nouvelles carrières.

Par-dessus les lois

Question pressions urbaines et irrégularités de la part des autorités, Greenpeace cite l'exemple de la violation de la loi du sol par la mairie d'Arrigorriaga qui prépare un plan d'aménagement sur plus de 10 ha du site protégé de Bentako-Erreka. Elle avait été dénoncée publiquement par une vingtaine d'associations écologistes locales. En Biscaye toujours, le bassin de l'Artibai, pourtant déclaré zone sensible, a également fait l'objet d'une opération immobilière de quelque 500 logements. Les marais classés d'Aieri auraient ainsi disparu.

Dans le Gipuzcoa, l'extension du port de Pasaia -dont une partie n'est pas vraiment encore définie- est décrite par Greenpeace comme une véritable catastrophe écologique. Elle le juge injustifié car, selon elle, «le port de Bilbao voisin ne fonctionne qu'à un tiers de sa capacité». Cet agrandissement pourrait être préjudiciable au Jaizkibel qui abrite plusieurs espèces rares du Pays Basque et du continent européen. En outre, l'association estime que l'augmentation du trafic dans cette zone serait source d'accidents comme celui du navire Maro, l'année dernière, qui a déversé en mer 54 tonnes de combustible.

Par ailleurs, les dernières analyses de l'agence basque de l'eau dans la rivière Oiartzun ont révélé plusieurs points critiques en ce qui concerne leur teneur en plomb, mercure, PCB et autres substances nuisibles à la santé.

Zumaia, trésor écologique

La zone de Zumaia et de l'Urola comprend une grande variété d'écosystèmes. Pour Greenpeace, la plage de Zumaia est même «une des plus riches du sud du Pays Basque». Pourtant elle est aussi menacée par l'impact de certains aménagements (prolongation des digues d'entrée, construction du port sportif...) et activités. Chaque année, un million de m3 d'eau contaminées par les déchets urbains et industriels seraient ainsi versées directement dans l'estuaire.

A travers les nombreux autres exemples cités dans son rapport, Greenpeace demande au Gouvernement basque de veiller à ce que la loi littorale soit respectée et à ce qu'il se conforme au programme de développement durable qui a été fixé pour la période 2 002 et 2020.

Quid du Nord ?

Interrogé sur la situation littorale en Pays Basque Nord, Ganix Grabières, conservateur du domaine d'Abbadia à Hendaye, explique que les moyens de protection ne sont pas les mêmes qu'au Sud. Il cite d'abord les PLU (Plan Local d'Urbanisme) qui doivent être en conformité avec la Loi littorale. Il précise que «cette réglementation est assez ferme pour assurer la protection des zones peu urbanisées». A ces PLU s'ajoutent les politiques des espaces dits «sensibles» du Conseil général. Il s'agit d'une taxe prélevée sur les permis de construire, affectée uniquement à des acquisitions ou à la gestion d'espaces sensibles. Le Conservatoire du Littoral est le troisième garant d'une certaine protection. Il achète des terrains pour les préserver de tout aménagement et en confie la gestion aux collectivités locales. Ainsi, le domaine d'Abbadia appartient au Conservatoire mais est géré par la mairie d'Hendaye. Pour limiter les coûts supportés par cette dernière, le département participe, via la taxe citée précédemment. Selon Ganix Grabières, la protection de la corniche entre Hendaye et Socoa peut être efficace grâce à ces différentes protections.

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